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Vérino, un humoriste visionnaire en quête de liberté

Vérino, un humoriste visionnaire en quête de liberté

L’humoriste Vérino a récemment lancé sa plateforme vidéo VOD, pour Vérino On Demand. Il nous explique ce projet d’humour en streaming et l’importance d’Internet dans sa carrière.

Pépère News : Pourquoi as-tu choisi de devenir humoriste ?
Vérino : Ça n’a pas été un choix mais une envie. Je suis amoureux de ce métier, c’est le métier de ma vie. Avoir chaque soir 200 personnes qui rient devant moi est un privilège. Je dois beaucoup travailler pour cela.

PN : En parallèle de la scène, tu as abandonné la télévision pour Internet. Tu as perçu un virage ?
V : Je dois créer le plus intelligemment possible pour attirer de nouveaux spectateurs. Sur Internet, je suis libre. Il n’y a pas de contraintes comme à la télé. Je fais tout ce que je veux, en fonction de ce que je sais faire.

PN : Internet est-il une raison de ton succès ?
V : Pour que mon cerveau fasse des trucs, il faut que je les fasse vite et librement. Internet, avec YouTube, permet cela.
Internet m’a fait connaître avec “Dis donc Internet” (vidéos hebdomadaires qui traitent des sujets d’actualités, ndlr). J’écris sur des points de vue, je me laisse porter par les émotions. Il y a des sujets qui m’énervent, comme l’avortement en Alabama par exemple.

PN : “VerinOlympia” en 2013, c’est une salle prestigieuse remplie par tes propres moyens grâce aux réseaux sociaux. Tu avais senti que c’était ça l’avenir de la promotion des spectacles ?
V : Avec ce succès, j’ai montré qu’Internet et les réseaux sociaux permettaient de se passer des intermédiaires et donc qu’ils étaient l’avenir de la promo. Cela permet de réduire les coûts de manière spectaculaire. Je veux que les gens aient l’impression d’avoir acheté leur place au vrai prix. J’essaye aussi d’avoir le moins d’intermédiaires afin d’être le plus libre possible.
Ensuite, quand j’ai publié ce spectacle sur Internet en 2013, je pense que j’étais trop en avance car ça n’a pas été un grand succès. J’ai dû sortir un DVD, comme on faisait à l’époque.

PN : D’où t’est venue cette idée d’humour en streaming, ce mélange original de scène et d’écran, de stand up et de cinéma ?
V : C’est un peu comme l’histoire d’Apple : “Dis donc Internet”, c’est l’iPhone et la plateforme, c’est l’iPad. J’ai eu l’idée de VOD dès ma sortie de “On n’demande qu’à en rire” (ONDAR), avant “Dis donc Internet”.
Pendant que je jouais dans l’émission “ONDAR” (entre 2011 et 2014, ndlr), j’ai remarqué qu’il fallait des personnages pour rendre un sketch vivant à l’écran. J’ai donc eu l’idée d’un écran géant avec le public en fond pour décorer mes vidéos “Dis donc Internet” puis mes sketchs sur la plateforme.
Je me suis aussi rendu compte que les gens n’avaient jamais le temps de regarder en une seule fois un spectacle d’une heure trente sur leur ordi ou leur téléphone. J’ai donc choisi de découper mon spectacle en quatre sketchs de 25 minutes.
Une plateforme en ligne offre une liberté d’action : on n’a pas besoin de signer de contrats, de préparer les tournages… Cette plateforme indépendante me permet de publier ce que je veux dessus.
Je dois me donner des objectifs pour être obligé d’écrire et de créer. C’est pour ça que j’ai mis en place “Dis donc Internet”. Je n’ai pas peur d’un potentiel échec de cette plateforme. Je veux aller au bout de mon idée pour voir si elle est bonne. Le but est de l’alimenter le plus souvent possible. La seule limite est la créativité. Un gros objectif, voire un rêve, serait de publier un spectacle par an mais cela demande énormément de travail.

PN : L’avenir de l’humour est-il sur Internet ?
V : Alors, non. Je pense que l’avenir de l’humour est dans les salles, dans les théâtres. Les gens ont besoin de se retrouver ensemble pour rire. Le lien social est important dans une société de plus en plus individualisée.
Par contre, Internet est nécessaire pour se faire connaître. D’ailleurs, les humoristes de ONDAR qui ont réussi sont ceux qui ont trouvé une place sur Internet.
Je pense qu’Internet et la télévision sont des médias qui fusionneront à l’avenir. Le vrai futur est YouTube, une plateforme qui permet de poster ce qu’on veut. Quand on débute, c’est un formidable outil : il n’y a plus de freins, de murs à abattre. On a juste à poster ses sketchs pour voir si on est bon.
Selon moi, le stand up est déjà “augmenté”, “connecté”, “à 360 degrés” : la scène est liée aux réseaux sociaux, aux vidéos sur Internet. Les nouvelles technologies obligent à être responsable de tout.

PN : Que penses-tu de la nouvelle génération de stand-uppers, qui mélange d’ailleurs aussi les supports (YouTube, cinéma, télévision, radio) ?
V : Je suis facilement impressionnable, je suis très vite fan de tout le monde. J’adore la nouvelle vague qui innove, qui invente, qui fait bouger les lignes : Guillermo (Guiz), Fary, Kyan, Roman (Frayssinet), Blanche (Gardin), Haroun… Je me nourris de leur vision des choses pour améliorer mon propos.

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PN : Tu produis Tania Dutel et l’Inglorious Comedy Club, tu penses avoir un rôle à jouer dans l’avenir de l’humour ?
V : Je voudrais apporter une petite pierre à l’édifice gigantesque du stand up, faire évoluer un petit peu les mentalités sans cibler les minorités. Je ne veux pas blesser, je veux réunir. L’humour sert à ça d’ailleurs. J’essaye d’être un humoriste positif qui partage de la bienveillance.

PN : Instant auto-promo. Pourquoi acheter ton spectacle en streaming ? Où et quand venir te voir à Lille ?
V : Le but est de donner envie de venir me voir en spectacle. L’expérience ne fonctionne qu’en collectivité. Je veux amener ma créativité sur YouTube et sur cette plateforme. Je propose, les gens disposent.
Rendez-vous au théâtre Sébastopol le 6 juin 2020 pour un nouveau spectacle. J’essaierai de tourner l’épisode de “Dis donc Internet” dans cette salle car elle est vraiment magnifique.

© Svend Andersen

Le Pépère News sera présent pour vous raconter cette soiréeBon visionnage et joyeuses rigolades !

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