Jeudi 24 septembre à l’Espace Le Carré, l’artiste lillois Hideyuki Ishibashi inaugurait son exposition « Le Ciel Céleste ». Ouverte au public depuis vendredi 25 septembre, elle invite les visiteurs à découvrir son travail autour des célestographies d’August Strindberg.
Il y a exactement deux cents ans était capturée la plus ancienne photographie conservée au monde. A l’occasion du bicentenaire de la photographie a donc eu lieu le vernissage de l’exposition « Le Ciel Céleste » par Hideyuki Ishibashi. C’est avec fierté que l’artiste lillois a présenté ses œuvres lors d’une soirée consacrée à l’inauguration de son exposition dans le quartier du Vieux-Lille.
Un vernissage riche en émotions : de la passion à la concrétisation
À 19 h, l’Espace Le Carré se remplit : familles, couples, jeunes ou plus âgés ; le lancement de l’exposition attire petits et grands tandis que la curiosité et l’admiration gagnent les visiteurs, en attendant les premiers mots d’Hideyuki Ishibashi.
Trois discours se succèdent, de Maroin Al Dandachi, adjoint au maire chargé du quartier du Vieux-Lille, jusqu’à Lucie Ménard, co-commissaire de l’exposition, en passant bien sûr par l’artiste lui-même.
C’est profondément ému et reconnaissant qu’Hideyuki Ishibashi prend finalement la parole à 19 h 30. « C’est vraiment beaucoup d’émotions », confie l’artiste à son public venu nombreux. Il déclare ressentir « beaucoup de gratitude envers tous ceux qui m’ont soutenu. »
Une reconnaissance qui fait écho aux premiers mots de Lucie Ménard, qui a imaginé tout le parcours de l’exposition, lorsque celle-ci affirme : « Il y a des artistes dont la rencontre et le travail vous transforment et changent la vie. »
Une correspondance à travers le temps et l’espace
Né d’une passion, voire d’une obsession pour l’écrivain et peintre suédois August Strindberg, le travail d’Hideyuki Ishibashi dépasse la simple démarche artistique pour devenir une véritable quête sur la vie de l’auteur. Fasciné par ses Célestrographies réalisées à la fin du XIXe siècle, Hideyuki Ishibashi a entrepris de reproduire ses expériences pour nous proposer le résultat de son travail : des photographies prises sans appareil photo mais à l’aide de plaques photosensibles directement exposées à la lumière du soleil. Au-delà de ces images, on trouve aussi des dessins, des collages, des reconstitutions, des expérimentations ou encore des fausses archives de Strindberg, comme un plongeon dans l’atelier et les recherches du photographe.
L’exposition introduit ainsi l’idée d’une correspondance entre les deux hommes au-delà du temps et de l’espace. Passionné par le dramaturge suédois, Hideyuki Ishibashi entame un travail titanesque de recherches comme nous le révèle la table d’archives de l’exposition. Celui-ci donne lieu à des tirages célestes mêlant parfois dessin et photographie, comme un miroir entre les différents procédés utilisés. Tirages jets d’encre, dessin au feutre, aquarelle, négatifs, célestographies ou encore cyanotypes sur verre, les nombreuses techniques employées témoignent de la diversité des recherches artistiques menées aussi bien par Hideyuki Ishibashi que par son inspirateur, August Strindberg.
Pour Hideyuki Ishibashi, l’exposition de ses photographies n’est pas la première, loin de là. Comme l’explique Maroin Al Dandachi dans son discours, son travail a déjà été montré dans de nombreux pays du monde, que ce soit au Japon, en Corée, en Norvège, en Allemagne, en Belgique ou encore au Royaume-Uni. Cependant, cette exposition à Lille se veut cette fois-ci plus personnelle et centrée sur la quête de l’artiste. « Contrairement à ses précédentes expositions, celle-ci est moins historique, plus intimiste », explique Lucie Ménard. En effet, à travers les traces de ses recherches, l’exposition se concentre sur le travail d’exploration et de questionnements de l’artiste, dévoilant aussi bien ses photographies que les livres étudiés ou encore les notes de Strindberg, que l’on devine avoir été minutieusement analysées.
Lucie Ménard invite les futurs visiteurs à « un dialogue à travers le temps pour faire revivre des techniques anciennes et se plonger dans une photographie insolite. »
Une exposition à découvrir entre animations et interrogations
L’exposition est à découvrir jusqu’au 22 novembre 2026, et sera ponctuée par deux évènements, le 22 octobre puis les 19 et 20 novembre : une rencontre avec Clément Chéroux et Hideyuki Ishibashi ainsi qu’un temps fort à l’Observatoire de l’Université Catholique de Lille. Ce dernier sera également l’occasion de dévoiler des œuvres complémentaires de l’artiste, non présentées à l’Espace Le Carré.
Comme l’ont souligné Maroin Al Dandachi et Lucie Ménard dans leurs discours, les images créées ont confronté Hideyuki Ishibashi à de nombreuses interrogations sur la véracité de l’image et de l’espace. Ainsi, à une époque où la méfiance visuelle se mêle à l’omniprésence de l’intelligence artificielle, cette exposition nous invite à ne jamais cesser d’interroger ce que l’on voit. Elle rappelle également que, dans un monde où tout semble aller toujours plus vite, certains artistes consacrent encore des années à un travail minutieux et passionné.
