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Violette Spillebout et Stéphane Baly déposent chacun une protestation électorale

Violette Spillebout et Stéphane Baly déposent chacun une protestation électorale

Stéphane Baly et Violette Spillebout Municipales Lille

Peut-on s’attendre à de nouvelles élections municipales à Lille dans les prochains mois ? C’est en tout cas ce qu’espèrent Violette Spillebout et Stéphane Baly, qui ont chacun déposé une protestation électorale pour annuler les résultats du scrutin. Avec 227 voix d’avance sur le candidat écologiste, Martine Aubry a remporté l’élection et a été élue maire de Lille ce vendredi au conseil municipal.

Après une élection, un citoyen a cinq jours pour déposer une protestation électorale au tribunal pour contester les résultats d’un scrutin. C’est ce qu’ont fait Violette Spillebout puis Stéphane Baly ce vendredi 3 juillet, le jour même du premier conseil municipal depuis les élections, qui élisait officiellement Martine Aubry à la tête du beffroi.

Deux recours au nom de “la démocratie”

Même si les deux protestations électorales sont indépendantes, elles sont fondées sur les mêmes arguments. Violette Spillebout déplore “l’abstention massive” à Lille (près de 70%). La tête de la liste “Faire Respirer Lille” est ferme : “Nous n’acceptons pas les transgressions de la démocratie”. La même valeur est défendue par les Verts, qui écrivent dans un communiqué : “Notre objectif est que la démocratie locale puisse en sortir éclairée, revivifiée, que les Lillois.e.s puissent retrouver confiance dans l’élection.”

Pour Stéphane Baly, l’enjeu est de taille : distancé de quelques centaines de voix par la maire sortante, une nouvelle élection pourrait le hisser au sommet du beffroi. De son côté, Violette Spillebout assure n’avoir “aucun intérêt personnel à faire cette démarche” et assume sa “prise de risque politique”. L’élue a présenté fièrement sa requête lors d’un point presse vendredi matin : un dossier élaboré avec ses avocats et Dominique Laugier – colistier de Violette Spillebout et ancien sous-préfet –, une vingtaine de pages, 200 pièces justificatives… “Bien sûr” que la protestation a une chance d’aboutir, assure-t-elle.

Protestation électorale de Violette Spillebout
Entourée de ses colistiers, Violette Spillebout a présenté les principaux arguments de sa protestation électorale vendredi 3 juillet. À sa droite, Dominique Laugier, avec qui elle dépose la protestation. © Live Facebook de Violette Spillebout

De nombreuses “irrégularités constatées” lors de la période électorale

Lors de son point presse, Violette Spillebout a présenté quelques-uns des motifs de sa requête. “Utilisation à des fins de propagande électorale de publicité commerciale”, “promotion du bilan du mandat en période électorale”, “tentatives d’influencer le vote d’un collège électoral”, “manœuvres de nature à induire en erreur les électeurs”… En somme, Martine Aubry aurait influencé des électeurs de manière illégale afin de remporter l’élection. Déjà dénoncé dans les médias, on retient notamment le mail d’une ancienne colistière de Martine Aubry et membre d’une association de soutien à la maire sortante qui demandait à des centaines d’associations d’apporter leur soutien à la liste de cette dernière. Violette Spillebout s’étonne aussi des différentes déclarations de soutien à Martine Aubry qui ont “présenté l’enjeu du second tour en polarisant les enjeux, ce qui a conduit à donner l’impression d’un duel plutôt que d’une triangulaire”. L’élue En Marche espérait-elle faire un meilleur score avant les différents sondages et prises de position des personnalités politiques lilloises ?

Enfin, les requêtes de Stéphane Baly et de Violette Spillebout se rejoignent dans le constat de “nombreuses irrégularités lors des opérations de vote” le dimanche 28 juin. Procurations acceptées à tort, appel au vote par un président de bureau, listes d’émargement erronées… Grégoire Gaonach, colistier de Stéphane Baly, précise que les écologistes ont également “recompté les voix”. Violette Spillebout assure que sa requête est déposée “sur la base de preuves et d’événements tangibles”. Reste à savoir si le tribunal administratif de Lille acceptera la protestation électorale, auquel cas les Lillois pourraient être appelés à voter à nouveau à la fin de l’année 2020.

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