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Yannis Behrakis, retour sur un photographe de notre temps

Yannis Behrakis, retour sur un photographe de notre temps

Quand la mort d’un photojournaliste est annoncée, j’imagine toujours la guerre. C’est vrai quoi, ils sont casse-cou ces gens. Toujours à se frotter au pire danger. A être là où valait mieux ne pas être. Là où une force mystique les obligeait à aller. Par besoin d’informer. Quand la mort d’un photojournaliste est annoncée, je me demande pourquoi je veux faire ce métier.

Quand la mort d’un photojournaliste est annoncé, je ne pense pas au mot violent « cancer ». .

 

2015. Entre la Grèce et la Macédoine, un réfugié syrien embrasse sa fille, alors qu’il marche à la frontière.

Effectivement, le photographe grec Yannis Behrakis est décédé hier. Ce dernier, réputé pour sa façon de couvrir les printemps arabes et les crises de réfugiés en Europe travaillait chez Reuters. Le photographe est décédé le 2 mars à la suite d’un cancer et c’est l’association grecque de presse étrangère qui l’a annoncé. Ce dernier avait 58 ans et avait vécu mille vies.

Un photographe de renom

Son premier reportage loin d’Athènes était en Libye en 1989. Par la suite, ce dernier a couvert des évènements de haute importance notamment les funérailles de l’ayatollah Khomeiny en Iran, les changements survenus en Europe de l’Est et dans les Balkans, la guerre d’Afghanistan, la Première et Deuxième guerres du Golfe en Irak, le printemps arabe en Égypte, Libye et Tunisie, la guerre civile en Ukraine, la Syrie ainsi que la crise financière grecque et la crise des réfugiés en 2015.

« Je déteste la guerre mais je veux rendre compte des souffrances endurées. Je veux que le spectateur se sente mal à l’aise, averti et peut-être même coupable »

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Expliquait-il lors du festival de photojournalisme Visa pour l’image de 2015

Celui que The Guardian avait nommé photographe de l’année en 2015 pour la façon dont ce dernier avait couvert la crise des réfugiés était de ceux qui n’ont pas peur du risque, de ceux qui vont embrasser le danger pour vous le mettre devant les yeux. Il disait vouloir « parler pour ceux qui n’ont pas de voix » et l’influence de ses photos l’a fait hurler pour ces derniers.

Devant une photographie de Yannis Behrakis, un sentiment imposant nous envahit, et c’est pour cela qu’on l’admirait et qu’on l’admirera toujours.

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