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Manifestation à Lille : jeunes et fonctionnaires ensemble dans la rue

Manifestation à Lille : jeunes et fonctionnaires ensemble dans la rue

Les manifestants arrivant place de la République

 Ce mardi 29 septembre, suite à un appel national de différents syndicats, de nombreux fonctionnaires ainsi que de jeunes étudiants et lycéens, se sont retrouvés porte de Paris à Lille. Portant de multiples revendications les manifestants ont déferlé dans les rues de la capitale des Flandres dès 14h30, direction place de la République, rejointe deux heures après.

La date du 29 septembre a été retenue pour beaucoup comme le jour de mobilisation à ne pas rater. L’origine de cette date vient des sapeurs-pompiers en grève ce jour-ci mais elle a rapidement été reprise par les syndicats de la fonction publique pour faire gagner de l’ampleur aux différentes mobilisations. Réunis autour de sept syndicats majeurs, CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, les manifestants sont venus de toutes les professions des services publics .  Les syndicats étudiants ainsi que des jeunes lycéens mobilisés, pour certains déjà, pour la deuxième journée consécutive, se sont joints à la mobilisation. La CGT et la FSU revendiquent plus de 10.000 manifestants, présents pour réclamer une hausse des salaires et du pouvoir d’achat, une amélioration des conditions de travail mais également en contestation avec les projets de rigueur budgétaire du gouvernement qui demande près de  54 milliards d’euros d’économies pour 2027.

©Matti Anquetin

Les forces de l’ordre, qui avaient anticipé 5.000 à 8.000 mobilisés, ont assuré la sécurité autour du déroulement de la manifestation avec seulement quelques incidents majeurs post manifestation à souligner.

Urgence chez les fonctionnaires

Professeurs, aides-soignants, agents de service, policiers et de nombreux autres fonctionnaires et syndicats en campagne de grève depuis plusieurs semaines sont venus manifester ce mardi 29 septembre.

«Il y a urgence, il y a le feu»

La mobilisation du 29 septembre ressemble à un signal d’alarme des fonctionnaires plus que jamais mobilisés. Selon un représentant syndical de la Fédération Syndicale Unitaire (FSU)  «il y a urgence, il y a le feu». Déboussolés, exaspérés et en quête de nombreux changements pour augmenter les moyens des services publics les manifestants comptent bien faire entendre leur voix.  Comme nous l’indique Jean-François, présent aux côtés de la FSU pour  «un mandant de salaire, mandant derrière lequel il y a la question du pouvoir d’achat, la question de l’attractivité des métiers du Cas National qui est posée depuis des années». Il considère que le contexte de «la crise énergétique» et «du pouvoir d’achat en berne au niveau national » est favorable pour porter ces revendications. Tous espèrent une revalorisation des  «métiers du service public»,  dans le budget 2027 qui sera débattu prochainement à l’Assemblée Nationale.

                                                   La tête du cortège ©Aubin Bozetie

Le syndicat Alliance police nationale était également sur place dans la continuité d’un mouvement déjà mené le 15 septembre à l’Assemblée Nationale, nous explique Jean-Pierre, membre de la police nationale. Présent pour réclamer «des moyens humains, des moyens matériels pour assurer la sécurité des personnes et des biens pour pouvoir travailler de manière optimale», il n’en est pas à sa première manifestation, et ne compte pas s’arrêter là. Il demande aussi une augmentation de leur Indemnité de Sujétions Spéciales de Police, qui couvre les prises de risques «réels» , mais qui «n’a pas été revalorisée depuis 2019».

Les professeurs sont aussi de la partie. Exaspérés par le manque de moyens dans l’éducation nationale, la dégradation des conditions d’enseignement et la baisse des effectifs, de nombreux enseignants se sont retrouvés cette après-midi porte de Paris. C’est le cas d’Agathe, professeure de sciences économiques et sociales au lycée, qui s’est mobilisée aujourd’hui contre «les 54 milliards d’euros d’économie budgétaire qui vont d’abord et avant tout peser sur les services publics et sur les dépenses liées à l’éducation.» À titre syndical et personnel comme de «nombreux collègues mobilisés», ils  sont également présents pour soutenir les luttes des lycéens qui dénoncent des classes surchargées, des tarifs de cantine trop élevés et une «amélioration des conditions de travail dans un contexte d’austérité budgétaire»  nous répond Agathe, qui considère leur lutte légitime.

Des étudiants mobilisés toute la journée

Les manifestations et blocages de certains lycées de la métropole, commencées lundi 28 septembre, ont  continué et se sont propagés aux universités ce mardi. 

Samy, élève de terminale dans un lycée lillois, est allé en cours sous la pression de ses parents mais était présent dans ce cortège contre la baisse de moyens des services publics. Il dénonce « la fusion des classes de troisième langue vivante » : selon lui, « on passe d’une classe de 15 à une classe de 30 », ce qui rend l’apprentissage plus difficile. Pour Lise, scolarisée dans le même lycée, c’est sa première manifestation, elle est venue grâce à ses « amis  [qui] ont l’habitude » et « l’engagement » en lui-même pour ses causes et surtout ce qu’il défend.

Le campus Pont-de-Bois de l’université de Lille a été bloqué par les étudiants et la direction a pris la décision de fermer administrativement ce campus pour toute la journée, ce qui a permis à beaucoup d’étudiants de pouvoir venir manifester. Ils ont donc défilé dans les rues de Lille, tout en scandant « sciamo tutti antifascisti »,  pour exprimer leurs revendications, afin de mettre en place un mouvement étudiant de grande ampleur pour « garantir le repas Crous à 1 euro et aboutir à l’allocation d’autonomie à hauteur du seuil de pauvreté » déclare Arthur, militant à l’Union Étudiante.

Tous les moyens ont été utilisés pour être entendus par les pouvoirs publics, « on a essayé de se mobiliser sur les réseaux sociaux, de lancer des pétitions, de se faire entendre, de parler directement au ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, rien n’a marché, alors on crée le rapport de force, alors on descend dans la rue, puis on ira bloquer et puis on ira se faire entendre. » clame-t-il. Les Jeunesses communistes étaient aussi présentes comme de nombreux syndicats étudiants. Selon sa porte-parole locale, Sarah, étudiante en master, ils sont là « contre les différents gouvernements successifs sous Macron, pour réclamer plus de budget pour l’éducation et la jeunesse, mais aussi en tant que communiste, le besoin d’une nouvelle société débarrassée des intérêts privés, plus d’institutions et d’investissement dans le public ». Pour elle, « il y a vraiment beaucoup de monde, pour une première date au cours de l’année scolaire, on voit une remontée de l’envie de se révolter contre les budgets austéritaires .» Ils étaient aussi présents contre « la loi raciste bienvenue en France et la loi permis de tuer ». L’observation du grand nombre d’étudiants mobilisés n’est pas seulement de l’appréciation de Sarah, c’est aussi celle d’Arthur le militant de l’Union étudiante : « ça fait longtemps que pour une rentrée, il n’y avait pas eu autant de monde, avec autant de revendications, avec autant de détermination, pour continuer la mobilisation des lycéens, lancée lundi.»

Étudiants brandissant leurs pancartes.  ©Emanuelle Dautret

D’autres étudiants n’ont pas répondu à l’appel d’un syndicat en particulier, mais ont répondu présents grâce à leur « devoir de citoyens », c’est le cas d’Enzo, étudiant en langue étrangère. Il est présent pour protester contre « les politiques qui visent à augmenter les prix pour les étudiants étrangers. » Il met en valeur la convergence des luttes de cette manifestation, « on vient pas que pour les étudiants, on vient pour plus de moyens dans les écoles, dans tous les services publics et plus attaquer là où les profits sont ».

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