En lecture
Un atelier d’écriture pour faire vivre le matrimoine

Un atelier d’écriture pour faire vivre le matrimoine

Animé par l’artiste Mythie (Domitie de Lamberterie), un atelier d’écriture autour de la maternité avait lieu ce samedi 19 septembre à la médiathèque du Vieux-Lille. Il se déroulait dans le contexte des Journées du patrimoine et du matrimoine, l’occasion d’échanger sur le vécu maternel et les bouleversements qu’il entraîne. Le but de cette rencontre est simple ; écrire pour se sentir libre, lire pour se sentir écouté.

La pièce est lumineuse, l’ambiance sereine. Personne ne parle. Seul le frottement des stylos sur le papier se laisse entendre. L’espace d’un instant, le temps s’arrête, les consciences s’apaisent.

Autour d’une table se trouvent six participantes. Yasmine, Céline, Ana, Julie, Kimberley, Justine. Elles ont presque toutes un enfant, mais aucune n’a la même expérience personnelle. Céline est enceinte après avoir eu recours à une PMA et a encore du mal à réaliser. Yasmine, elle, a été inscrite par son mari. Elle aime écrire sur l’enfance, le harcèlement ou encore le regard des autres face à la différence. Six parcours, six visions différentes de la maternité.

« Moi le patriarcat, je l’ai ressenti quand je suis devenue mère. C’est une période durant laquelle ça s’accentue. Beaucoup d’injonctions, on ne fait jamais les choses correctement. »

Pour Domitie, mère de deux garçons de 3 et 7 ans, cet atelier d’écriture sur la maternité — le premier dont elle est à l’initiative — s’inscrit dans une démarche artistique plus large autour de la place des femmes dans la société. A la fois musicienne et comédienne, elle avait notamment déjà travaillé sur le rôle important, mais souvent négligé, des figures féminines dans l’industrie musicale.

L’écriture automatique : un catalyseur de pensée

L’artiste explique qu’écrire sans vraiment laisser le temps à son cerveau de réfléchir permet de contourner la « petite voix dans sa tête » et de relâcher complètement sa pensée. C’est ce qu’on appelle l‘écriture automatique. Et cette méthode semble porter ses fruits. Toutes les femmes s’expriment, lisent leur petit bout de texte.  »Il faut élever ses enfants comme de bons petits soldats. Il faut d’ailleurs être nous même de bons petits soldats », observe Yasmine. « Ce n’est pas une histoire de féminité, c’est une histoire de sensibilité. Les hommes devraient apprendre de ça, cette sensibilité elle fait partie de leur humanité », ajoute Julie. Au fur et à mesure des prises de parole, une idée semble ressortir : la souffrance liée à la maternité est peu préparée et rarement accompagnée. À l’accouchement tout se bouscule. L’enfant arrive, la relation avec le mari change, la relation avec soi-meme évolue. C’est de cela qu’il était question.

L’intervenante se félicite d’ailleurs que ce temps de réflexion ait permis aux participantes de si bien partager leur ressenti. « Je ne m’attendais pas que ce soit à ce point thérapeutique. C’était assez émotif, on se retrouvait souvent au bord des larmes. Il y a quelque chose qui libère profondément la parole. C’est agréable. » 

Au-delà de ce moment d’échange, l’atelier fait aussi écho au matrimoine : il questionne l’héritage des femmes et ce que les mères transmettent. « Il faut vraiment chercher loin, creuser loin pour trouver des écrits sur la maternité, alors que de tout temps des témoignages ont existé. Il ont juste fini par se perdre »,  constate Domitie. En outre, parler du fait d’être mère, de son expérience maternelle, ce n’est pas seulement une parole ou un vécu, c’est un geste de transmission.

Quelle est votre réaction ?
J'adore !
0
J'ai hâte !
0
Joyeux
0
MDR
0
Mmm...
0
Triste...
0
Wow !
0

Auteur/Autrice

Voir les commentaires (0)

Répondre

Votre adresse Email ne sera pas publié

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.