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Un rare blocus du campus Cité scientifique

Un rare blocus du campus Cité scientifique

Les mobilisations de ce 6 octobre ont cette fois-ci embarqué le campus Cité scientifique à Villeneuve d’Ascq. En arrivant dès 6h, les étudiants qui réclament entre autres plus de moyens pour l’enseignement supérieur espèrent être entendu sur ce campus réputé comme « le moins politisé » de l’Université de Lille. 

A l’aube, plusieurs militants arrivent pour bloquer certains bâtiments, dont les SH1, SH2, SH3, C1, C3, C5, SN1, SN2, SN3 et la Bibliothèque Universitaire (Lilliad). Près de 5h après, la Présidence a annoncée sur le compte Instagram de l’université la fermeture administrative du site dès 10h48. Le dernier grand blocage de la faculté semble remonter à 2023 et aux manifestations contre la réforme des retraites. Le campus voisin de Pont-de-bois fait à contrario régulièrement l’objet de blocus. Pour que la paralysie voulue soit opérationnelle, les manifestants ont utilisé poubelles, palettes, troncs d’arbres, barrières ou encore caddies.

En arrivant sur place, on remarque d’emblée un tag inscrit sur la façade du SH1. Du fait de sa proximité à l’arrêt de métro, celui-ci est l’un des plus visibles. Avec toujours plus d’arrivées aux heures de début de cours (8h et 10h), la majorité des élèves ne savent pas où aller et sont curieux de ce qu’il se met en place sous leur yeux. Aux alentours de 9h, plusieurs agents essayent d’entrer dans l’immeuble. « Moi, je travaille. » Au bout de deux minutes, ceux qui s’apparentent à des gardiens réussissent à pénétrer à l’intérieur, malgré la réticence des jeunes grévistes. Plusieurs étudiants syndiqués arrivent dans la foulée pour remettre en place quelques barricades et chantent « Même si Macron ne veut pas nous on est là » et « La jeunesse, emmerde, le Front national. »

Tag à gauche de l’entrée principale du SH1 © Tom McLeish / Pépère News

Engagement, soutien ou peu concerné

Julia*, en formation à Cité scientifique, regrette que la mobilisation prévue ne soit pas plus relayée sur les réseaux sociaux mais trouve que ça s’est très bien passé pour « un campus où chaque bâtiment est éloigné ». Elle souligne la rareté des mobilisations sur son lieu d’études et est satisfaite d’un « premier blocus où il y a pas mal d’endroits différents à bloquer. »

Plusieurs professeurs en devenir, actuellement en M2, confient anonymement soutenir le mouvement tout en restant à distance des épicentres du blocage. Ils dénoncent les difficiles conditions dans certains « lycées défavorisés » et du manque de professeurs à l’échelle nationale. L’un d’eux a expliqué que « les professeurs pourraient jouer un rôle de communicant » avec les élèves et prendre part aux mobilisations, pour « éviter une escalade des tensions. » C’est par exemple le cas à Paris, au niveau du lycée Hélène Boucher, dans le 11ème arrondissement.

Elise et Jade, étudiantes en L2 de SES interrogées par Louise Bouillé pour le Pépère News, n’étaient pas au courant de l’organisation d’une action transpartisane. Elles ont un peu attendu pour voir se qu’il se passait mais ne souhaitent pas prendre part au mouvement. « Je n’étais pas au courant qu’il y aurait des choses ici », avance l’une d’elle. L’autre s’inquiète : « Si ça commence à durer dans le temps, ça va être compliqué. »

L’entrée arrière du C3 bouchée © Tom McLeish / Pépère News

Une « AG » exceptionnelle pour « s’organiser »

La veille, lundi 5 octobre, se tenait une Assemblée générale sur le parvis de Lilliad, afin d’échanger et de voter sur l’éventualité d’un ou plusieurs blocus sur le campus, anciennement « Lille 1 ». L’idée d’une mobilisation à Cité scientifique a été actée par la quasi-totalité des 100 à 200 plus ou moins jeunes participants, à 18h56. Pour Edwin, syndicaliste à la FSE et étudiant à Pont-de-bois, le mouvement doit être unitaire et permettre d’intégrer le campus scientifique dans la plus large mobilisation, qui ébranle ces derniers jours lycées, universités et jeunes. Il faut, selon ses mots, appeler tout le monde à se mobiliser et faire front. L’annulation de ses cours facilite son action militante et sa présence sur le terrain : « La fermeture administrative de Pont-de-bois nous permet de nous mobiliser ailleurs ».

Pour stimuler la participation et se préparer à leurs actions, les adhérents aux mouvements universitaires rendent visitent au plus d’amphis et de salles de classes possibles en une journée. Les mobilisés ont aussi une carte des différents emplacements de poubelles et de barrières dans la zone universitaire. Le RU Barrois est par exemple cité comme bon point de ravitaillement en barricades, à proximité de l’entrée Nord et de la station de métro professeur Gabillard. Plus qu’à « arriver avant les agents » et « anticiper » l’ouverture du campus, en attendant l’arrêté stipulant sa fermeture administrative. Si celui-ci est effectif, il est interdit d’être dans l’enceinte de l’établissement jusqu’au lendemain.

* Le nom a été modifié à la demande de l’individu 

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