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« Réunion-débat » à Villeneuve-d’Ascq : Nathalie Arthaud plaide pour une union des travailleurs derrière les étudiants

« Réunion-débat » à Villeneuve-d’Ascq : Nathalie Arthaud plaide pour une union des travailleurs derrière les étudiants

nathalie arthaud face aux militants lutte ouvrière et quelques curieux

Ce mercredi 14 octobre,  Nathalie Arthaud a donné rendez-vous à Villeneuve-d’Ascq aux militants Lutte ouvrière et plus largement aux citoyens curieux pour une “réunion débat” dans le cadre de la campagne présidentielle. 

Devant la salle réservée pour l’occasion, une poignée de militants attendent l’arrivée de Nathalie Arthaud, candidate Lutte ouvrière (LO) à la présidentielle. Cette dernière, qui a obtenu 0,56% des suffrages exprimés en 2022, s’empare de la compétition présidentielle de 2027 comme d’une tribune. Une centaine de personnes ont donc répondu présentes à l’appel du Parti Lutte ouvrière pour échanger autour de plusieurs thèmes et notamment de la mobilisation lycéenne et étudiante. Le format se voulait collaboratif : une introduction de Nathalie Arthaud et ensuite un débat avec plusieurs prises de paroles volontaires des membres présents. 

La candidate à l’élection présidentielle a débuté la réunion en rappelant qu’il est nécessaire que « la mobilisation lycéenne et étudiante s’approfondisse ». Nathalie Arthaud, décrit ce mouvement comme « un réveil de la jeunesse » qui prend conscience qu« il est possible de dire non à l’autorité ». La porte-parole nationale de Lutte ouvrière s’est aussi indignée de la couverture médiatique “largement dédiée à filmer les poubelles en feu” et de la violence de l’Etat notamment à travers « les charges de CRS ». 

A l’entrée de la salle, certains militants sont restés debout durant l’intégralité de l’échange afin de vérifier et de contrôler les entrées. Ce dispositif préventif a été mis en place à la suite d’affrontements violents devant certaines universités ces derniers jours entre des étudiants mobilisés et d’autres venus lever les blocages par la force, notamment de la Cocarde Etudiante et de l’UNI (syndicats étudiant d’extrême droite). 

Aller vers une convergence des luttes 

Ce rassemblement est aussi l’occasion pour Nathalie Arthaud de rappeler l’idée salvatrice du parti : les travailleurs doivent prendre conscience de leur force collective pour renverser les élites du système capitaliste et prendre le pouvoir sur l’ensemble de l’économie. C’est pourquoi elle a rappelé l’importance pour les travailleurs de continuer à rejoindre les étudiants et lycéens dans leur lutte avec en ligne de mire la manifestation du 17 octobre. 

Eric, 60 ans, employé à l’usine Toyota déclare : « tout est fait pour mettre une chape de plomb sur chacun des salariés et pour maintenir le calme social dans l’entreprise ». Il assure par ailleurs qu’avec plusieurs de ses collègues ils sont en train de se mobiliser pour rejoindre les cortèges lillois et parisiens samedi 17 octobre. 

Plus tard dans le débat, un étudiant demande conseil aux militants avec plus d’expérience : « quel est le meilleur moyen pour faire front contre les moyens de répressions et ne pas être blacklister ? ». Nathalie Arthaud lui répond, « dire non, c’est le début de l’apprentissage de la liberté et la jeunesse fait actuellement l’expérience de sa force collective ».

 « Il faut arracher un maximum de voix à Le Pen » 

Au détour de multiples questions, plusieurs stratégies se dessinent. D’une part, Nathalie Arthaud espère ramener dans son giron les travailleurs acquis au Rassemblement national. Pour se faire, elle espère que les militants LO sensibiliseront leurs « camarades de travail » à leur « intérêt commun ». La candidate explique que ces électeurs se trompent et qu’un vote pour l’extrême droite est un vote en faveur du patronat. 

Par ailleurs, elle dénonce la division que tenterait d’instaurer le parti d’extrême droite entre les femme et les homme, les étrangers et les Français, etc… qui viserait à les détourner de leur véritable préoccupation.

En somme, elle compte rallier ces électeurs qu’elle considère comme perdus à sa perspective de « lutte des classes ».

« Les travailleurs forment un camp »

Cependant, cette analyse se heurte à d’autres points de vue. Anna, 18 ans, étudiante en sciences politiques, interroge la porte-parole quant aux différentes oppressions qui peuvent exister au sein même de la classe « laborieuse ». La candidate rétorque qu’elle se place dans une optique de « lutte sur tous les fronts » et non dans « une analyse raciale ». Elle dit ne pas faire de différence entre les travailleurs.

Une rupture établit avec la gauche

         D’autre part, elle se démarque de la gauche réformiste. Elle accuse cette partie de la gauche de vouloir simplement légiférer dans le cadre du capitalisme et de ne pas le renverser. Tout en pointant du doigt, le fait que même en cas d’élection, leur marge de manœuvre serait minime, du fait du poids important du patronat : « Celui qui sera à l’Elysée ne dirigera pas, il sera dirigé ».

En ce sens, elle décrit la victoire de Raphaël Glucksmann lors de la primaire PS-Place Publique-GRS comme « un non évènement ». Cette opinion est partagée par ses soutiens, qui le décrivent comme une « farce ». 

L’alliance avec La France insoumise (LFI) quant à elle semble inenvisageable :« Nous ne rejoindrons pas Jean-Luc Mélenchon ». Elle remet en cause le programme du leader des insoumis qui « vend du vent » car il serait incapable de parler « d’expropriation de la classe capitaliste ». Même dans l’hypothèse d’un second tour LFI-RN, elle ne se prononce pas. Cette stratégie s’intègre dans sa conception de la vie politique. La stratégie du vote utile est à ses yeux sans intérêt, seule la mobilisation collective est importante : « la meilleure protection pour les travailleurs c’est leur organisation, leur association collective […] et ne surtout pas croire que la protection viendra de l’Elysée ou de Matignon. »

 

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