Drag Race France Live a illuminé le théâtre Sébastopol pendant trois soirs
Le 29 septembre et les 1er et 2 octobre, le casting de la troisème saison de l’émission Drag Race France, diffusée cet été sur France 2, s’est produit sur la scène du théâtre Sébastopol à Lille. Il a été présenté par celle considérée comme une des pionnières du Drag Français, Nicky Doll. Les paillettes et le talent des Queens en ont mis plein les yeux du public.
Avant de plonger dans le spectacle, immergeons nous dans l’univers du Drag. Quel est cet art ? D’où vient-il ? Comme un article du média Artsy l’explique, « Le terme drag queen fut d’abord utilisé en polari (argot britannique, populaire parmi les hommes gays et la communauté du théâtre) pour qualifier les hommes qui portaient des vêtements de femme. »
Le Drag, un art qui remonte à d’anciens temps
Le fait que certains hommes transgressent les normes de genre n’est pas récent. Lors de pièces de théâtre au seizième siècle, les femmes n’étant pas autorisées à se produire sur scène, des acteurs masculins revêtaient des habits féminins pour incarner les personnages. Cet aspect du théâtre porte un nom : le crossdressing.
La communauté LGBTQIA+, et majoritairement les hommes gays, s’est approprié cet art, l’utilisant comme moyen pour défier les normes de genre. Pour certains, le Drag sert à exprimer leur part de « féminité » qu’ils devaient refouler en société. Les mentalités ont depuis un peu évolué, tout comme cette pratique.
Elle s’est notamment professionnalisée (bien qu’il soit très difficile d’en vivre) en plus de s’être répandue hors de la communauté LGBTQIA+. Le Drag reste néanmoins massivement Queer (terme parapluie pour les identités de genre et sexuelles minoritaires). On peut citer comme exemple la Drag Queen Maddy Morphosis, première compétitrice de Drag Race US à être incarnée par un homme cisgenre hétérosexuel.
Le spectacle, chantay ou sashay*?
Pour la première date, le théâtre était chaud bouillant pour accueillir les Queens de la communauté. Quelques minutes avant le lever du rideau, dès que les lumières se sont atténuées, le public a organisé un clapping. Il a exulté lorsque les Queens sont arrivées une par une sur scène, toutes vêtues de rose, pailletées pour beaucoup, en défilant sur la musique Supermodel de RuPaul, considérée comme la « mère du Drag« .
Les acclamations ne se sont ternies pour aucune des performances, toutes éblouissantes par leur singularité, leur énergie, leur émotion, le reflet de la personnalité de chaque Queen, leurs costumes, leurs chorégraphies, et l’univers dans lequel elles emmenaient le spectateur. Il faut cependant souligner qu’une partie du public n’a pas applaudi Léona Winter, qui, lors d’un épisode de la saison, a été accusé de faire de l’appropriation culturelle.
L’humour était également au rendez-vous avec notamment des petites piques sans aucune méchanceté échangées entre les reines. Une des performances a d’ailleurs réussi à plonger le public dans l’hilarité à plusieurs moments.
Le Drag, un art politique
Si le Drag évoque souvent les paillettes, les perruques et les tenues extravagantes, il ne faut pas oublier qu’il est avant tout politique. En effet, le Drag est régulièrement attaqué sur les réseaux sociaux (et certaines personnes qui pratiquent cet art subissent des attaques physiques), notamment par ses détracteurs d’extrême droite qui utilisent la même rhétorique queerphobe (discriminatoire envers les personnes faisant partie de la communauté LGBTQIA+). Ils affirment notamment que le but est d’« endoctriner les enfants pour les faire changer de genre ». Ce qui bien sûr, a été démontré faux maintes et maintes fois : les principaux messages des Drag Queens sont l’acceptation de soi et de la tolérance.

Si le Drag évoque souvent les paillettes, les perruques et les tenues extravagantes, il ne faut pas oublier qu’il est avant tout politique. En effet, le Drag est régulièrement attaqué sur les réseaux sociaux (et certaines personnes qui pratiquent cet art subissent des attaques physiques), notamment par ses détracteurs d’extrême droite qui utilisent la même rhétorique queerphobe (discriminatoire envers les personnes faisant partie de la communauté LGBTQIA+). Ils affirment notamment que le but est d’« endoctriner les enfants pour les faire changer de genre ». Ce qui bien sûr, a été démontré faux maintes et maintes fois : les principaux messages des Drag Queens sont l’acceptation de soi et de la t
Le Drag utilise notamment son aspect créatif pour faire passer des messages politiques, notamment la lutte pour les droits des minorités. Le spectacle a donc été l’occasion de passer ces messages pour certaines Queens. On peut citer Edeha Noire, qui a inclus un drapeau transgenre dans la vidéo qui défilait derrière elle durant sa performance, et qui a laissé place au message « Protect Trans Kids » (protégez les enfants transgenres) à la fin de sa prestation. Nicky Doll a quant à elle dénoncé avec humour la transphobie et la précarité qui touche les métiers de l’art dans ses interventions entre les performances.
La présentatrice a également laissé entendre qu’une saison quatre de Drag Race France était en préparation. Reste donc à voir quels messages cette dernière comportera, si saison quatre il y a.
*Chantay et Sashay sont des mots prononcés à la fin de chaque épisode par la présentatrice pour annoncer aux deux Queens arrivées en bas du classement laquelle est éliminée (Sashay) et laquelle reste dans la compétition (Chantay).
