Du rap, du feu et la concrétisation d’un projet entre potes
“On veut faire des choses avec des gens qui ont le même feu que nous”. Leur passion commune, la musique, Raphaël et Colin l’ont transformée en un projet familial, en fondant l’association de production audiovisuelle, Coragami. Un collectif de grands enfants qui mettent tout en œuvre pour réaliser leurs rêves. Le samedi 29 novembre, ils ont posé les fondations en organisant leur premier gros événement, une soirée rap au JOST.
Ils sont jeunes, ils ont plein de rêves et ils font tout pour les réaliser. La plupart sont originaires de Rouen, mais plusieurs ont un lien avec Lille, un vivier du rap qui n’est plus à présenter. Avec le JOST, les organisateurs ont visé gros, mais ont visé juste. Qu’ils soient jeunes, moins jeunes, amateurs de concerts ou visiteurs curieux, le rap rassemble et les bénévoles de Coragami l’ont compris. Leur premier événement leur a permis d’officialiser le début du projet.
Coragami, un panel de bénévoles “touche-à-tout”
Le rap donne le la pour le premier événement de l’asso, mais la Coragami touch, c’est plus que ça. Dans l’équipe, les profils sont variés. Photographes, artistes, stylistes… Chacun a son poste, mais la plupart en cumulent plusieurs. Cette variété est à la base même de l’association, nous précisent les présidents Colin et Raphaël, surnommés Sozee et Dazai. “Nous-mêmes on travaille en symbiose, chacun apporte ses compétences à l’autre”. Avant même Coragami, l’un a fait des études de communication, et l’autre une formation dans le son, d’où la souplesse des profils de chacun, et leur capacité à combler les manques de l’autre.
Lou, elle, est coordinatrice de projet et régisseuse de Coragami. “C’est Lou qui a fait toutes les démarches pour trouver un lieu pour ce soir”, souligne Dazai. “On avait demandé au Flow aussi, mais ils demandent plus de reconnaissance.” Quand on les entend parler du projet, ils donnent l’impression que les plus grandes salles seront un jour à leur portée. “Ce soir on a visé gros, et c’est ça qui nous rythme, enchaîner de plus en plus gros et peut-être dans deux ou trois ans pourquoi pas faire un Stade de France”, prévient Colin, amusé, mais sûr de lui.

Coragami est grandement axé sur la production audiovisuelle, notamment la musique et la photo. Quand le Pépère leur demande leurs objectifs, la liste est longue : créer un label, réaliser des courts et longs métrages; sans oublier les objectifs propres à chacun.
Mais le projet va au-delà, avec une volonté de performer dans le stylisme aussi, l’objectif à long terme étant la création d’une collection de vêtements. Celui qui s’occupe de la branche mode s’appelle Louka, surnom Setop. Son mantra à lui c’est l’upcycling, qu’il pratique depuis un an : “Je n’aime pas la fast fashion, ce que je kiffe c’est réutiliser, prendre deux jeans skinny, et en faire un baggy.” Dans l’Union européenne, chaque année, ce sont 12 kilogrammes par personne de vêtements qui sont jetés, d’après le site du Parlement Européen (2022). Ce soir-là, Setop propose de personnaliser les sapes du public avec le logo Coragami.
En tout, l’association représente une vingtaine de bénévoles, avec tous le même but : se professionnaliser.
La “famille” au coeur du projet
Quand on demande aux cerveaux du projet, à un photographe (nombreux présents ce jour-là), ou même à quelqu’un du public, comment ils ont connu le projet, la même réponse revient toujours : “Coragami, c’est la famille”. “Si le feeling ne passe pas, on ne va pas se forcer à travailler avec d’autres personnes, ce n’est pas que du business. La partie familiale et amicale est trop importante pour nous.” La famille, voici ce qui fait l’essence de ce collectif, comme le rappelle Lou, coordinatrice chez Coragami.
Ce qui ramène du monde et qui les rassemble, c’est ce “feu”, comme ils aiment à dire. La grinta de réaliser leurs rêves. “On est tous des grands enfants qui veulent réaliser les rêves de leur enfant intérieur” explique Lou. Pour arriver à leurs fins, leur groupe est un moteur. Ils sont plusieurs à s’intéresser à l’audiovisuel depuis l’adolescence.“Ce qui manque à ceux qui veulent se lancer, c’est une équipe avec qui le faire”, analyse Sozee. Pour lui, cette coopération est un catalyseur. Quelqu’un apporte toujours son idée, son point de vue, sa pierre à l’édifice. “Chaque membre de la famille a une passion plus ou moins différente, mais ce qui nous lie, c’est ce feu.”

Une soirée au JOST comme rampe de lancement
Si leurs soirées hebdomadaires, le dimanche au bar Monsieur le Zinc, ont su rassembler un public fidèle, l’objectif en organisant un événement au JOST (foodcourt à Wazemmes) était de s’ouvrir à un cercle plus large, à l’instar de Florian, 22 ans : “Je suis pas spécialement concert de base, mais je voulais tester justement l’expérience des petites scènes”. De 18h30 à 1H30, amateurs de rap, mais pas seulement, étaient conviés pour passer une soirée conviviale autour de la musique.
Au programme, un open-mic, des concerts (10 artistes) et des DJ sets, soit une bonne recette pour faire gagner de la visibilité à l’association mais aussi aux artistes. “C’est hyper libérateur, ça me permet de m’ouvrir de malade et de transmettre un message.” Setop, quand il n’est pas derrière sa table de custom, en profite pour kicker lors de l’open-mic. Touche-à-tout, on vous l’avait dit. Plus d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel. “Beaucoup de têtes qu’on connaît”, précise Colin, car ils ont déjà su fédérer un public, entre les dimanches chez Monsieur le Zinc, et le pote qui ramène son pote qui ramène son cousin à chaque fois. Une histoire de famille. Tout ce beau monde a pu assister à la release party de la mixtape de Coragami sortie le jour-même, intitulé Volume.1. Là aussi, un projet qui se veut multi-format, avec la préparation d’un clip “à gros budget”, confie Lou au Pépère. Chez eux, pas de “on voit si ça perce”, ils préfèrent percer, puis s’occuper de la suite plus tard. Cette soirée était le premier volume de la saga Coragami, qui a de beaux jours devant elle.
