Avec “Dernier Gala avant l’IA”, l’humoriste PV et sa bande lancent Lillarious 2026
Ça y est ! Lillarious, le festival d’humour francophone basé dans la capitale des Flandres est de retour. Il s’est ouvert ce vendredi 31 janvier et il durera jusqu’au 8 février. Pour cette cinquième édition, c’est l’humoriste Pierre-Vitor Pereira dit PV, qui était chargé d’animer son “Dernier Gala avant l’IA”, au Nouveau Siècle. Pour l’accompagner, une bande d’humoristes aux registres bien différents, et bien déjantés. Musique, anecdotes et réflexions… Lille redevient la capitale de l’humour pendant une semaine !
Lillarious, renommé Lillariou5 pour célébrer la mi-décennie, commence à s’inscrire dans le paysage humoristique francophone. Créé par Grégoire Furrer, entre autres fondateur du Montreux Comedy Festival, l’événement lillois est encore jeune comparé à son homologue suisse (37e bougie en 2026). Mais il continue de se développer depuis sa création en 2022, en pleine convalescence de l’ère Covid-19. Pourquoi Lille ? “Terre d’hospitalité et de chaleur” qu’il disait. Qui l’a dit ? On ne sait pas vraiment, mais cette première soirée en est une énième preuve.
Le Nouveau Siècle (presque) rempli pour une soirée réussie
Depuis 2022, ce sont plus de 50.000 festivaliers qui ont passé les portes des grandes salles et comedy clubs de la métropole lilloise. Car les sketchs dépassent les murs de Lille-Centre, s’invitant au Colisée de Roubaix, au Grand Mix de Tourcoing ou encore aux Enfants Terribles de Marquette-Lez-Lille. Pour le “Dernier Gala avant l’IA”, son premier, PV a réuni une fine équipe composée d’humoristes qu’il a rencontré à différents moments de sa carrière. Sa rencontre avec Doully s’est faite au Jamel Comedy Club, Lola Dubini à La France à un incroyable talent, et il partage le même auteur avec Lala Sagna. Certains sont plus connus que d’autres, mais PV n’a pas cherché “une line-up de stars, juste ceux avec qui ça allait marcher.”

Pourtant sur scène, les énergies sont bien différentes. Le Suisse Lord Betterave, en première partie, compare les politiques françaises avec celles de son pays, Lola Dubini fait chanter toute la salle avec sa guitare et deux accords magiques, Boriss Chelin revient sur sa trentaine et sa calvitie. Tout cela sous l’œil discret mais attentif de Jacky, une IA visible sur un écran surplombant la scène. Adepte de la punchline, l’intelligence artificielle est surentraînée, et est au premier abord meilleure en tout point que les humains qui enchaînent les passages sur scène.
L’intelligence artificielle vs. le spectacle vivant : “on crée en se trompant”
Si l’on pouvait s’attendre à ce que l’entièreté des sketchs du gala soit centrée sur l’IA, ce n’était pas tout à fait le cas. Fabien Olicard nous fait creuser les méninges avec un extrait de son spectacle de mentaliste, nous rappelant que le cerveau est au centre de tout, mais la réflexion sur l’IA se fait plutôt lors d’interludes. PV fait ce qu’il sait faire de mieux pour l’affronter, des vannes pour l’humilier, mais la riposte se fait toujours.

Une morale émerge de ces saynètes. Le robot copie constamment, quand les humoristes l’attaquent par leur spécialité, elle essaie de faire de même. C’est là que l’humain prime. Lala Sagna n’est pas inquiète quand nous lui demandons si elle se sent menacée dans son métier. Celle qui alternait entre institutrice et humoriste pour un temps, avant de quitter l’Éducation nationale, n’arrive pas à l’imaginer. “On fait du spectacle vivant, VIVANT.”
PV se décrit comme un gars positif et se dit que les métiers évoluent. Déjà avec l’arrivée des réseaux sociaux, le métier d’humoriste, de stand-upper, a été chamboulé. Désormais, beaucoup de jeunes pousses se font repérer en publiant leurs extraits sur Internet. Pour revenir à l’IA, PV analyse : “On crée en se trompant”, chose que l’IA ne cherche pas à faire. Victoire par K.O. de l’être humain.
