Le Lille World Battle se surpasse pour sa deuxième édition
Le Palais des sports Saint-Sauveur a accueilli, le samedi 28 mars, la compétition internationale de breakdance Lille World Battle pour son grand retour. Durant la soirée, les quelque 1500 spectateurs ont pu assister aux battles entre seize danseurs et danseuses, tous et toutes de pays différents. La première édition en 2024 était déjà une réussite. L’organisateur et champion du monde de breakdance, Ilyes Madjoub, a vu les choses en grand pour cette année, avec le soutien de la Ville de Lille.
Dès le début, le public est plongé dans l’ambiance de la compétition. Alors que les battles s’enchaînent et que les heures passent, l’énergie reste la même ; les encouragements et l’ébahissement des spectateurs traduisent l’émotion du moment. Les passionnés comme les curieux sont ressortis impressionnés par ces danseurs et danseuses, aussi appelés b-boys et b-girls, des quatre coins du monde.
Quand Lille attire l’élite du break
Alors que près de 400 spectateurs avaient assisté à la Lille World Battle en 2024, 1 500 personnes se sont déplacées pour le retour de l’événement. Cette réussite permet de redonner à Lille sa place sur la scène internationale de la danse urbaine. Durant la compétition, seize danseurs et danseuses s’affrontent en un contre un jusqu’à la finale; huit d’un côté et huit de l’autre. Femmes et hommes concourent dans la même catégorie, mais à la fin, il n’y a qu’un seul gagnant. Ce soir-là, c’était l’anglais Sheku, qui a battu l’américain Bowzee lors de la finale.

Cette année, ont compétitionné des b-boys et b-girls venus du Japon, de Belgique, de France, d’Espagne, des États-Unis, du Royaume-Uni ou encore de Roumanie.
Chacun a deux passages par battle, et, à l’issue de celle-ci, le jury décide de qui passe à la prochaine étape. Ce dernier était d’ailleurs composé de danseurs d’exception: Nabil, pionnier du break et multiple champion du monde, Lucky, plusieurs fois champion de Belgique et reconnu à l’international, et Dom K, juge officiel lors des Jeux olympiques de Paris.
Enfin, qui dit danse, dit musique. Aux platines, l’ancien danseur DJ Flight a su mettre l’ambiance.
Lille est connue pour ses arts urbains, notamment grâce à son centre eurorégional des cultures urbaines : le Flow, qui organise le Hip Open Dance. Cependant, “ça faisait des années qu’un événement international de cette ampleur n’avait pas eu lieu” dans cette ville, comme nous l’indique l’organisateur.
Le break, entre art et performance
Le breakdance, comme tous les sports, a une histoire. Ce style de danse s’est développé aux États-Unis, dans les quartiers de New York dans les années 70. Aujourd’hui, c’est un ensemble de styles différents comme le popping (contraction et relâchement soudains des muscles du danseur au rythme de la musique) ou encore le locking (mouvements vifs et précis des bras). Le break, c’est avant tout de la technique, mais surtout du style et de l’attitude.
Faire du breakdance ce n’est pas seulement danser, mais s’exprimer et faire transparaître sa personnalité. Cette discipline se faisant en totale improvisation – les danseurs ne connaissent pas les musiques sur lesquelles ils dansent à l’avance – elle requiert beaucoup de concentration. Il faut savoir écouter le rythme et les accents. Chaque danseur et danseuse a ses points forts, sa personnalité et ses spécialités; c’est ce qui les rend uniques et permet aux jurys de les départager en compétition.

C’est une pratique impressionnante, une spectatrice s’exclame: “ils sont trop chauds!” Les danseurs donnent l’impression que ce qu’ils font est simple mais en réalité, cela reflète des années d’entraînement. En effet, certaines figures peuvent mettre plus de deux ans à être totalement acquises ! Ce qui fait la singularité des battles, c’est le nombre infini de combinaisons de mouvements possibles comme des freezes (position statique sur une partie du corps) ou des powermoves (enchaînement de mouvements circulaires et répétitifs au sol) comme la coupole (mouvement de rotation sur le haut du corps).
À la fin de la soirée, certains spectateurs sont allés demander des photos aux danseurs, et les ont remerciés pour le spectacle qu’ils venaient d’offrir. “Ça fait super plaisir”, se réjouit le b-boy français Luka.
