En lecture
Cinq candidats sur la ligne de départ : ce qu’il faut retenir du premier débat de la primaire de la gauche

Cinq candidats sur la ligne de départ : ce qu’il faut retenir du premier débat de la primaire de la gauche

Ils ne sont désormais plus que cinq. À deux semaines du premier tour de la primaire de la gauche sociale-démocrate, Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal ont confronté leurs visions ce mercredi soir sur LCI. Un rendez-vous très attendu dans un paysage politique morcelé, à l’approche du scrutin des 9 et 10 octobre, avant un éventuel second tour les 16 et 17 octobre prochains.

Pendant près de trois heures, les cinq prétendants ont abordé les grands enjeux nationaux et internationaux. Au-delà d’une simple présentation individuelle, la confrontation a mis en lumière des similitudes comme de nombreuses divergences au sein du parti. Dans ce contexte où la gauche semble plus que jamais dispersée et confuse, l’exercice visait autant à convaincre les indécis qu’à fixer la ligne stratégique du camp social-démocrate. Ainsi, les électeurs non-membres des formations participantes pourront prendre part au vote avec une contribution de 15 euros ou un tarif étudiant de 10 euros.

Un candidat laissé sur la touche

Alors que la dynamique semblait lancée pour regrouper un maximum de figures, la commission d’organisation a exclu Philippe Brun – candidat socialiste qui, avait pourtant obtenu les parrainages nécessaires. En effet, la direction du PS avait été saisie par une ancienne collaboratrice, qui faisait état de faits susceptibles de relever d’une qualification pénale. Les accusations évoquées publiquement portent sur des faits de harcèlement, de violences physiques et d’emploi familial. Le député de l’Eure conteste cette décision et a tenté de réintégrer le scrutin – une demande rejetée par la justice ce mercredi 23 septembre.

Un premier débat sous haute tension : le décryptage par thématiques

Sur le terrain économique, les cinq candidats ont affiché une réelle proximité. Tous se sont accordés sur la nécessité de redonner de l’air aux classes populaires et moyennes face à la vie chère. Parmi les propositions partagées, on retrouve : l’indexation des salaires sur l’inflation, la revalorisation du SMIC, ou encore un encadrement renforcé du prix du foncier et des loyers défendu par Emmanuel Maurel – membre fondateur de la Gauche républicaine et socialiste. Côté financement, les prétendants rejoignent Raphaël Glucksmann – coprésident de Place Publique sur une réforme de la fiscalité touchant les superprofits et les héritages pour financer la santé et les services publics.

Si le volet socio-économique les a rassemblé, les questions internationales ont vivement tendu le plateau. Sur l’Ukraine, Ségolène Royal a plaidé pour la voie de la négociation et de la médiation, s’attirant les critiques de l’ensemble de ses concurrents qui jugent cette posture irréaliste face à Moscou. La tension est montée d’un cran lors des échanges sur le Moyen-Orient et de la situation à Gaza. Raphaël Glucksmann a refusé de qualifier la situation de « génocide », préférant parler de « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ». D’un autre coté, les propos de l’ancienne finaliste à la présidentielle de 2007 sur la nécessité d’entendre davantage de voix israéliennes et juives pour dénoncer la situation ont provoqué un échange tendu avec Guedj et Glucksmann. Ces derniers lui ont reproché d’ « essentialiser » les français affirmant que les citoyens français juifs n’ont pas à se justifier ou à prendre position sur les décisions du gouvernement israélien en raison de sa religion ou de ses origines.

C’est sur la stratégie d’alliance avec La France Insoumise (LFI) que les candidats étaient le plus attendus. D’un côté, Jérôme Guedj et Raphaël Glucksmann ferment catégoriquement la porte à toute alliance avec le parti de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier affirme qu’il n’y aura « pas d’alliance avec LFI », à la présidentielle comme aux législatives en raison des divergences. Jérôme Guedj – député socialiste, quant à lui, fait d’ailleurs de cette clarification son combat principal en reprochant notamment à Olivier Faure de maintenir une ambiguïté. En effet, le Premier secrétaire du PS et Ségolène Royal refusent de rompre avec l’électorat insoumis. Faure a rappelé qu’aucune victoire à gauche n’est possible sans rassembler largement la gauche face au risque de l’extrême droite, affirmant qu’il faut réussir à « ramener vers nous » ces électeurs. Emmanuel Maurel tente quant à lui de dépasser le différend en appelant à recentrer le débat sur le projet politique plutôt que sur la guerre des personnes.

Une première réaction des militants socialistes lillois

À la suite du premier débat, les permanents de la Fédération du Nord du Parti Socialiste dressent un bilan positif de la soirée. Pour la fédération locale, le débat s’est révélé « constructif et particulièrement pertinent pour clarifier les propositions et les visions de chaque candidat ». Toutefois, les membres de la fédération nordiste ne manifestent pour l’instant aucune préférence affichée pour l’un des cinq prétendants. Une position de neutralité assumée, accompagnée d’un engagement : « soutenir en toute circonstance et activement » le candidat ou la candidate qui sortira victorieux(se) des urnes en octobre. Ainsi, pour ces derniers, la balle est désormais dans le camp des électeurs. Selon eux, le choix final des électeurs de gauche se focalisera autour de deux axes majeurs : l’adhésion à la personnalité des candidats et, surtout, le positionnement stratégique à adopter face à LFI.

Toutefois, un mot d’ordre semble ressortir de la part des militants socialistes : la dispersion. Effectivement, malgré les 709 000 téléspectateurs rassemblés en moyenne selon le journal Libération, les électeurs croisés dans les rues lilloises dressent un constat amer : un débat jugé peu utile, des échanges et des propositions durs à suivre et une incapacité pour certains de se reconnaître dans les paroles des candidats en lice. Dès lors, beaucoup craignent qu’une gauche irréconciliable ne condamne d’avance la date butoir de la présidentielle.

Les deux prochains rendez-vous à ne pas manquer

L’affrontement médiatique ne fait que commencer. Pour permettre aux électeurs d’affiner leur choix avant d’aller voter, deux autres grands débats télévisés sont déjà programmés : le 1er octobre sur France 2 et le 4 octobre sur BFMTV. Deux ultimes occasions pour les candidats d’imposer leurs idées et de convaincre les indécis avant l’ouverture des bureaux de vote.

 

Quelle est votre réaction ?
J'adore !
13
J'ai hâte !
0
Joyeux
0
MDR
0
Mmm...
0
Triste...
0
Wow !
2

Auteur/Autrice

Voir les commentaires (0)

Répondre

Votre adresse Email ne sera pas publié

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.