“Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé” : expérience de la chute d’un régime
À l’affiche depuis le 30 avril 2025, “Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé” raconte l’histoire de six destins croisés qui échafaudent des plans de résistance en temps de révolte contre le régime totalitaire roumain.
“Ils vont nous mettre en prison, idiot” ; “On est déjà en prison.” La Roumanie socialiste de Nicolae Ceausescu est au bord du craquage. Comme si de rien n’était, le gouvernement organise le nouvel an. Il n’aura pas fallu 24 heures aux opposants du régime, du 20 au 21 décembre 1989, pour prévoir leur contre-attaque discrète, entre désertion et auto-sabotage.
Récit d’un épisode national en caméra
Les prémices du soulèvement roumain sont là, mais les médias étatiques de masse y font abstraction. Ironie du sort : cette révolution sera la première diffusée à la télévision. Le réalisateur Bogdan Muresanu a vécu cet évènement et en a tiré une idée ingénieuse pour son nouveau film. Il y a intégré son court-métrage de 2018 “Cadeau de Noël”, qui s’inscrit parfaitement dans ce récit d’un pays bouleversé. Le réalisateur adore éditer ses productions, et si cette inclusion au scénario de “Ce nouvel an qui n’est jamais arrivé” se fait sans accrocs, on ne peut pas en dire autant des stratagèmes établis par les protagonistes.
Une histoire archivée dans les yeux du réalisateur
Les couleurs assez douces des années 1980 s’invitent jusque dans le champ de la caméra typique de la période, qui se fond à merveille dans le récit de cet évènement que Bogdan Muresanu a vu de ses propres yeux. Surveillée, la population est enfermée dans un plan de caméra puissant symboliquement qui s’élargit aux moments forts de la révolution. Ils induisent un effet papillon amusant qui laisse percevoir la pâte comique du scénariste. Les mouvements de caméra font partie intégrante du film et sont des éléments visuels, certes, mais qui en disent long sur la fin du régime.
Bogdan Muresanu donne un aperçu du passé roumain dont l’histoire est aujourd’hui peu abordée, dans un film suivi d’archives salutaires sur la fin de 24 années de régime dictatorial du secrétaire général du Parti communiste.
