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Series Mania 2026 : au programme, d’importantes productions accompagnées de revendications fortes

Series Mania 2026 : au programme, d’importantes productions accompagnées de revendications fortes

Arnaud deslandes maire lille Series Mania 2026

La programmation de l’incontournable festival Séries Mania a été annoncée jeudi 12 février à l’UGC Ciné Cité de Lille. Au-delà des 4 compétitions organisées, le festival présente des revendications fortes et met en lumière, grâce à sa programmation, l’impact de la conjoncture mondiale actuelle dans le monde des séries. 

Le maire Arnaud Deslandes, la directrice de la communication du CNC Sarah Drouhaud, ainsi que les représentants de la MEL et de la région, Michel Delepaul et Grégory Tempremant, étaient présents pour ouvrir cette conférence de presse. L’audience attendait impatiemment la fin de ces discours pour découvrir la programmation de l’édition 2026 de Séries Mania, qui se déroulera du 20 au 27 mars. 

“Face au fascisme, les séries entrent en résistance” 

Après les différents discours d’ouverture, Laurence Herszberg, directrice générale de Séries Mania, prend la parole pour présenter la soirée d’ouverture et les tendances de la sélection. Elle entame son discours en dénonçant les coupes budgétaires dans la culture, engendrées par le climat mondial compliqué “que l’on connaît”. La conséquence est sans appel pour le festival : 20% de séries en moins reçues par rapport à l’année précédente. La production mondiale de séries diminue drastiquement année après année. 

La culture étant l’une des armes les plus fortes pour lutter contre le fascisme, Laurence Herszberg ne ménage pas ses mots en déclarant : “Face au fascisme, les séries entrent en résistance”. Elle laisse quelques secondes de silence avant cette déclaration, prévenant qu’elle serait forte. Le décor est posé quant aux engagements du festival avant même l’annonce de la programmation. Dans le contexte de polarisation internationale actuel, un tel festival ne peut être apolitique. 

Alors que l’année précédente elle relevait une augmentation du nombre d’héroïnes, la directrice générale de Séries Mania observe pour l’édition 2026 un retour des hommes en tête d’affiche des séries candidates au festival. Des hommes “soit en crise, soit en métamorphose” explique-t-elle. 

Laurence Herszberg clôture son discours sur un point positif en annonçant que cette année le public aura la possibilité de rire avec pas moins de 51 séries sélectionnées par l’équipe d’organisation du festival.

Une sélection de séries qui vient questionner l’ordre mondial 

Face à une actualité aussi incertaine et instable, la programmation 2026 du festival révèle dans quelle mesure les séries font le portrait de l’ordre mondial, elles ne nous racontent plus seulement des histoires, elles interrogent l’ambition des humains et notre propre survie. De la dystopie, au ridicule en passant par le drame juridique, chaque réalisateur.ice aborde à sa manière cette tension permanente.  

Séries Mania 2026 s’ouvrira avec The Testaments, adaptation du roman éponyme de Margaret Atwood pensée par Bruce Miller et s’inscrivant dans la lignée de The Handmaid’s Tale sortie en 2017. Marquant le retour de l’univers dystopique de Margaret Atwood, la série établit plus que jamais un parallèle avec les dérives totalitaires contemporaines. Au-delà de cette représentation totalitaire aux accents prophétiques, la sélection explore une tout autre approche avec Raoul Groothuizen, qui manie l’absurde pour passer nos politiques actuelles au scalpel. 

Avec The Best Immigrant, série flamande, la question de l’immigration est au cœur d’un jeu télévisé. Qui remportera un permis de séjour ? Imaginé il y a dix ans lors du premier mandat de Donald Trump, la résonance de cette série est très frappante voire dérangeante, choquante. Elle nous pousse de manière très explicite à affronter la réalité politique et sociale à travers la satire. Mais derrière le rire grinçant de la satire, d’autres récits préfèrent la confrontation directe avec le réel. C’est le cas de Burden of Justice, qui délaisse l’absurde pour le sérieux d’un thriller juridique.

Réalisée par Lisa Linnertorp et pensée par Jens Lapidus, la série suèdoise donne un ton plus grave et pose un problème institutionnel : la fragilité de la loi. En suivant une nouvelle génération d’avocats confronté à la fragilité de leur profession, la série interroge directement la justice. Dans ce Stockholm sous pression, l’intégrité se heurte au pouvoir, mettant le système juridique sous pression. 

Trois séries aux trois tonalités différentes, la programmation 2026 se fait le miroir d’un ordre mondial remis en question. 

Conférence de presse Series Mania 2026 Lille UGC
Laurence Herszberg, directrice générale de SeriesMania, remercie les partenaire, avant d’énoncer les revendications fortes de cette édition © Hadrien Maynard / Pépère News

Un festival international, qui met l’Europe à l’honneur

Pour Laurence Herszberg, l’Europe est “un centre névralgique de la créativité”, et Series Mania 2026 ne manque pas de mettre le continent à l’honneur. Et ce, pour la sélection hors-compétition, avec la production hollandaise Etty, pour une première française, ou les premières mondiales des comédies Lucky Luke et Recalé, qui viendront égayer le tableau global.

Mais l’Europe s’affirme aussi dans la compétition internationale, avec pas moins de six réalisations sur les neufs sélectionnées. L’Espagne, récompensée par le Grand Prix du Jury avec Querer l’an passé, est sélectionnée avec Anatomia de un instante, aux côtés de la Pologne avec Love is Enough et la France, avec Paolo par Sébastien Marnier. Le Royaume-Uni double ses chances avec deux sélections : Waiting for the Out et Major Players. Mais les sélectionnés sont aussi outre-océans, avec The Audacity pour les États-Unis, et Dear Killer Nannies pour l’Amérique latine, une série autobiographique co-créé par le fils de Pablo Escobar, qui revient sur son enfance. Enfin, l’Australie clôt la liste exhaustive, avec Dustfall.

Series Mania, c’est le nord de la France, et la région y trouve allègrement sa place. Roubaix est mis à l’honneur, à l’occasion des 25 ans du studio de série d’animation Ankama. Entre autre architecte de Wakfu, du jeu vidéo Dofus, et plus récemment de Bestial, dérivée du premier cité. Bien que le questionnement de l’actualité mondiale soit au centre des revendications, le Nord redevient pour une semaine la capitale européenne de la série.

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