Loi sur l’usage des armes par la police : Lille se mobilise
Ce dimanche 20 septembre à Lille s’est tenue une mobilisation contre, ce que les opposants à la loi nomment le « permis de tuer ». Malgré des slogans anti-police et des manifestants en colère, la marche s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, des conditions idéales.
Dans de nombreuses villes françaises, ce week-end a été marqué par des manifestations contre la loi sur la présomption d’usage des armes par les forces de l’ordre. A Paris, Lyon ou encore Toulouse, plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue. Dans la capitale des Flandres aussi, de nombreux manifestants se sont rassemblés, ce dimanche à 15h, au départ de la Grand Place. Selon les organisateurs, 5 000 personnes ont pris part au rassemblement. Les chiffres officiels de la police sont deux fois moins élevés, annonçant 2 500 participants.
Si cet événement a rassemblé plusieurs milliers de personnes à l’échelle nationale, c’est en raison d’une loi votée en juillet. Cette dernière prévoit la « présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » ce qui modifie le cadre légal de l’usage des armes. Ainsi, chaque tir sera, dans un premier temps, considéré comme justifié, ce serait désormais à la victime, ou à sa famille, d’apporter une preuve contraire. Selon les opposants à cette loi, cela revient à donner un « permis de tuer » aux membres des forces de l’ordre.

© Lisa Da Silva / Pépère News
Des Contraintes logistiques impactent le rassemblement
Ce dimanche après-midi le métro lillois s’est montré quelque peu capricieux. Il semblerait que cet incident ait porté préjudice à la mobilisation, à petite échelle. C’est en tout cas ce que rapporte une manifestante « je trouve que les pannes de métro sont beaucoup trop nombreuses […]. A cause de cet incident j’ai manqué le début de la manifestation alors que c’est quelque chose qui me tenait à cœur ».
Selon d’autres passants croisés lors de l’événement, la police aurait diffusée de fausses informations quant à l’organisation logistique de la manifestation. D’après ces sexagénaires, les forces de l’ordre auraient par exemple parlé d’un rassemblement au départ de la Porte de Paris à 14h30. Cette information n’a pas pu être vérifiée.
Des revendications contradictoires mais source d’unité
Il semblerait que les partisans de gauche soient largement majoritaires dans ce mouvement. Malgré le faits que ces différents acteurs revendiquent des valeurs communes et portent le même regard sur cette loi, leurs visions ne sont pas complétements similaires.
Selon les associations de défense des droits humains qui organisent cette mobilisation, il ne faut pas y voir une lutte contre la police, mais bien contre cette loi. Malgré cela, de nombreux slogans « anti-policiers » ont été prononcés au sein du cortège. Au-delà de ces attaques ciblant particulièrement les forces de l’ordre, d’autres revendications sont apparues dans les slogans clamés. En effet, il semblerait que la situation à Gaza ou au Liban, ainsi que la montée de l’extrême droite, préoccupent tout autant les manifestants.

© Lisa Da Silva / Pépère News
Ces démarches dissonantes sont portées par une myriade d’acteurs : des partis politiques comme La France insoumise (LFI), le Parti communiste français (PCF) ou encore Les Ecologistes (LE) – anciennement Europe Ecologie Les Verts (EELV) ; des syndicats comme la CGT, le Point Levé, et le FSE ; mais aussi par des organisations telles que Amesty International, le Réseau d’Entraide Vérité et Justice, l’Union Communiste Libertaire ainsi que la Ligue des Droits de l’Homme.

Un rassemblement sans débordements
Lors de la marche, d’importants effectifs de police ont été mobilisés. Ces derniers ont délimité un périmètre autour du trajet. Ils étaient également très présents autour de la place République où la manifestation a pris fin. Le dispositif matériel était aussi plutôt important. Comptant ainsi boucliers, baricades et de nombreux véhicules, leur présence n’était pas anodine et leur organisation semblait millimétrée.
La manifestation s’est, dans l’ensemble déroulé sans encombre. Aucun débordement majeur n’a été recensé même si quelques initiatives contre les effectifs de polices ont eu lieu.
Le rassemblement a pris fin après un long moment de festivités. Batucadas, fanfares et musique ont pris place lorsque le cortège s’est cristallisé à la sortie de la rue d’Inkermann. Malgré quelques regains de slogans, l’ambiance n’avait plus rien de celle d’une manifestation sur le point de dégénérer. Des sourires ont illuminés les visages et les rythmes entrainants invitaient tout un chacun à profiter du moment dans la bonne humeur, entrecoupée de quelques pas de danse.
