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Sénatoriales 2026 : les grands électeurs de la Somme et de l’Aisne ont voté

Sénatoriales 2026 : les grands électeurs de la Somme et de l’Aisne ont voté

Façade du sénat

Ce dimanche 27 septembre, 178 des 348 sièges de sénateurs étaient en jeu. Pour la région Hauts-de-France, la Somme (80) et l’Aisne (02) étaient terres d’élection. Les grands électeurs et le mode de scrutin restent flous et peu médiatisés. Décryptage et analyse des résultats.

Dans le département de la Somme (80), les trois sénateurs sortants ont été reconduits au Palais du Luxembourg. Stéphane Demilly (UDI) est arrivé en tête avec 31% des suffrages, soit 553 sur 1 817 bulletins. Le sénateur “qui a posé le plus de questions au gouvernement” lors du dernier mandat, se dit “très heureux” et remercie les électeurs sénatoriaux “d’avoir fait ce choix”.  

Il est suivi de près par le candidat du PS, Rémi Cardon, qui récolte 27%, à savoir 495 bulletins. Ce score est bien meilleur que celui obtenu en 2020 puisque la préfecture du département – Amiens – est depuis mars dernier dirigée par une majorité de gauche. Ce sont donc 38 conseillers municipaux de la nouvelle majorité qui ont apporté leur soutien au seul sénateur sortant de gauche d’ex-Picardie.  

En troisième position, Laurent Somon (LR) complète le tableau avec 18%, en qualifiant ce scrutin “de rendez-vous démocratique important pour notre département”. La liste du RN arrive juste derrière lui avec seulement 56 bulletins de moins.  

Du plomb dans l’Aisne

Seul l’un des trois sénateurs sortants rempile pour un nouveau mandat. Antoine Lefèvre (LR) retournera à la Chambre haute du Parlement pour la quatrième fois depuis sa première élection en 2008, mais sans sa colistière Pascale Gruny, sénatrice depuis 2014. Il déplore : “C’est une grande déception par rapport au score de la liste”. Son équipe obtient un peu plus de 25%, contre 43% en 2020.  

Suit Nicolas Fricoteaux (DVC) – le président sortant du département, qui prend le siège de Pierre-Jean Verzelen (DVD), qui l’a lui-même substitué à la tête de l’exécutif Axonnais. L’union du centre remporte près d’un quart des voix, le Courrier Picard titre « le pari réussi de l’ancien président du départemennt Nicolas Fricotaux ». 

Enfin, Paul Mougenot (DVD), agriculteur, décroche 19% et siègera à Paris. « Le Sénat est aussi la chambre des contre-pouvoirs et on a beaucoup de choses à dire, défendre nos métiers, nos fermes. Dans l’Aisne, ce sont 4 000 exploitations familiales, cela fait vivre 10 000 personnes et c’est l’une de mes premières préoccupations. »

Scores historiques pour le RN et LFI 

L’objectif du Rassemblement National (RN) de constituer un groupe au Sénat est atteint. En effet, 12 sénatrices et sénateurs RN avec leurs alliés ciottistes font leur entrée à la Chambre Haute et rejoignent les 3 élus de 2023. Composé de 15 membres, le RN a donc l’opportunité de constituer un groupe et de peser dans les débats. A noter l’élection en Gironde de la vice-présidente du RN, Edwige Diaz, jusqu’alors députée, laisse donc son siège de l’Assemblée nationale à Christine Dumas.

A l’opposé de l’échiquier politique, La France Insoumise (LFI) crée la surprise et parvient à faire sa place dans un hémicycle à la majorité de droite. A 59 ans, Gabriel Amard – gendre de Jean-Luc Mélenchon, est le premier et seul élu de La France Insoumise à faire son entrée au Sénat. Député depuis 2022 et peu connu du grand public, Gabriel Amard a tenté de rejoindre le groupe Ecologiste au Sénat, mais sa demande a jusqu’à présent été refusée par Yannick jadot (sénateur EELV) et Mélanie Vogel – présidente du groupe écologiste au Sénat.

Plus largement, à l’issue de ces élections, la majorité sénatoriale reste acquise à la droite et au centre. L’élection du Président ou de la Présidente du Sénat se tiendra le 1er octobre. Gérard Larcher (LR), président depuis 2014, a déjà annoncé sa candidature.

Peu d’intérêt malgré l’enjeu

Pour rappel, les élections sénatoriales se déroulent au scrutin universel indirect. Concrêtement, un collège de grands électeurs composés principalement d’élus locaux est appelé à élire un ou plusieurs sénateurs dans leur département. Chaque sénateur est élu pour 6 ans au scrutin majoritaire à deux tours ou au scrutin proportionnel en fonction du nombre de siège à pourvoir dans chaque département. Dimanche, 64 départements (sur 101) étaient donc concernés par cette élection.

Il faut bien le dire, ce scrutin n’est pas très populaire et a intéressé peu de français. La presse ne s’est pas non plus longuement attardée sur ce scrutin, peut-être éclipsé par la visite du Pape en France. Rappelons tout de même que le Sénat est au coeur du processus législatif et que son arbitrage pèse sur l’ensemble de la vie politique française.

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