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Du Main Square à Rock en Seine, il n’y a qu’un mois et une dizaine d’artistes

Du Main Square à Rock en Seine, il n’y a qu’un mois et une dizaine d’artistes

Il y a deux semaines, le festival de musique Rock en Seine a annoncé un des headliners de son édition 2026 : The Cure. De quoi rendre jaloux une bonne partie des habitués du Main Square, qui espèrent depuis quelques années maintenant voir le groupe mythique se produire à Arras.

Pour les habitués du Main Square, certains noms devraient vous dire (vaguement ou non) quelque chose : London Grammar, Justice, Vampire Weekend (pour les plus anciens), Queens of the Stone Age, Luidji et Last Train. Ne gardons pas le suspense plus longtemps. Tous les artistes sont déjà venus enflammer le festival arrageois qu’est le Main Square. Le public présent cette année au festival Rock en Seine a bénéficié de leurs performances, en répondant présent. Pour rester un minimum dans la DA originelle, le festival francilien a programmé des artistes de Rock tels que les groupes Vampire Weekend ou Last Train. Si les festivaliers juillettistes ont pu assister aux concerts de Luidji et Last Train au Main Square, les aoûtiens qui le voulaient et pouvaient se sont rendus aux frontières de la capitale pour Rock en Seine.

Mercredi, London Grammar pas trop tard

La pluie qui pourtant colle si bien avec certaines mélodies du trio britannique s’était arrêtée pour son concert. Déjà venu au Main Square en 2014, London Grammar a un lien spécial avec le pays – pour eux – outre-Manche. Malgré son « français très merdique » comme elle le définit, la chanteuse Hannah Reid (toujours aussi timide qu’au Main Square) a tenu à remercier le pays : « La France a été le premier pays où on s’est senti comme des stars à nos débuts ». Y est donc incluse la quatrième édition du Main Square, le groupe s’y étant produit en 2014, un an après la sortie de son premier album.

Le trio n’a rien perdu à sa versatilité, qui les fait transitionner tout en douceur de la mélancolie au rock. Grâce aux filtres vidéos sur les écrans géants, le public s’est retrouvé au début plongé dans un univers mélancolique et bucolique, avant de progressivement basculer dans la pop grâce à des titres comme House, avant de finir en apothéose avec le rock.

London Grammar sur la Grand Scène © ROXANEMO

Jeudi, bon dans le temps : Vampire Weekend.

Il faut remonter à 2008 pour trouver la dernière trace du groupe new-yorkais Vampire Weekend dans le Nord. Un an après, il se produisait à Rock en Seine -lors de la même édition durant laquelle le groupe Oasis s’était séparé- et signe donc son grand retour au festival. Bien sûr, en 17 ans, leur répertoire -déjà conséquent à l’époque- n’a pu que s’étoffer, avec notamment la sortie de trois albums.

En se basant sur les quelques vidéos de leur venue au Main Square, il est possible d’affirmer que Vampire Weekend a bien évolué. En exemple, la scène garnie d’instruments aussi divers que leurs mélodies : djembé, saxophone, violon, etc. cette variété n’était pas encore présente au Main Square. 

En ce qui concerne leur prestation de cette année à Rock en Seine, en une heure, ils ont réussi à emporter la foule avec eux, en la faisant danser sur des mélodies groovy, mêlant l’indie-rock le plus guilleret à l’afropop, en passant par une pop baroque. Le groupe était le premier à danser, comme l’a démontré le bassiste, qui s’est déhanché plus que de raison. On a pu voir beaucoup de mains en l’air pour leur titre le plus connu, A-Punk. Lorsqu’il a essayé de faire chanter les festivaliers avec lui, les « eh eh eh eh » ont plus pris que les « oh oh oh ». Cerise sur le gâteau, l’introduction faite par le chanteur Ezra Koenig était en français. 

Luidji & Justice pour le samedi

« Les soirées d’samedi soir, quelques fois ça m’déçoit » confiaient le Wati B dans leur chanson Wati By Night. Les festivaliers présents à l’avant dernière journée de Rock en Seine le contrediraient sûrement.

Rock en Seine était aussi l’occasion de retrouver le rappeur Luidji, qui est passé de la Green Room au Main Square début juillet à la scène Révolut de Rock en Seine fin août. Entre déclarations d’amour –« vous êtes tellement jolis aujourd’hui »– et pyrotechnie, le rappeur francilien a emporté la foule. Le fait qu’il « joue à domicile », que sa famille soit présente et de la réceptivité géante du public, a sûrement contribué qu’il apparaisse plus dynamique qu’au Main Square, ce qui a ravi les fans franciliens. Nolann, festivalier aguerri, « n’avait pas pu voir son show au Main Square parce qu [‘il] avait dû prendre un train plus tôt que le concert de Luidji ». Ce n’était que partie remise pour lui, et il se dit « super content de l’avoir vu ici, c’était chez lui donc il avait plein d’énergie et son show était incroyable ».

Luidji sur la scène Revolut – © ROXANEMO

Un clapping d’entrée de jeu : les festivaliers de Rock en Seine étaient chauds pour lélectrifiant duo de DJs. Ils n’ont pas été déçus et en ont pris plein les oreilles, littéralement et métaphoriquement. 

Tout comme au Main Square l’an passé (et à toutes ses autres représentations) Justice avait monté les curseurs et les décibels pour déclencher des drops à en faire vibrer la foule, et le sol par la même occasion. Si Cendrillon avait perdu sa chaussure à minuit, à cette même heure, le public n’avait perdu ni sa voix ni son énergie, malgré un petit coup de mou au milieu du set, mais un refrain de Neverender et ça repart ! Lors des dernières minutes de leurs sets, ils sont venus au contact de leurs fans : serrage de mains, autographes et selfies à l’honneur, ils ont passé de longues minutes à remercier leurs spectateurs sans mots mais avec intention.

Dimanche, Last Train, avant-dernier wagon du Main Square

Le groupe de rock, fort de trois éditions du festival arrageois, a, avant même d’entrer sur scène, fait passer un message engagé, par l’intermédiaire d’un t-shirt sur lequel on pouvait lire « pas de place pour l’homophobie, le fascisme, le sexisme ni le racisme. » Last Train sait comment on emporte un public, et dès les premières notes, les festivaliers ont dansé, chanté voire crié.  Comme au Main Square, le chanteur du groupe a pris un bain de foule en se faisant porter par le public, pour rester comme en lévitation, le tout en jouant de la guitare. 

En conférence de presse, le batteur de Last Train a confié avoir été rassuré par les têtes familières : « on connaît un peu notre public, et on savait qu’il y avait des gens de Lille, Lyon ou d’Alsace ». Parmi elles, un groupe de Ch’tis. Laurence, la plus enthousiaste de la bande, revient sur la performance du groupe au Main Square : « j’ai trouvé ça super, comme toujours, de l’énergie, de l’émotion, en plus c’était le public du Nord, qui est incroyable ». A côté, Stéphane les a trouvés « plus puissants » qu’en juillet : « après à chaque fois qu’on va les voir, on a l’impression qu’ils montent d’un cran » explique-t-ilD’autres spectateurs ont quant à eux fait un petit clin d’œil à Sylvie Kreusch, qui s’était produite quelques heures avant et qui avait enflammé le public de la Bonne Aventure fin juin, en se faisant passer un ballon sur lequel le nom de la chanteuse était inscrit dessus. 

Le bain du foule du chanteur de Last Train – © Olivier Hoffschir

Pour venir couronner le tout, les Queens of the Stone Age sont venus enflammer la scène principale. La même énergie qu’en 2018, le quatuor a montré qu’il était venu clôturer cette édition avec panache, avec une symphonie de notes et de couleurs. Sur la chanson Time & Place, la foule et le groupe se répondaient au moment du pont, tout comme les couleurs violets et verts illuminant la nuit parisienne. Le public s’est cependant trouvé essoufflé très vite : il est concevable que 5 jours de festival, ça fatigue.

Le Main Square a eu son tour il y a quelques années : « cette nuit, c’est votre p*tain de nuit » a affirmé le chanteur aux festivaliers de Rock en Seine venus en nombre en ce dimanche soir. À la moitié du show, le public donnait de la voix et les headbangs étaient de mise, ce qui collait avec l’intensité de la musique, qui allait crescendo. Les Queens se sont rattrapés sur les interactions avec les spectateurs en deuxième partie de spectacle : le chanteur est descendu de la scène pour aller à la rencontre des fans, et les a même taquinés : « vous l’avez un peu foiré celui-là » . Un des cameramen a aussi eu son heure de gloire, lorsque le vocaliste lui a demandé de chanter une partie du refrain de « I wanna make it true »

D’autres points communs, autres que les artistes

La programmation des deux festivals a inclus des artistes engagés politiquement. Pour le Main Square, c’est entre autres le rappeur nordiste Ben PLG et la.e chanteur.se Adahy qui sont venus parler de sociétés à base de rimes et de messages forts. Pour Rock en Seine, les performances de la chanteuse lesbienne Chappell Roan et celle du groupe irlandais Kneecap (dont le maintien a d’ailleurs fait perdre les subventions de la région Ile-de-France au festival) ont véhiculé des messages progressistes, notamment sur le génocide commis par Israël sur les Palestiniens.

Autre point commun avec le Main Square : les deux festivals appartiennent à des milliardaires américains. Rock en Seine est organisé par AEG Events, détenue en majeure partie par Phillip Anschutz, tandis que c’est John C. Malone qui a une belle mainmise sur le festival nordiste.

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