Une exposition du peintre gazaoui Ahmed Muhanna s’installe à Lille
De lundi à jeudi, l’exposition itinérante gratuite « Gaza : Histoires d’espoir et de résilience » investira le parvis des Droits de l’Homme, Place de la République. Dans cet espace situé dans un camion aménagé sont exposées les créations du peintre gazaoui Ahmed Muhanna.
Sur des cartons d’aide humanitaire, Ahmed Muhanna peint des portraits, des scènes de vie et des messages, avec au centre de son œuvre : l’humanité. L’artiste, toujours à Gaza, donne à voir : « Ces boîtes sont devenues un symbole : les Gazaouis ne les avaient jamais vus avant, et soudainement cela devient leur seul élément de survie » nous explique Alia Zaki, responsable de la communication du Plan Alimentaire Mondial, qui guide la visite.
Ahmed Muhanna et ses peintures humaines
Le fait que la couleur jaune soit présent sur toutes ses peintures n’est pas anodin : c’est la couleur de l’espoir, l’a-t-il expliqué. L’artiste a rédigé lui même les légendes de ses peintures, qui sont notamment traduites en français, en anglais et en néerlandais. Ces dernières entourent les originales écrites en arabe.
Ses tableaux transportent des histoires de vie à des millions de kilomètres de chez elles. Par exemple, sur un carton est peint le jeune Muhammad qui, après avoir perdu son avant-bras suite à une explosion, continue à jouer du violon grâce à son professeur qui a attaché son archet à son keffieh. A quelques mètres, nous retrouvons la silhouette d’une femme de dos, qui s’affaire à faire cuire du pain dans un four dans la rue. Autre scène de la vie quotidienne transposée par les pinceaux d’Ahmad Muhanna : des enfants errant dans les rues, récipients vides en main, à la recherche de nourriture.
Le peintre a également fourni des dessins faits au charbon sur les pages de ses livres, exposés dans de petits cadres. En sortant de cette exposition, les visiteurs tombent pile en face de la citation gravée au sol et dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droit. »
Qu’est-ce que le PAM, organisatrice de ce projet ?
Le Programme Alimentaire Mondial des Nations-Unies était en partie représenté lors de la soirée d’inauguration par Mamar Merzouk, directeur du PAM à Bruxelles. Ce dernier a tenu à appuyer l’humanité de cette exposition : « derrière chaque chiffre, chaque visage, il y a une vie et des rêves ; derrière chaque carton, il y a une vie qui a été sauvée ». Dans son intervention, il a également mentionné la contribution de l’Union Européenne au PAM, qui est de 86 millions.
La PAM apporte également un soutien financier à Ahmed Muhanna tout en lui permettant de garder les droits sur ses peintures, que l’artiste souhaite mettre en vente.
« L’aide à Gaza est constituée principalement de boîte de nourriture » ajoute Abeer Etefa, porte-parole du PAM. Elle rappelle également que la mission « n’est pas politique, elle est humanitaire la priorité c’est de délivrer l’aide alimentaire. » Elle justifie les échanges du PAM avec Israël : « pour bouger les lignes, il faut discuter avec toutes les parties prenantes, ce qui inclut de négocier pour avoir accès. » Elle conclut avec deux chiffres : depuis l’annonce du cessez-le-feu, 500 camions d’aide humanitaire sont entrés à Gaza, et le PAM a besoin de l’entrée de 100 camions par jour pour endiguer la famine, et ne donne pas de date de fin du programme : « on sera là tant que ça sera nécessaire. »
Si Lille est le dernier arrêt de cette exposition, son succès a fait que l’Union Européenne a renouvelé les subventions, ce qui permettra à d’autres œuvres de l’artiste de repartir en mars 2026.
