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Arnaud Deslandes élu maire de Lille, un avant-goût de 2026 ?

Arnaud Deslandes élu maire de Lille, un avant-goût de 2026 ?

Vendredi 21 mars à 16 heures, le conseil municipal extraordinaire a élu dès le premier tour Arnaud Deslandes maire de la ville de Lille. Une élection sans grand suspense, perçue par les oppositions comme un coup politique en vue des municipales de 2026.

Le 7 mars dernier, Martine Aubry annonçait sa démission de son poste de maire ainsi que de ses fonctions à la métropole lilloise. Élue première adjointe en 1995, puis maire en mars 2001, elle a été réélue en 2008, 2014, puis 2020, totalisant ainsi 24 ans à la tête de la ville. Cette longévité est saluée par les Lillois et Lilloises, présents en nombre. La salle est inhabituellement pleine lorsque Jean-Claude Menault, adjoint au maire et président de séance, ouvre ce conseil municipal à 16 heures.

Un conseil très attendu

Après une longue introduction saluant la carrière politique de l’édile démissionnaire, il rappelle les règles du vote : le maire doit être élu à la majorité absolue ; si, à l’issue des deux tours, cette majorité n’est pas atteinte, alors un troisième tour est organisé, cette fois-ci à la majorité relative. Seul le candidat du groupe  “Lille Verte”, Stéphane Baly, s’est porté candidat face à celui de la majorité municipale du groupe “Lille en commun”, Arnaud Deslandes. La candidate et députée Violette Spillebout a retiré sa candidature.

Il est 17 heures lorsque la secrétaire de séance et benjamine du conseil, Beverley Joliet, annonce les résultats : avec 43 voix sur 54, Arnaud Deslandes est élu maire à la majorité absolue dès le premier tour par le conseil municipal extraordinaire. Charlotte Brun est élue première adjointe.

Personnel de la mairie, militants politiques ou simples Lillois venus dire au revoir à Martine Aubry : ils étaient nombreux à s’être rassemblés dans le carré Pierre Mauroy de l’Hôtel de Ville ce vendredi après-midi. C’est le cas de Nell, 20 ans, étudiante à Lille, membre depuis deux ans du conseil lillois de la jeunesse et conseillère de quartier de Fives, qui salue les nombreuses rénovations dans son quartier et les belles rencontres qu’elle a pu faire grâce au CLJ. Dans son premier discours, le maire fraîchement élu reconnaît avec humilité l’héritage de son poste :

 “Je me reconnais dans les valeurs de mes prédécesseurs, mais je sais qu’il me reste beaucoup à prouver.”

Alors que certains s’inquiètent du court délai avant la fin du mandat pour mettre en place des projets concrets, l’adjointe de la majorité Beverley Joliet rappelle que “l’objectif est maintenant de rester sur notre fil conducteur, d’être au plus proche des Lilloises et des Lillois, et de mettre en œuvre le programme.”

Des oppositions très critiques

Bien qu’élu à la majorité absolue, ce scrutin est vivement critiqué par les oppositions municipales. Notamment par Violette Spillebout, présidente du groupe “Faire respirer Lille”, candidate lors de ce conseil municipal, qui dénonce “l’entre-soi d’un pouvoir qui s’éteint” avant de retirer sa candidature “pour ne pas être complice de cette mascarade où les jeux sont déjà faits”, donnant ainsi rendez-vous à ses électeurs en 2026.

Dans le public, Louis Delemer, candidat pour la liste Lille au cœur à la prochaine élection municipale, dénonce une “stratégie politique visant à faire connaître et rendre légitime un candidat qui vivait jusque-là dans l’ombre de Martine Aubry. Pour lui, le nouveau maire devra faire preuve de beaucoup de courage afin de concilier son nouveau mandat, la campagne pour 2026 et les querelles internes de son parti.

En effet, bien qu’élu maire, Arnaud Deslandes n’est toujours pas le candidat naturel du Parti socialiste. C’est ce que rappelle le député socialiste et candidat déclaré pour les municipales, Roger Vicot, sur ses réseaux sociaux : Tous les Lillois choisiront leur maire dans un an, et les militants socialistes leur tête de liste dans sept mois. Pourtant, l’adjointe de la majorité Beverley Joliet temporise : “Pour la fin du mandat, on reste rassemblés, on travaille ensemble. L’élection du candidat de notre parti se fera en novembre, donc on verra d’ici là qui se présentera, mais pour l’instant, ce n’est pas la priorité.”

Un avant goût de 2026

Arnaud Deslandes, issu de la majorité municipale, s’inscrit dans la continuité socialiste de Lille. Le Parti Socialiste détient la ville depuis l’élection de Gustave Delory en 1919 [alors sous l’étiquette de la SFIO, ndlr], sans discontinuité ou presque, puisque le candidat gaulliste René Gaifie (1947-1955) a été élu maire en 1947. Depuis, Lille n’a pas connu de maire non socialiste. Pourtant, en 2020, lors des dernières municipales, la mairie a failli basculer chez les Verts à quelques voix près.

Une chose est sûre : entre les socialistes qui n’ont pas encore de candidat naturel, l’écologiste Stéphane Baly, si proche de la victoire en 2020, qui espère faire mieux, les Insoumis arrivés en tête aux élections européennes de 2024, et la droite ainsi que les macronistes qui espère profiter de la division de la gauche, les prochaines élections municipales s’annoncent déterminantes pour l’avenir de Lille.

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