Interview : MDNS, “C’est qui les vrais fous dans l’histoire ?”
Lorsqu’on lui demande quel lieu lui tient à cœur, c’est ici, dans son studio au centre de Lille, que MDNS nous accueille. Celui qui se définit comme un artiste “post-punk” se livre sur les thématiques majeures de Posthume, son dernier album.
Comment travaille-t-il ? De qui s’entoure-t-il ? Comment la musique a changé sa vie ?
Plongez avec nous dans l’univers de MDNS, en allant directement dans sa “salle du temps” pour découvrir le lien très profond qu’il entretient avec la musique.
Pépère News (PPR) : Aujourd’hui nous t’avons donné rendez-vous dans un lieu qui a du sens pour toi et tu nous as amenés ici, peux-tu nous expliquer où on est ?
MDNS : On est chez Moon Rock Studio qui est situé à Lille. C’est un lieu que je kiffe parce que c’est un peu ma salle du temps. Je bosse beaucoup dans ma chambre mais si je veux faire de bonnes prises c’est ici que je viens.
PPR : Tu viens ici de manière régulière ou sur un coup d’inspiration ?
MDNS : Je crée tout ici, je ne me dis pas chez moi “j’ai une idée je vais aller au studio”. Je viens plutôt sur un coup de tête en me disant “je vais au stud’ et on va voir”. Ou quand il y a des potes qui sont déjà là, je les rejoins et puis on fait du son ensemble.
PPR : Est-ce que tu as un rapport particulier à la scène ?
MDNS : Ouais, je fais du son pour ça. Si tu fais du rock et que tu ne fais pas de la scène t’es un peu fake. Moi ça me fait trop kiffer. […] En fait, tu te rends compte à quel point tu touches les gens. Pendant tout mon set le public chantent par cœur mes morceaux et ça te donne de la force de fou. Il y a des gens qui m’ont dit “tu m’as sauvé la vie mec”. Il y en a un autre qui m’a dit “je me suis barré de l’hôpital psychiatrique pour venir te voir”. C’est très émouvant.
PPR : Au fil des années, les sonorités de tes morceaux évoluent. En revanche, les thèmes abordés reviennent généralement. Par exemple celui de la folie, qui est un sujet majeur de ton album Posthume. Comment définirais-tu ta folie ?
MDNS : En fait, c’est plus pour dire que ce n’est pas nous les fous finalement. C’est les autres et le monde qui est fou. Quand tu regardes le monde extérieur, entre Trump qui fait n’importe quoi, qui veut prendre Gaza et l’autre [Elon Musk, ndlr.] qui fait un salut nazi, tu te demandes qui sont les fous. Entre nous qui essayons juste de kiffer notre vie et eux, qui sont en train de détruire notre monde et qui nous rendent vraiment malade au point d’aller à l’hôpital psychiatrique. En fait, qui sont les vrais fous dans l’histoire ? C’est plus comme ça que je retransmets la folie.
PPR : Pourquoi avoir choisi ce titre pour ton album ?
MDNS : Parce que j’étais mort quand je l’ai conçu. Donc il n’y a que du bon qui peut en ressortir. Ça fait quelques années que je suis en train de revivre donc c’est cool.
PPR : Il y a une partie de toi qui est morte avec cet album ?
MDNS : Pas morte, parce que c’est quand même moi mais j’aimerais bien passer à autre chose. Posthume c’est très spécifique : c’est une période de ma vie, où j’étais vraiment pas bien. Cet album est sorti de mes larmes, de mes tripes et aujourd’hui je pense tendre vers autre chose.
Pour en découvrir davantage sur MDNS, vous pouvez regarder l’interview filmée dans son intégralité.
