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Stationnement payant à Bois-Blanc : une mesure qui fait débat

Stationnement payant à Bois-Blanc : une mesure qui fait débat

Horodateur à Bois-Blanc

Depuis le 7 janvier 2025, le stationnement payant a été étendu au quartier de Bois-Blanc à Lille. Décidé par le conseil municipal de Lille en septembre 2022, cette mesure a pour objectif de réduire la congestion routière et d’inciter les automobilistes à utiliser des modes de transport alternatifs. À l’exception de Lille-Sud et du Faubourg de Béthune, le stationnement est dorénavant payant dans tous les quartiers lillois. 

Le 6 janvier, Madame Carin se rend à l’horodateur pour souscrire à un abonnement, la veille de l’entrée en vigueur de cette nouvelle mesure. Elle vit à Bois-Blanc depuis douze ans et n’a jamais dû payer pour se stationner devant son domicile. Comme de nombreux résidents et professionnels, elle est contrainte de s’adapter à cette nouvelle mesure, s’inscrivant dans la politique de mobilité de la Ville de Lille.

Il existe quatre zones tarifaires lilloises ayant chacune leur propre objectif. Hormis l’avenue de Dunkerque, Bois-Blanc fait partie de la zone verte. Les tarifs y sont moins élevés que dans Lille-Centre et le Vieux-Lille. Les résidents et professionnels peuvent bénéficier de tarifs préférentiels. Le tarif résidentiel classique s’élève à 25 euros par mois. En fonction de leur revenu fiscal de référence, les résidents peuvent bénéficier d’un tarif solidaire s’élevant à 10 euros ou 15 euros par mois. Les tarifs pour les professionnels s’élèvent à 76 euros par mois.

Avec cette extension, la Ville souhaite encadrer un meilleur partage de l’espace public, inciter à l’usage des modes de transport alternatifs, renforcer l’activité économique et réduire la pollution. Une enquête mobilité conduite par la Métropole Européenne de Lille (MEL) en cours pourra évaluer l’efficacité de cette mesure. 

Des réactions mitigées

Pour certains, le stationnement payant n’est pas accueilli avec enthousiasme. Certains habitants s’opposent à cette nouvelle norme, comme Madame Carin. Elle travaille à Marcq-en-Baroeul, ce qui la contraint de se déplacer en voiture. La voiture raccourcit considérablement son trajet, qui serait d’une heure si elle prenait le métro. Or, elle est favorable à l’idée de faire payer les non-résidents, afin de libérer plus de places pour les résidents. “Même si on a un tarif préférentiel, 25 euros par mois, je trouve que c’est inadmissible de devoir payer pour se garer devant chez soi”, dit la résidente. Vincent Biebiora, passant à Bois-Blanc, se déplace en vélo et se prononce favorable au stationnement payant, car les voitures prennent une place trop importante.

Roger Vicot, député socialiste de la onzième circonscription du Nord, estime que l’instauration de stationnement payant est importante dans la lutte contre le réchauffement climatique. Mais il exprime un désaccord sur la hauteur du tarif solidaire, trop élevé, selon lui, pour les foyers les plus modestes. Dans une perspective sociale, il préconise le stationnement gratuit pour les foyers non imposables. Afin de limiter le stationnement d’une voiture pour une durée prolongée, il se dit favorable à un stationnement limité autour des arrêts de bus ou des stations de métro. Le stationnement limité à Lomme avait entraîné en moyenne 400 à 500 véhicules “ventouses” de moins par semaine.

“Nous devons garantir un cadre de vie plus agréable pour les Lillois, tout en veillant à ne pas les pénaliser financièrement. Une politique de stationnement juste et équilibrée est essentielle pour concilier mobilité, qualité de vie et justice sociale”, conclut-il.

Une mesure déjà critiquée dans les autres quartiers lillois

L’extension du stationnement payant à Fives et à Saint-Maurice Pellevoisin en octobre 2024 a suscité des oppositions et des demandes de rectification par les acteurs politiques locaux. En effet, le groupe politique Lille Verte a jugé l’extension peu sociale. Il réclame un tarif résident solidaire inférieur à celui fixé par la Ville, ainsi qu’un malus pour les véhicules les plus polluants. Il reproche à la Ville d’avoir mené une campagne de communication insuffisante.

Suite à l’extension du stationnement payant, Ugo Bernalicis, député insoumis de la deuxième circonscription du Nord s’est prononcé contre cette mesure, jugeant qu’elle aggrave les inégalités sociales. Comme alternative, il préconise l’amélioration des transports publics et leur gratuité pour réduire le recours à la voiture comme mode de transport.

Le stationnement payant dans presque toute la ville a suscité du mécontentement, poussant la Mairie à accorder des concessions. Dans la zone azur, qui correspond principalement à des rues commerçantes, la gratuité a été étendue à une heure contre une demi-heure avant le 6 janvier 2025.

Le stationnement reste gratuit entre 19 heures et 9 heures, le dimanche et les jours fériés.

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