Thomas Ruyant : le retour semé d’embûches du Dunkerquois aux Sables d’Olonne
Ayant débuté le 10 novembre 2024, la dixième édition du Vendée Globe s’est officiellement achevée samedi 8 mars 2025, durant laquelle deux skippers français se sont démarqués : Charlie Dalin et Violette Dorange. Le Dunkerquois Thomas Ruyant à quant à lui mis pied à terre le 25 janvier, après toute une série d’épreuves.
Acclamé lors de sa remontée du chenal, Thomas Ruyant, l’un des grands favoris de la course, s’est positionné à la septième place après une traversée de 75 jours, 16 heures et 47 minutes. Vainqueur de la Transatlantique Jacques Vabre en 2021 et 2023 puis de la route du Rhum en 2022, le skipper n’en est pas à sa première course ni à sa dernière.
Une série de difficultés
Espérant être victorieux de cette édition, le skipper a fait face à toute une série d’imprévus qui ont freiné son avancée. En effet, dès les premiers jours, une voie d’eau a été détectée à l’avant de son voilier, l’obligeant à effectuer une réparation. Puis, la perte de son J2, voile essentielle pour remonter l’Atlantique, a limité sa vitesse et son avancée. “Le vent est monté brutalement à 50-60 nœuds, et la voile a explosé. J’ai dû revoir ma stratégie, ce qui m’a coûté beaucoup de temps” explique le navigateur. Viennent s’ajouter à cela tout un ensemble de tempêtes, d’avaries qui ont été difficiles pour Thomas Ruyant mais aussi pour “tout le monde.”
Toutefois, malgré ces défis majeurs, il a élaboré des stratégiques, notamment dans l’Océan Indien où il a pris “une décision difficile en évitant une dépression” laissant une marche d’avance à Charlie Dalin. Mais ce sont ces choix réfléchis qui lui ont permis de se “préserver et protéger le bateau” tout en maintenant une bonne position jusqu’à son arrivée. “Je suis très fier d’avoir terminé, en gardant l’énergie que je voulais mettre du début à la fin.”
Un voilier symbolique
À bord de l’IMOCA Vulnérable (voilier monocoque de 60 pieds soit un peu plus de 18 mètres). Ce bateau conçu par Antoine Koch et le cabinet Finot-Conq est l’un des plus performants de cette dixième édition alliant performance et fiabilité. L’IMOCA possède une carène (partie immergée de la coque d’un navire) très marquée, tendue sur l’arrière et fine, offrant une réserve de puissance. Des innovations techniques sont aussi visibles sur ce voilier, dont la forme du pont, qui a été repensée pour améliorer l’évacuation de l’eau. Le cockpit a, lui aussi, été remodelé dans le but de faciliter les manœuvres et favoriser le confort du skipper.
Cependant, au-delà des aspects techniques, l’IMOCA porte un message symbolique s’inscrivant dans un contexte mondial : “Nous sommes tous vulnérables”, message fondé par Alexandre Fayeulle, président et fondateur d’Advens. Ce slogan au sens plus large nous fait comprendre qu’on doit changer notre regard sur la vulnérabilité de l’humain et de la planète pour rendre un changement durable possible. C’est bien ce message qui a guidé Thomas Ruyant pendant sa traversée “sur un bateau qui [lui] ressemble.” Après son abandon en 2016 lors de la huitième édition, il n’était pas question pour lui de se laisser abattre face à ces contre-temps.

Finalement, le parcours de Thomas Ruyant lors de cette édition du Vendée Globe nous rappelle que ce tour du monde en solitaire n’est pas seulement une démonstration de performance, mais également un signe d’intellect de la part du skipper. Porteur de ce message, il a réussi à s’affranchir de sa vulnérabilité grâce à sa résilience, marquant son engagement sans faille.
