Jungle Sauce, le meilleur condiment électro du Nord
Ils défoncent tout, au sens figuré comme littéral. Bon on exagère, les toiles des transats sur lesquels les membres de Jungle Sauce s’étaient assis pour leur interview avec le Pépère News lors du Main Square étaient déjà endommagées. Pour ce qui est de la scène, ils se lâchent et entrainent le public avec leur énergie débordante.
Le trio électro lillois est venu faire danser les festivaliers à la tombée de la nuit vendredi soir, en interprétant Carton Gris ou PCC. Tout comme le nombre de spectateurs, l’ambiance est montée crescendo, faisant exploser le pit à la fin de leur performance.
Lille, leur ville
Le groupe qui s’est rencontré à l’école de musique de Lille est né en janvier 2022, nous explique Marin, pianiste et percussionniste du groupe : “On est passés par plein d’étapes, musicales et artistiques. Au bout d’un an et demi, on a commencé à trouver ce qu’on voulait faire et raconter”. Leurs chansons n’ont pas de paroles, mais leurs notes disent tout, et réussissent à transmettre leur message : “On veut défendre ce truc qui est assez présent dans les musiques électro, qui est de représenter tout le monde, que chacun se sente safe, se sente bien, et aussi de faire voyager les gens pour qu’ils se sentent bien” détaille le pianiste.
C’est Lille qui a vu naître le groupe, et c’est aussi elle qui l’a vu se produire pour la première fois devant un grand public à la mythique salle de concert lilloise L’Aéronef, en février. Mathis, le guitariste, se souvient de ce moment : “C’était trop bien, y’avait la fameuse ambiance du public du Nord, y’avait tous nos copains et nos copines, en plus il a neigé après donc ça a donné une vibe film de Noël, magique”. Cerise sur le gâteau, ils faisaient la première partie du groupe TUKAN, Jungle Sauce déclarant à propos de ce dernier : “Il nous a vachement influencé depuis le début, on est tous très fans et on écoute beaucoup, c’est un peu nos superhéros à nous quoi”.
Raphaël, le batteur de Jungle Sauce, revient également sur l’impact que cette date a eu sur le groupe : “C’était une des premières dates qui nous a permis de nous rendre compte qu’on ramène du monde et qu’on a aussi un petit public, parce que des gens avaient aussi pris des billets pour nous voir”. Cette date était d’autant plus significative car “c’était notre premier concert avec Thomas, notre ingé lumière, et Adèle, qui nous a rejoint pour s’occuper de notre merch, c’était vraiment une date complète” conclut Raphaël.
Ils n’hésitent pas à encenser les artistes qui se produisent au Bastion, et on remarque un vrai soutien entre les artistes du Nord : “C’est agréable de partager la scène avec ces personnes importantes dans la culture lilloise” confie Raphaël. En allant s’installer pour l’interview, ils ont complimenté et étaient heureux de voir le groupe Hamada, premier à se produire sur la scène du Bastion. Pendant leur performance, que l’artiste Adahy est venu regarder, ils ont confié au public être “super contents de jouer après Dalaïdrama !”.
Le Main Square, la p’tite touche qui régale
Le trio ne cache pas sa joie en parlant de leur programmation au Main Square : “C’est LE festival de la région, il est très attendu, et là on a eu l’opportunité d’y jouer, donc on est trop contents, très pressés et pas trop stressés” explique Raphaël. Mathis apporte un soupçon de nuance : “Peut-être que dix minutes avant ça va commencer à monter, mais là il fait beau, on est au soleil, on kiffe !”.
Le Main Square n’est pas leur premier festival de l’été, comme l’explique Marin : “On a eu la chance de jouer à La Bonne Aventure à Dunkerque il y a deux semaines, et on est ravis de commencer cette saison des festivals en y jouant.” Bien sûr, qui dit contact avec le public dit anecdotes. Le batteur nous partage la plus récente : “Hier, quelqu’un m’a demandé de faire une photo “avant que ça coûte trop cher”. Je trouve cette phrase absolument absurde, dans le bon sens du terme, parce que on est que nous, on n’a pas des milliards de fans, mais c’est toujours trop cool de les voir et de partager ces moments avec eux”.
Les musiques que le public a entendues sont le fruit de leurs influences respectives, comme explique Marin : “On a tous un bagage musical assez différent, et ce qu’on a gardé des influences de chacun a rendu la création un peu plus compliquée, mais la musique est bien plus riche que si l’on avait eu la même influence”. Raphaël développe : “Mathis c’est plutôt rock classique, je dirais que Marin c’est jazz et électro, et pour ma part, y’a un fond de métal et de techno, et tout ça mélangé ça fait nous”.
Un concert chaud bouillant
Leur set n’avait pas encore commencé qu’une dizaine de personnes s’était rassemblée à la barricade pour danser sur la répétition du groupe. Ils étaient donc bien échauffés pour le spectacle, mais n’étaient pas prêts pour Jungle Sauce, qui en a mis plein les yeux et les oreilles. De deux pour cent au début du concert, on est monté à dix mille pour cent pour la chanson finale.
Comme tout artiste qui se respecte, Jungle Sauce a ramené un guest pour son show. Un chat, à l’apparence pas très sympa, est venu mettre le bazar sur scène en harmonie avec l’énergie du groupe, un teaser efficace pour leur nouvelle chanson intitulée…Vilain Chat. À la fin de leur performance, Kylian et Élise, festivaliers d’une vingtaine d’année, partagent leur ressenti : “On est arrivés à la fin, mais vraiment l’ambiance a tout fait : les mecs étaient à fond et c’est incroyable !” s’exclame Kylian. Élise ajoute “ils kiffent ce qu’ils font et ils le font ressentir, donc on est embarqués de suite”.
Nous retrouvons Mathis à la fin de la performance : “C’était trop fun !” confie le guitariste, avant d’expliciter : “On a l’habitude de jouer dans des caves ou les gens sont à cinq centimètres de nous, donc ça faisait un peu bizarre au début, après le monde s’est rajouté au fur et à mesure, et c’était cool que la scène soit grande”. À quelques mètres de lui, au stand de merch, Adèle discute avec d’autres festivaliers. Elle qui a fait quasiment toutes les dates et qui gère la vente des t-shirts et autocollants à l’effigie du groupe nous parle de leur prestation : “Là, au Main Square ils ont particulièrement bien joué, je pense que jouer la nuit a participé au fait qu’il y ait plus d’ambiance parce que les gens se permettent de plus danser et de plus profiter”.
Pour la suite, Jungle Sauce a une multitude de projets. Celui qui arrive le plus vite est leur premier EP qui sortira en septembre, mais le principal, comme l’explique Raphaël, c’est de jouer devant un public le plus possible et dans le plus d’endroits en France et en Europe : “On vient du live et c’est un vrai kiffe de jouer, donc l’objectif pour l’année prochaine c’est aussi de jouer le plus possible en festival parce que c’est là où on rencontre le plus de gens”. Hors musique, ils espèrent pouvoir un jour “créer une sauce, parce que vu notre nom ça serait incroyable, mais avant il faut déjà trouver qu’est-ce qu’on met dans cette sauce et sous quelle forme”. Si cette sauce voit le jour, on espère qu’elle nous fera autant vibrer que la musique du trio.
