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Le Main Square, aussi made in U.S.A

Le Main Square, aussi made in U.S.A

Cette année, le thème n’était pas Daisy Jones and the Six, mais Main Square and the Six. Les artistes états-uniens à se produire étaient au nombre de six, plus d’une demi-équipe de foot. C’est le double de l’année passée. La composition était la suivante : 2-3-1, avec comme objectif de marquer le plus de buts dans le coeur des fans.

Il y avait un drapeau de la Bretagne qui flottait au coeur de la citadelle d’Arras au Main Square, mais pas de drapeau des États-Unis en vue. Pourtant, la programmation de la 21e édition du Main Square proposait des artistes outre-atlantiques. Retour sur ce petit côté Yankee du festival.

Vendredi, c’est métal et pop-country 

La première à fouler le terrain arrageois était la chanteuse de pop-country Dasha. L’artiste qui a débuté en enregistrant des chansons pop a pris un virage soudain vers la musique country en 2023 avec le titre Austin, qui a cartonné sur TikTok. Une dizaine de minutes avant le passage de Dasha, Agathe et son amie Alice sont près de la barricade. L’une d’entre elles sort son téléphone : “Je vais écouter quelques unes de ses chansons, voir ce qu’elle fait”. Elle appuie sur le premier titre qui se présente, et les premières notes d’Austin retentissent : “Oh mais je connais !” s’exclame Agathe.

La native de Californie a revêtu une robe noire transparente et des bottes de cow-boy en cuir rouge.  Elle a interprété pour ce sbow des titres inédits, dont un dédié à sa version enfant, intitulée Oh, Anna ! (son prénom de naissance) et repris la chanson Here for the Party de Gretchen Wilson. Malgré les insectes qu’elle a avalé à plusieurs reprises lors de sa performance, elle a affirmé être “très heureuse d’être ici” et a déclaré les festivaliers “meilleurs que les États-uniens” au regard de l’animation que mettait le public arrageois, charmé par Dasha.

Quelques heures plus tard, ce sont les légendaires métalleux Deftones qui ont ravi le Main Stage. Ils ont fait d’une pierre deux coups : enflammant le public venu en nombre, ils lui ont prouvé qu’ils méritaient leur Grammy Award. Le groupe qui existe depuis 37 ans a connu des départs et des arrivées, chacun a ajouté sa patte, et cela donne une excellente représentation qui a laissé les fans du groupe avec un énorme sourire à la fin du concert, après avoir entendu les versions live de Rosemary ou Minerva.

Deftones a mis le paquet : flashs, fumée, effets vidéos sur les écrans qui retransmettent leur performance pour les festivaliers éloignés de la scène, et vidéos d’animation en arrière-plan. La scénographie est simple sans être sobre. Bien sûr, que serait un concert de métal sans pogo ? On espère qu’à minuit, les participants du mosh pit ne se sont pas retrouvés comme Cendrillon, avec des effets personnels en moins.

L'artiste pop Dasha au Main Square
Dasha sur la scène du Main Stage © Jérôme Pouille/ Mainsquare Festival

Samedi, une bulle de pop rock

Le lendemain, c’est au tour de David Kushner d’inaugurer les performances des artistes états-uniens. Révélation des réseaux sociaux et résident de Californie, tout comme Dasha, lui ne parle pas de rupture, de relations toxiques avec les exs dans ses chansons. Il aborde principalement ses relations romantiques, en mêlant dans ses mélodies mélancoliques sentiments et éléments de sa foi chrétienne. La première chose qui frappe chez ce chanteur : sa voix très grave qui contraste avec ses traits que l’on pourrait décrire d’angéliques si l’on se base sur les critères de beauté de notre société.

Il arrive sur le Main Stage, chemise courte beige, jean bleu et lunettes de soleil, une tenue en adéquation avec le temps : chaud mais avec un léger vent, et le soleil qui pointe parfois le bout de son nez, lorsque la mer de nuages le permet. Il livre au public une performance de ses titres les plus connus (Mr Forgettable, Daylight et Miserable), d’autres moins connus comme Sweet Oblivion, et même des inédits (on vous spoil pas, non mais oh). Ce qu’on peut vous dire, c’est qu’il a interagi avec le public sur le “popolopopopopo” typiquement français.

Une heure après, Gracie Abrams entre en scène, jouant de la guitare, grand sourire aux lèvres et interagissant dès les premiers instants avec les fans. “C’est la première fois qu’on se produit ici, merci beaucoup pour l’accueil« , remercie-t-elle après avoir chanté quelques titres. Les fans absolus étaient devant la scène, à leur places durement obtenues, une voire plusieurs heures avant. Certains étaient venus de Paris, d’autres des Pays-Bas.

L’artiste s’est également montrée vigilante : elle a demandé deux fois à la sécurité d’intervenir dans la foule pour aider des membres du public impactés par la chaleur et rassurer un festivalier qui attendait les secours. Elle est restée très Close to les festivaliers *, y compris lorsqu’elle a chanté ses plus grand tubes tels que That’s So True ou I miss you, I’m sorry. À la fin, les fans étaient aux anges, comme Maurine, qui, des étoiles dans les yeux et de l’admiration plein la voix, confie : “J’ai adoré, c’était trop cool ! C’est la première fois que j’arrive à être devant au Main Square, en plus pour Gracie donc, wow.

*Référence à sa chanson Close to you

David Kushner sur la scène du Main Stage © Jérôme Pouille/ Mainsquare Festival

Dimanche, Mark Ambor, dernière ancre outre-atlantique

Pour le dernier jour, c’est Mark Ambor qui clôturait le bal des chanteurs américains sur la scène de la Green Room. Températures plus fraiches obligent, c’était veste et jean en termes d’outfit. Le chanteur de 28 ans a lui aussi connu la célébrité grâce aux réseaux sociaux, avec le refrain de sa chanson Belong Together, qui a explosé sur TikTok avant même la sortie du titre.

En ce dimanche pluvieux, le New-yorkais est venu remettre le soleil dans l’esprit des festivaliers. Après une compilation de vidéos de sa jeunesse, il a transmis de bonnes ondes à la foule. Dès les premières paroles, le public a levé les mains en l’air et les a balancées de droite à gauche.

Au programme, titres originaux mais aussi une reprise de Viva la Vida du groupe britannique Coldplay. Lui qui avait déclaré au micro d’Europe 2 vouloir mettre de l’ambiance dans la foule, c’est pari réussi. Au moment d’échanger sa guitare contre un ukulélé, le chanteur a eu droit au “popolopopopo” bien français. En réponse, la foule a reçu un coeur de ses mains et un immense sourire. Au vu de la réceptivité du public à ses chansons, il est clair que Mark Ambor et le Main Square vont main dans la main.

Mark Ambor
Mark Ambor sur la scène de la Green Room © Jérôme Pouille/ Main Square Festival

Le côté américain du festival, aussi en arrière fond 

Morale du Main Square : les Français ont convaincu les artistes pop états-uniens à réinvestir la scène arrageoise. L’argent généré par ce festival revient en partie au milliardaire américain John C. Malone, présent dans la sphère politique américaine. Actionnaire majoritaire de Live Nation, organisatrice du festival, il détient d’autres sociétés du monde de la culture, comme indiqué sur une cartographie faite par StreetPress en partenariat avec le Syndicat des Musiques Actuelles parue en mai 2025.

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