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À Lille, une France insoumise isolée croit en ses chances

À Lille, une France insoumise isolée croit en ses chances

Lahouaria Addouche, au centre, entourée des cadres du parti insoumis, Mathilde Panot et Manuel Bompard. ©Tiago Lopes--Bouvier

Ce lundi 9 mars, la liste insoumise a réuni quelques 800 personnes pour son meeting au Bazaar Saint So, à Lille. Sur la scène, la candidate Lahouaria Addouche, accompagnée notamment de Manuel Bompard et Mathilde Panot, a dressé un bilan de sa campagne, tout en se plaçant “seule contre tous”, dans la course au Beffroi.

Siamo tutti antifascisti, la Marseillaise, l’Internationale, repris debout et en cœur : les Insoumis ont fait le plein de confiance à six jours du premier tour des municipales. Pour Aurélien Le Coq, député insoumis de la première circonscription du Nord, c’est à une véritable démonstration de force” à laquelle ont assisté les quelques centaines de militants présents. À travers slogans, phrases fortes et discours fédérateurs, La France insoumise tente de créer la rupture dans ce qu’ils appellent un moment de bascule”.

Public Meeting LFI Lille
Entre 800 et 1 000 personnes se sont réunies au Bazaar Saint So pour le meeting de LFI. © Tiago Lopes-Bouvier / Pépère News

Lorsque la violence verbale devient physique

Patrick Proisy, maire sortant et candidat à l’élection municipale de Faches-Thumesnil, était présent lors du rassemblement. Il est, entre autres, revenu sur l’attaque fasciste dont sa ville a été le théâtre la semaine passée. Des individus ont attaqué un meeting insoumis, lançant du liquide rouge sang ou encore de la farine sur le public mais aussi sur la scène. Patrick Proisy parle d’une transformation de la manière de faire la politique : “Jusque-là, nous étions habitués aux violences verbales (…), aujourd’hui on s’en prend aux élus locaux, au premier échelon de la démocratie”.

En réaction à cela, LFI parle d’urgence à se défendre, à résister face a une extrême droite toujours plus violente, en proposant notamment la création d’un front commun, un réseau de ville antifasciste, antiraciste, féministe. Lieux d’accueil pour les personnes victimes de discrimination, des mairies qui se portent partie civile et accompagnent les plaintes, la fermeture des lieux de regroupement de l’extrême droite… La tête de liste, Lahouaria Addouche, a elle-même été la cible d’insultes racistes, misogynes et même de menaces de mort lors de la campagne électorale.

Une liste issue de la société civile

Dans ce contexte, LFI fait bloc derrière sa candidate. Dans son discours, Lahouaria Addouche tente de parler à tout le peuple, cela en se présentant comme la seule alternative possible, crédible. L’idée ressortie était de se placer comme différent des autres propositions. La tête de liste insoumise rappelle en effet que son équipe est composée de profils issus de la société civile : ouvriers, salariés, étudiants, militants, syndicalistes… elle dit ne pas parler au nom du peuple, mais « être le peuple ».

Consciente d’être dans un bastion socialiste, elle n’hésite pas à décrire le vote insoumis comme un vote courageux”, le seul vote efficace à ses yeux. En ce sens, elle oppose LFI à tout le reste de l’échiquier politique, et tout particulièrement aux socialistes. La lutte locale est pour eux indissociable du national, et cela a été rappelé dans une critique globale du Parti socialiste. Aurélien Le Coq s’est notamment employé à attaquer le maire de Lille Arnaud Deslandes. Il revenait sur la non-censure du budget de la sécurité Sociale de son parti, mettant en exergue l’idée que si les socialistes se plient à la macronie à l’Assemblée nationale, il en serait de même dans la MEL. Surnommant le maire sortant François Deslandes”, il dénonçait son hypocrisie” et sa mollesse, comparable, selon lui, à celle de l’ancien président français. 

LFI use donc d’une stratégie de rupture avec l’extrême droite, la macronie et leur complice”. Cependant, la candidate n’exclut pas une alliance avec les Écologistes pour le second tour : L’adversaire c’est la droite, et je tendrai la main aux Écologistes si on doit les battre ensemble”.

Lahouaria Addouche Candidate mairie Lille
Lahouaria Addouche, la candidate de la France insoumise, face à son public. © Tiago Lopes-Bouvier / Pépère News

LFI, seule opposition crédible ?

Les élections municipales lilloises du 15 et 22 mars 2026 seront les deuxièmes auxquelles la France Insoumise participera. En 2020, le résultat avait été peu probant avec seulement 8,4% des votes au premier tour. Les sondages pour cette année placent Lahouaria Addouche et sa liste en deuxième position, ex æquo avec la liste écologiste, avec 19% des intentions de vote, loin derrière la liste socialiste, créditée à 26%, selon un sondage Cluster 17 pour Politico*.

Si elle n’est pas favorite, la liste insoumise a toutefois le vent en poupe et chaque nouvelle estimation la place un peu plus haut. Par ailleurs, la présidente du groupe à l’assemblée nationale, Mathilde Panot, rappelle qu’à Lille, LFI est sortie en tête des scrutins à l’élection présidentielle de 2022, mais aussi aux européennes de 2024. C’est donc la confiance qui primait lors de ce meeting. Lahouaria Addouche et ses camarades” pensent avoir leur carte à jouer ce week-end et la semaine prochaine, mais pas que. Ils considèrent, en effet, que gagner une ville telle que Lille permettrait de créer une place forte pour eux, ce qui pourrait avoir des effets bénéfiques sur la présidentielle de l’an prochain.  

(*) Sondage réalisé par Cluster 17 pour Politico, du 3 au 6 mars 2026, via des questionnaires auto-administrés en ligne, auprès d’un échantillon représentatif de 773 personnes de la population de Lille.

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