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Présidentielles 2027 : A Lille, Horizons tente de mobiliser ses troupes

Présidentielles 2027 : A Lille, Horizons tente de mobiliser ses troupes

1.600 soutiens d’Horizons se sont donné rendez-vous, dimanche 16 mars, au Grand Palais de Lille pour échanger sur “la méthode et le programme” à venir d’Édouard Philippe en vue des élections présidentielles de 2027. Les ovations, les chants au rythme de “Philippe Président” et la bière offerte en illimitée ont donné lieu à un meeting “inspirant”. 

Dans la continuité du précédent congrès interrégional à Bordeaux le 26 janvier, le parti de centre-droit a réuni ses cadres et des élus du Nord à Lille. Édouard Philippe, candidat officiel pour 2027, rappelle qu’ils ne sont pas là pour dévoiler le programme présidentiel d’Horizons, lequel sortira “en mai 2026”, mais pour échanger. Toutefois, ce congrès est organisé dans un contexte de tentions entre E. Philippe et François Bayrou par rapport au conclave sur les retraites, mais aussi dans une temporalité où les sujets internationaux prennent le pas sur ceux nationaux.

Un brouhaha d’impatience

A 13h30, heure des portes ouvertes, c’est dans un vaste hall qu’on patiente avant d’entrer dans la salle du meeting. Pour occuper, une télé diffuse des discours du président du parti et chaque région réunit ses membres pour prendre une photo. Plusieurs adhérents participent pour la première fois à un évènement politique de ce genre, comme Alysée, habitante de Roubaix qui soutient l’action de l’ancien Premier ministre depuis qu’il occupait ce poste, au point d’avoir acheté un Stanley Cup [une tasse isotherme, ndlr.] du parti vendu 62€. Elle est venue pour voir si elle est “toujours en phase avec les idées du parti”. Alysée se retrouve “dans tous les aspects du parti”, surtout sur l’éducation où Horizons porte “une forme de modernité et d’optimisme”. Louis, originaire de Montpellier, gère le stand des produits mis en vente pour les militants. C’est la première fois qu’il est engagé dans un parti et se plaît au sein d’Horizons pour les mesures “d’ordre dans les comptes et dans la rue”. Les personnalités politiques arrivent petit à petit, telles que Claude Malhuret, président du groupe Indépendants au Sénat, qui justifie sa présence : “Si on ne vient pas, on ne fait pas notre boulot.” C’est dans une sorte de grand cinéma que sont invités à s’asseoir les adhérents. Le plan est précis : les Jeunes Horizons dans l’allée principale pour accueillir M. Philippe, les élus au 1er rang et les journalistes tout au fond.

M. Darmanin s’affirme chez ses alliés

Un premier film est diffusé sur un écran géant pour retracer l’histoire du parti, avant que des ministres, députés, maires et conseillers municipaux prennent la parole pour euphoriser la salle. La branche jeunesse d’Horizons en profite pour chanter Les Corons et brandir les drapeaux français et européens. Tous promettent “un programme massif” en vue des échéances à venir. Gérald Darmanin, ministre de la Justice et membre de Renaissance, revêt sa caquette d’économiste pendant un instant. En effet, il liste une série de mesures en faveur de “l’innovation et du libéralisme”, comme en proposant “d’empêcher la lutte des classes encouragée par les extrêmes” ou de mettre en place “un système de retraite par capitalisation”, qui est “le seul capable de garantir notre système social.”

Édouard Philippe prêt à “cheffer”

Le thème qui revient le plus souvent est la question internationale avec la guerre en Ukraine. Maxime, originaire de Fontainebleau, se réjouit des “prises de position et du recul sur la question internationale qu’a E. Philippe”. Pendant son discours d’environ 40 minutes, le candidat à la présidentielle aborde ce sujet dans les débuts en affirmant que “la Russie est devenue une menace […] depuis sa guerre coloniale” en Ukraine. Le maire du Havre aborde quelques autres thématiques : la santé, l’économie, le “désenchantement démocratique”, et le referendum. En effet, il dévoile une partie importante de son programme en voulant “utiliser tous les outils que nous offre la Constitution” à propos des retraites, d’un frein à la dette et la légifération par ordonnance du gouvernement. Alors que le président de la République promet depuis 2017 de recourir au referendum, Édouard Philippe montre qu’il “ne sera pas le successeur politique de Emmanuel Macron”, d’après Arnaud Robinet, maire de Reims.

Congrès Horizons au Grand Palais de Lille le 16 mai 2025.

Omerta écologique et sociale

Certains sujets d’enjeux locaux sont passés à la trappe. Dans l’ensemble des discours, on note l’emploi du mot “écologie” à seulement 2 reprises, présent dans le discours du président d’Horizons. Interrogé sur ce manque, Christophe Béchu, ancien Ministre de la Transition écologique, répond que le parti a abordé “des engagements politiques pour une transition”. De même sur la présence de plus de 3.000 sans-abris à Lille et Roubaix, qui est la ville la plus pauvre de France, aucune mesure contre la précarité n’a été abordée. Paul Christophe, député de la 14e circonscription du Nord et ancien ministre des Solidarités, promet que le parti y travaille et “qu’investir sur la lutte contre la pauvreté, c’est épargner des dépenses sur d’autres secteurs”. De même pour Alexis Cabière, référent Horizons des Hauts-de-France, qui explique que “la précarité et le sans-abrisme méritent plus que quelques phrases dans un meeting”.

Une base militante conquise

Ce qui ressort le plus des adhérents interrogés est le côté “rassembleur” prôné par Édouard Philippe dans son discours. Celui-ci souhaite être le candidat unique au sein de ce qu’il appelle le “Bloc Républicains et Démocrates”, allant des “sociaux-démocrates à la droite républicaine.” Léo*, note “les mesures d’espoir” qui ont été présentés, tout comme Nathaniel venu d’Ile-de-France, qui a trouvé le congrès “inspirant”. Ce Francilien pense que les référendums promis sont la “meilleure initiative” possible pour “remonter la France”. Philippe, originaire de Paris, a apprécié la promesse de “retour de l’État”, même si selon lui ce n’est pas “un thème qui rapporte des voix”. Pour l’heure, les militants estiment avoir plusieurs rôles à jouer pour renforcer l’ancrage local d’Horizons et permettre l’accès de l’ex-Premier ministre au poste de président de la République. Ce même Philippe clame le besoin de “jouer le rôle d’amener des idées, de militer et de convaincre” chez les adhérents. Quant à Marine Cazard, présidente des Jeunes Horizons, elle expose la nécessité “d’un maximum d’élus qui émergent” au cours des élections municipales de 2026 et la “participation des jeunes à la construction du programme” de 2027.

*Le prénom a été modifié.

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