À L’Hybride, les Open Screen ravissent cinéastes et spectateurs
Le Pépère News s’est rendu à la dernière soirée Open Screen organisée par L’Hybride, avant que ce dernier ne ferme temporairement pour travaux. Ce genre d’événement réunit cinéphiles et autres autour d’artistes de la région venus présenter leurs court-métrages.
”Lieu de réhydratation culturelle”, tel est le slogan fièrement arboré par la salle situé au 18 rue Gosselet, à Lille. En effet, ici jeunes et moins jeunes se retrouvent pour visionner, échanger, découvrir. Le cinéma a une place importante dans l’ambiance du lieu, qui reçoit chaque année le Festival International du court-métrage de Lille, organisé par l’association les Rencontres Audiovisuelles. Cette association est chargée de la programmation de L’Hybride, et est d’ailleurs récemment devenu propriétaire des locaux.
“Une soirée éclectique” pour spectateurs curieux
Dès lors que le spectateur rentre dans la salle, il plonge dans une atmosphère inattendue, du moins pas celle d’un cinéma. Adieu les sièges rouges et le pop-corn, place aux canapés et au bar.
À L’Hybride, on n’attend pas la séance simplement affalé dans le sofa, on discute et danse sur une musique électro tout droit sortie des raves du Slalom [boîte de nuit techno, ndlr]. Celui qui arrive en retard perd un peu de cette ambiance qui caractérise le lieu. Une atmosphère unique aussi définie par sa programmation peu commune. Mô a 57 ans et est un habitué de L’Hybride, mais pour la dernière avant la fermeture temporaire, il assiste pour la première fois à un Open Screen. “Ici, c’est un endroit qui m’a permis de voir des choses que je n’aurais pas vues ailleurs”, raconte ce passionné de l’audiovisuel. En effet ce genre de “soirée éclectique”, comme il aime les définir, regorge de découvertes pour le spectateur. Cela est permis par la richesse des profils qui viennent diffuser leurs films. Projet de fin d’études, délire entre amis, concours, etc. Ici, tout est permis. Un seul mot d’ordre : pas de contenu offensant. Et pour le choix des courts, l’équipe cherche à atteindre la parité.
Kevin et Marion ont 28 ans et leur venue ce soir-là s’est faite sur un coup de tête. “Quand des choses nous interpellent, on y va” explique Marion, toujours curieuse de découvrir “par hasard.” Et cette découverte se fait par le visionnage des courts, mais aussi par la discussion. Pour Mô, “l’idée est de partager avec d’autres qui ont la même passion, jeunes et plus âgés.” Découvrir d’autres perspectives et façons de ressentir le monde, tel est le menu auquel doit s’attendre le spectateur, prêt à remettre en question ses habitudes et le contenu qu’il dévore habituellement.
Une vitrine pour apprenti-artistes et confirmé(e)s
Un seul article ne suffirait pas à présenter la diversité qu’offrent les soirées Open Screen. Certains sont dans le métier et n’en sont donc pas à leur premier essai, là où d’autres tâtent le milieu pour la première fois, armés de leurs propres moyens. Ces soirées sont un piédestal pour les créateurs, qui gagnent en expérience, mais surtout en visibilité. C’est notamment ce que Gautier Piton recherchait en venant présenter son projet Le Feu de Dieu. Un film réalisé dans le cadre du Nikon Film Festival, axé sur les “très court-métrages.” S’il est venu présenter son travail à L’Hybride, “c’est pour le réseautage.” Gautier Piton est arrivé récemment dans la métropole lilloise, et veut se faire voir dans le paysage cinématographique. “Ces événements, c’est davantage pour le plaisir finalement” glisse Thomas Savary, habitué de L’Hybride. ”C’est cet établissement particulier [L’Hybride] qui m’a donné envie de faire du ciné.”
Chez ces habitués des court-métrages, il y a consensus : les soirées Open Screen sont une aubaine pour les artistes. Baptiste Burlot a 29 ans et est dans le métier depuis 3 ans. Ce soir, il est venu présenter un travail réalisé en co-création avec un institut médico-éducatif et une école primaire. Membre du collectif Losange Noir, son travail tourne autour de la promotion du patrimoine minier de la région, et de l’éducation. Pour lui, “le melting-pot créé ici annihile toute hiérarchisation dans la création.” Effectivement, tout le monde est à sa place à L’Hybride, que ce soit enfoncé dans un canapé, au bar, habitué ou non des performances audiovisuelles. Gautier Piton va même plus loin : “C’est bien de faire vivre le court-métrage. Ce n’est pas quelque chose où il y a de la planche à billets. Ici, c’est vraiment de l’ordre de la culture, de l’art.”
Désormais il faudra attendre pour assister à la prochaine soirée Open Screen. La fermeture pour cause de travaux devrait s’étendre de fin mars à l’automne 2025.
