Avec « Lux », Rosalía réinvente la pop
Vendredi 7 novembre, la chanteuse espagnole Rosalía a sorti son quatrième album intitulé « Lux », du latin « lumière ». 3 ans après « Motomami », son précédent album très personnel aux influences reggaeton et latine, la star de la pop revient avec un projet ambitieux, différent, présenté comme une ode au divin, au mystique et à la religion.
Depuis l’annonce de sa sortie le 20 octobre et la découverte de sa pochette dans plusieurs villes mondiales, l’album « Lux » était un des projets les plus attendus de cette fin d’année 2025. Après un premier single et un clip intrigant et déroutant, sorti le 27 octobre, la chanteuse catalane Rosalía revient dans nos oreilles avec 15 titres puissants et marque son grand retour dans la pop.
Un projet audacieux
À l’annonce de sa sortie, le projet « Lux » pouvait paraître un peu trop audacieux et très différent de ce que la chanteuse avait proposé par le passé. En effet, ses précédents albums abordaient des sujets universels comme l’amour, l’estime de soi, l’isolement ou la famille. Inspirés de l’enfance de la chanteuse passant par le flamenco, la bachata, mais aussi le reggae ou l’électro généralement accompagnés de chœurs. Avec « Lux », Rosalía casse les codes en proposant un voyage musical à la gloire du divin, de la religion et des grandes figures saintes. En proposant un projet à la gloire de Dieu et de la spiritualité, en posant tout de blanc vêtue sur la pochette de l’album, Rosalía contraste avec celle de « Motomami », son précédent projet, sur lequel elle posait nue avec un casque dans des tons noir et rouge. Le diable aurait-il fait place à l’ange ? La quasi-intégralité de l’album a été enregistrée avec l’Orchestre symphonique de Londres, donnant ainsi une profondeur supplémentaire à la dimension sacrée, permettant de faire ressortir les paroles et la voix de la chanteuse. Le choix des instruments met l’accent sur l’aspect mystique, divin, permettant à la chanteuse de rendre hommage à des femmes saintes importantes dont elle s’est inspiré comme Vimala, Jeanne d’Arc ou Olga.
Un album multiculturel et pop
Rosalía qualifie son album de purement pop et a voulu toucher le plus de monde possible. Qu’on soit croyant ou pas, qu’on soit attiré par la spiritualité ou tout le contraire, on ne peut pas rester insensible à la voix angélique de Rosalía. La chanteuse a voulu rendre sa musique accessible. Elle a pris le pari risqué de chanter en plus de dix langues, comme bien sûr l’espagnol, mais aussi l’arabe, le français sur le titre « Sauvignon Blanc », l’allemand ou encore l’italien dans le sublime titre aux sonorités lyriques « Mio Cristo Piange Diamanti ». Elle a expliqué vouloir chanter dans d’autres langues et s’intéresser aux cultures d’autres pays en intégrant cet aspect multiculturel dans son projet. Pour ce qui est des collaborations, elles ne sont pas nombreuses, mais pas moins prestigieuses. De grandes chanteuses de flamenco comme Estrella Morente, Silvia Perez ou encore la chanteuse portugaise Carminho. Sans oublier la célèbre chanteuse pop islandaise Björk avec laquelle Rosalía signe sa deuxième collaboration et le single de son album « Berghain », véritable opéra grandiose. Si ce projet pouvait inquiéter ses fans qui appréhendent le changement de direction artistique de la chanteuse et ses prises de risques, ils ont vite été rassurés en retrouvant une Rosalía plus authentique qu’elle ne l’a jamais été dans un univers certes différent de ce dont ils étaient habitués, mais qui n’en reste pas moins sublime, mystique et envoûtant. En résumé, avec « Lux », Rosalía se réinvente, se révèle, casse les codes, nous enchante et continue sur la lancée de ses précédents albums en rendant la pop meilleure.
