Interview : Marcel et son orchestre au Main Square
Marcel et son orchestre, groupe originaire de Boulogne-sur-Mer, s’est produit dimanche 6 juillet 2025 sur la scène principale du Main Square Festival. Le Pépère s’est entretenu avec Mouloud (chanteur) et Bouli (bassiste) après un show plein d’énergie dans leurs tenues carnavalesques.
Pépère News (PPR): Quel est votre ressenti après cette performance ?
Bouli (Pascal Lebon) : Tu sais pas à quoi t’attendre. On risquait d’avoir de la flotte tout le long, finalement ça n’a été que du bonheur. Je ne vais pas faire le mec blasé, c’est ultra grisant.
Mouloud (Franck Vandecasteele) : On ne va pas se mentir, on a fait plein de festivals pendant des années mais y’a longtemps qu’on n’avait pas fait une énorme scène et elle fait 67 mètres de longueur.
Bouli : C’est difficile à gérer. Soit t’as l’impression d’avoir des trous énormes sur scène, soit t’es entassé en plein centre. Mais tu ne peux pas laisser la moitié du public de côté.
PPR : Quelle(s) différence(s) faites-vous entre jouer en salle et en festival ?
Mouloud : Entre une petite et une grande scène, c’est pas le même métier. Là tu t’adresses à une foule et le public est à six ou sept mètres, tu ne t’adresses pas à des individus. En club tu balances une vanne un mec répond, tout le monde l’entend, tu peux rebondir dessus. Là il n’y a pas de rebond, t’envoies et tu sais qu’il faut que t’enchaînes. Il n’y a pas une vraie interaction.
Bouli : Pour autant ce n’est pas à sens unique !
PPR : Donc ce qui vous plaît vraiment c’est la scène…
Mouloud : Ça fait plus de 30 ans qu’on est sur scène, on s’est couchés à 2 heures pour un festival, levés à 5 heures pour venir au Main Square. On se dit qu’on est un peu en vrac et puis à un moment tu ne sais pas pourquoi, même si d’habitude tu montes sur scène à 21h, là, à 17h, ton corps est au rendez-vous. C’est insensé ! Les chansons prennent corps quand tu les transmets à un public.
Bouli : Bon après, quand t’arrives devant le public qui est déjà à fond, ça aide à te réveiller, je ne vous le cache pas !
Mouloud : Nous on n’est pas bons pour la télé ou les playbacks, ça ne nous intéresse pas et on est un groupe de scène. Les médias c’est pas notre truc, et c’est dommage que ça soit un passage obligatoire aujourd’hui.
Bouli : Moi, mon réseau social c’est d’aller dans le public et discuter avec les gens.
Mouloud : Parce qu’en dehors de la scène, on est monsieur et madame tout le monde.

PPR : Justement, le fait d’être un “monsieur madame tout le monde” a-t-il un lien avec le choix de vos surnoms ?
Mouloud : Moi, j’étais travailleur social à l’origine et c’est les gamins des quartiers populaires qui étaient étonnés qu’un non-maghrébin fasse de la percu, et aime la musique orientale, donc ils m’ont appelé Mouloud.
Bouli : En arrivant dans le groupe j’avais une légère surcharge pondérale, ils ont essayé plein de nom qui ne me touchaient pas et qui n’ont donc pas pris. Et là, “Bouli”, ils ont vu que ça tiquait un peu, donc c’est resté.
PPR : Votre identité semble également rattachée au nord, pourquoi un tel lien ? Est-ce une fierté ?
Bouli : Nous on est super contents d’être dans le nord. Ça n’est pas une fierté mais c’est notre particularité.
Mouloud : Pendant longtemps le nord a été présenté comme un conservatoire de la misère et je trouvais que ça n’était pas juste. C’est une région qui a participé à l’histoire de son pays. Donc laisser entendre que c’était le conservatoire de la misère c’était effacer tous les combats, toute la richesse et la culture des gens du nord. Et on parle bien de ce qu’on connaît. Peut-être que ça résonne de manière authentique chez les gens parce que ça transpire un territoire.
