Flashback : la victoire de l’Amiénois Landry Macrez en Coupe de France de Hockey
Le nordiste Landry Macrez a remporté la Coupe de France de Hockey sur Glace avec l’équipe d’Angers. Retour sur cette victoire.
Il faisait si froid à Paris en ce dimanche 16 février, que la température était plus supportable au sein de l’Accor Arena, qui hébergeait temporairement une patinoire. L’enceinte a été le théâtre d’une finale intense de la Coupe de France de Hockey sur Glace.
Notre région a du talent
Cette rencontre opposait certes les Ducs d’Angers au Brûleurs de Loups grenoblois, cependant, le Nord s’était invité lors de la rencontre du côté des Ducs avec Landry Macrez, entraineur des gardiens originaire de Picardie. L’un de ses deux disciples, le Canadien Matt O’Connor, a mis à profit ses conseils et son entraînement, contribuant à remporter le trophée Pete Laliberté à Angers.
En plus de Landry Macrez, un autre Nordiste d’adoption aurait pû être présent sur la glace. L’un des grands absents des Ducs sur la feuille de match se nomme Thomas Suire. Il est récemment retourné sur la glace suite à une blessure au genou, et a passé environ sept saisons dans le Nord, entre Amiens, Dunkerque et Wasquehal. Il était cependant présent aux côtés de ses coéquipiers, et a soulevé le trophée avec eux.
Les deux Nordistes ont contribué à hisser les Ducs à la seconde place de ligue Magnus, la première division française de Hockey sur glace, ainsi, qu’évidemment, à amener le club en finale de Coupe de France, remportée pour la quatrième fois de leur histoire.
Aujourd’hui donc, le seul participant nordiste était Landry Macrez. Retourné en Anjou en 2021, cette fois-ci en tant que coach, il est venu mettre à profit son expérience de ses 20 ans passés dans les buts. Lors de ces deux décennies, il a passé trois saisons dans le Nord, dont deux du côté de Dunkerque et une dans sa ville natale.
La finale, very good trip pour Landry Macrez et Matt O’Connor
Le portier canadien a réussi à capter le palet dans sa mitaine à plusieurs reprises, récoltant à chaque occurrence les acclamations des supporters angevins. Ayant toujours un coup d’avance sur les attaques grenobloises, on le voyait toujours boucher son angle ou, grâce à une souplesse impressionnante, placer ses jambes en forme de M pour que ses jambières repoussent le palet. Ah, qu’est-ce que les gardiens ne feraient pas pour ne pas avoir à partager leur cage, surtout avec un palet !
Matt O’Connor a également sû se monter physique pour éloigner à plusieurs reprises des joueurs grenoblois stratégiquement placés pour lui obstruer la vue sur le jeu. Malgré un arrêt très technique lors d’un temps fort grenoblois, la reprise de Christophe Boivin qui a suivi l’a battu de quelques milisecondes, permettant aux Brûleurs de Loups de prendre l’avantage. Il n’a rien pû faire non plus contre le palet poussé par passé entre ses jambes malgré sa parade pour finir dans les filets. Ces deux buts n’ont aucunement déstabilisé Matt O’Connor qui est resté stoïque et solide, maintenant une bonne communication avec sa défense.
Qui dit bonne performance ne veut cependant pas dire absence de cafouillage, ici le manque d’anticipation après le troisième but d’Angers à un quart d’heure de la fin de la rencontre, avec une relance trop à faible puissance qui a failli conduire à une nouvelle égalisation des Brûleurs de Loups. Cette unique erreur de jugement a été sans conséquence, et il a mis à profit son endurance et ses deux mètres, patins au pied, qui lui ont permis d’effectuer un arrêt en deux temps, un de chaque jambière (comme ça, pas de jalouse, chacune a pu embrasser le palet) à cinq minutes de la fin du deuxième tiers.
Matt O’Connor a sû mettre à profit son intelligence de jeu en quittant sa cage à plusieurs reprises pour jouer le palet dans la zone derrière sa ligne de but et dégager le plus proprement possible les Ducs malgré une pression grenobloise qui arrivait à grand pas. En réalisant une telle performance, il permet à Angers de garder l’avantage jusqu’à la fin de la rencontre, et maintient son pourcentage d’arrêts au dessus de 91%, qui est un excellent taux.
La victoire, le résultat de beaucoup de travail
À la fin de la rencontre, Landry Macrez, monture fine dorée sur le nez et costard estampillé du logo des Ducs, partage son ressenti : “C’est beaucoup de plaisir, parce que c’est le résultat de beaucoup de travail, d’analyse de vidéos, de répétitions.” Il confie également sa satisfaction : “Le match s’est bien passé et Matt a été très très bon donc je suis content pour lui.”
Il explique très humblement beaucoup apprendre des gardiens qu’il entraîne : “Je m’entend très bien avec Matt et Eliott, donc ça facilite le travail et la communication. On réfléchit ensemble à des éléments qu’on pourrait mettre en place sur la glace, on s’apporte mutuellement des choses. On est beaucoup dans la discussion, on fait tout pour qu’ils se sentent le plus à l’aise possible”, explique-t-il.
Matt O’Connor, sourire aux lèvres après avoir interagi avec le public en leur présentant la coupe, ne tarit pas d’éloges à propos de son entraîneur : “Il croit beaucoup en moi et en mes capacités, donc ça m’a facilité le travail pendant la saison.” Il explicite : “Ce que j’aime beaucoup […] c’est qu’il transmet beaucoup de positivité, il me donne toujours le sourire et ne me laisse pas me mettre trop la pression, comme ça je peux mieux jouer.”
Cette influence positive ainsi que la personnalité joviale du grand gardien a convaincu Maxime de suivre de près les Ducs. Maillot rose des Ducs floqué O’Connor sur les épaules, casquette beige avec le logo du club angevin vissée sur la tête et monture similaire à celle de Landry Macrez, il nous confie les qualités du portier de son club favori : “C’est un plaisir de le regarder jouer, en plus c’est quelqu’un de très humain, il prend du temps pour discuter avec les fans et dédicacer les maillots, c’est hyper appréciable.” Après avoir remporté la Coupe de France, tout comme Maxime, les Ducs et ses deux Nordistes espèrent s’imposer en championnat.

