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Portrait d’Hugo : « Je passe 90% de mon temps à danser »

Portrait d’Hugo : « Je passe 90% de mon temps à danser »

Lille, Palais des Beaux Arts, Place de la République

Hugo est un jeune danseur amateur de 20 ans. Il est régulièrement présent sur la place de la République pour danser en improvisation. Si lui ne vit pas de sa passion, sa passion, elle, le fait vivre. 

Par un beau soleil de mars, le PépèreNews est allé à sa rencontre près du palais des Beaux-Arts pour en apprendre davantage sur son quotidien, dans lequel la danse occupe une grande place.

Échappatoire et expression de soi

Ce jeudi après-midi sur la place de la République, peu de monde passe. Seul le bruit des moteurs des véhicules retentit. Le calme est soudainement interrompu par de la musique ; Hugo a allumé son enceinte. Sur des sons r&b français, il danse, s’exprime avec son corps et se défoule. Il est dans sa bulle. Ses mouvements mélangent hip-hop, contemporain et krump ; mouvements saccadés et rapides. Quelques passants regardent et sourient sans pourtant s’arrêter pour regarder. Hugo vient souvent ici, s’il n’y est pas, il est au Flow, Centre Eurorégional des Cultures Urbaines de Lille.

Je passe 90% de mon temps à danser”, nous dit-il. En effet, il a beaucoup de temps libre car il a des problèmes familiaux et ne travaille pas. “Je vis grâce aux aides que j’ai pour l’instant, mais je suis heureux comme ça”. Le danseur porte un jogging noir avec un t-shirt gris “tellement vieux qu’il a traversé toutes les guerres”, comme il le souligne. Ce jeune homme plein de passion et de vie est atteint de TDAH (trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité). Il dit également être concerné par d’autres troubles de sensibilité. Néanmoins, cela ne l’empêche pas de faire ce qu’il aime. Il nous rappelle que le bonheur peut se trouver dans les petites choses : “Si on arrive à se satisfaire de moins que le minimum, on peut être satisfait d’un rien.”

“Je vis grâce aux aides que j’ai.”

Créer des liens

Hugo est d’origine congolaise et bulgare. Curieux, il s’est intéressé à son arbre généalogique et a découvert qu’il a également des origines mongoles. “J’ai aussi des traits caucasiens”, ajoute-t-il. Ses recherches ont nourrit sa passion en le poussant à écouter de la musique d’autres pays. Il lance alors quelques sons d’Europe de l’Est et se remet à danser. Un groupe de jeunes filles passe au loin, elles sourient et dansent en marchant. Certaines personnes applaudissent, un jeune homme lui adresse un pouce en l’air, un petit garçon s’approche intrigué et lui sourit.

La danse a le pouvoir de rapprocher les gens ; sans utiliser de mots, ils communiquent et s’encouragent. Plus tard, trois autres danseurs nous rejoignent. “Ils m’ont connu tout petit”, nous informe Hugo. Il poursuit : “Eux, c’est le niveau au-dessus en danse.” Ils sont tous habillés différemment, tous aussi originaux les uns que les autres. L’un porte des vêtements et un couvre-chef colorés, de la peinture rose sur les baskets. Le deuxième est habillé en noir avec beaucoup de bijoux et un autocollant rose sur la joue. Quant au troisième, son style rappelle celui du hip-hop des années 90 dans les quartiers de New-York, où cette culture est née. Le soir même, ces jeunes organisent une battle de breakdance qu’ils nous invitent à regarder en live sur la plateforme de stream Twitch. Ce sont ces personnes-là qui ont inspiré et continuent d’inspirer Hugo.

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