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L’éclipse de Britney Spears

L’éclipse de Britney Spears

© Rhys Adams (Flickr)

Dans l’œil de Jeanne Burel, une rétrospective qui remet de l’humanité sur la princesse de la pop objectifiée avec sa série-documentaire Britney sans filtre

Une des vies publiques les plus exposées et oppressantes. Au travers de séquences marquantes, Jeanne Burel réattribue une dignité à Britney Spears. La réalisatrice a conquis un million de visionneurs en une semaine à sa sortie sur Arte, et la popstar est un phénomène culturel transgénérationnel qui fascine encore après avoir perdu de sa superbe. Les éclairages de femmes journalistes, d’un psychanalyste ou encore d’un fan permettent de comprendre collectivement pourquoi la plus décomplexée des célébrités de l’an 2000 a vu sa carrière renversée.

Accaparée par le grand public

Cinq courts épisodes retracent son parcours de vie dès son entrée au Disney club. Pourtant, son destin a emprunté une voie que Justin Timberlake ou Ryan Gosling n’ont pas connue. Maîtresse de son image, elle construit ce personnage sexy s’attirant les foudres de la bien-pensance. Les couvertures de magazines montrent un succès mondial. Le traitement médiatique et les comportements fanatiques se sont justifiés par la réception d’une image de fille facile. Les archives de la célébrité montrent un phénomène encore d’actualité, la poussant à bout et par extension à être contrainte physiquement par la tutelle paternelle.

Pas de chambre à soi

Dans son feuilleton rose bonbon, Jeanne Burel rappelle le rythme de travail indécent de l’artiste : 250 concerts en 4 ans ! Le corps dépossédé de la femme-enfant devient un objet inspirant les jeunes femmes et attirant les hommes aux questions déplacées. L’exposition délibérée de sa vie, par la télé-réalité ou des publications à contre-courant des tendances actuelles sur les réseaux, est son seul moyen de se la réapproprier. Britney sans filtre rappelle que si aujourd’hui la star semble hors de contrôle et qu’elle n’est plus qu’un souvenir, c’est en grande partie la marque d’un système patriarcal qui l’a rasée pour en faire une machine qui ne cesse de tourner.

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