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Le collectif Nous Toutes mobilise les lillois pour lutter contres les violences sexistes et sexuelles

Le collectif Nous Toutes mobilise les lillois pour lutter contres les violences sexistes et sexuelles

Manifestation du collectif féministe Nous Toutes à Lille, le 19 novembre © Félix Lebelle / Pépère News

De la place de l’Opéra jusqu’au palais des Beaux-Arts, le collectif féministe Nous Toutes a réuni 3.000 manifestantes et manifestants ce samedi 19 novembre, pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Partout en France se sont tenues ces manifestations féministes, quelques jours avant la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.  

“On ne lâchera rien” : ces mots répétés sans cesse durant le discours d’ouverture illustrent à la détermination la force de Nous Toutes qui, en organisant une longue marche, a permis aux femmes de montrer leur lutte pour l’égalité et la justice. Un hommage a également été rendu à toutes les femmes victimes du patriarcat.

Des voix qui veulent être entendues

Des pancartes de tout genre, des drapeaux et des habits violets ont été les supports pour soutenir cette cause. Dans la marche contre les violences sexistes et sexuelles du 19 novembre à Lille, un sentiment de colère et une volonté de revendication sont présents chez les participantes et participants. Accompagnée de chants comme “Solidarité avec les femmes du monde entier” ou “Ne nous regardez pas, rejoignez-nous”, la manifestation s’est déroulée sans problème.

Dans la foule, une ambiance de sécurité et de joie, qui se veut sans aucun jugement, se dégage. Nous Toutes a même prévu un “espace safe” qui est un cercle à l’intérieur de la marche créé avec des cordes. Le but de celui-ci est non seulement de protéger des femmes qui ont subi un traumatisme mais aussi pour que les personnes qui ne veulent pas être entourées d’hommes puissent participer à la manifestation. Cet espace non-mixte le permet. Également, les organisatrices qui s’occupent de l’espace portent avec elles de l’eau et de la nourriture pour les personnes qui en ont besoin. Alix, une des organisatrices, partage sa motivation pour s’occuper de l’espace safe : “Je crois que tout le monde doit se sentir bien, ce n’est pas parce que quelqu’un ne se sent pas en sécurité qu’il ne doit pas manifester.”

© Félix Lebelle – Pépère News

Justice comme mot fort de la marche

Le collectif Nous Toutes a décidé d’axer  cette marche et ses revendications autour de la justice.  L’objectif est de dénoncer un manque d’action de la part du système judiciaire à l’égard des femmes. Les exemples illustrant ce problème sont nombreux et sont évoqués à la fois dans la marche,  sur les pancartes et dans les discours des organisatrices. Les femmes du collectif Nous Toutes ainsi que la totalité des manifestantes et manifestants sont descendus dans la rue, afin de demander une meilleure prise en charge des plaintes. Là où seulement 0,6% des violeurs sont condamnés, Nous Toutes demande des sanctions plus fermes pour les agresseurs ou encore la mise en place d’hébergements pour les femmes qui subissent des violences. Le collectif réclame à l’État deux milliards d’euros de moyens – soit 0,1% du Produit intérieur brut (PIB) – pour lutter contre les violences faites aux femmes.

La date de la manifestation n’est pas choisie au hasard, elle a lieu six jours avant la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. C’est en raison de cette journée, à l’initiative de l’ONU, que chaque année depuis 2018, Nous Toutes se mobilise à la fin du mois de novembre. Dans cette continuité, le collectif lillois prévoit notamment un sit-in devant le tribunal de Lille le 23 novembre. Une autre action annoncée est celle d’un die-in, les personnes mobilisées vont s’allonger par terre dans le but de représenter les victimes de féminicide, vendredi 25 novembre.

Si en 2022 la date de la marche avait fait polémique, le collectif a tenté d’y remédier  cette année. En effet, la dernière action avait eu lieu le 20 novembre, la journée du souvenir trans (un jour de commémoration des victimes de transphobie partout dans le monde), et Nous Toutes avait été accusé d’invisibiliser la cause par plusieurs collectifs transféministes. À Lille, la lutte transgenre est aussi évoquée et le collectif a appelé à un rassemblement pour les victimes de transphobie le soir même, organisé par l’association RESIST. Du côté de la marche parisienne, le cortège de tête était notamment composé de l’association pour les personnes transgenres Fransgenre, au côté d’autres organisations qui supportent les droits des femmes racisées, en situation de handicap ou en précarité.

 

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