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« REZILIENTIA » ou l’œuvre d’un confiné optimiste

« REZILIENTIA » ou l’œuvre d’un confiné optimiste

Sculpture "Rezilientia" de Ghyslain Bertholon.

C’est dans le cadre du projet Utopia que vous avez peut-être déjà vu cette pièce unique. Elle est exposée depuis mai 2022, et pourra encore être méditée jusqu’au 28 octobre.

Au cœur de la Vieille Bourse de Lille, lieu d’échange et de contemplation très apprécié des passants, se tient cette sculpture en bronze patiné. Son auteur, Ghyslain Bertholon, nous propose une réflexion. C’est un tronc d’une hauteur de 220 cm, sur lequel l’Homme a abandonné sa hache. Un feuillage naissant attire notre attention. Que signifie-t-il ?

“L’Allégorie de la Résilience”

2020. Nous sommes à l’heure du confinement. La nature reprend ses droits et notre artiste sculpte “Rezilientia“. Elle illustre la théorie de Boris Cyrulnik, le psychanalyste qui a popularisé le concept de “résilience“. La résilience est un processus consistant à surmonter le traumatisme pour se reconstruire différemment. La sculpture évoque donc le ressenti de son auteur durant le confinement : “On voyait la nature revivre, on voyait les animaux revenir“, nous dit Ghyslain Bertholon lors de l’exposition FEUX à la galerie le 1111, à Lyon.

Ce branchage florissant sur le manche d’une hache délaissée représente une nature endurante. Alors, ce lieu qu’est la vieille bourse pose le cadre d’une “clairière urbaine” dont les colonnes rappellent selon l’artiste, des arbres “pétrifiés“. Bien loin des discours apocalyptiques entretenant l’atmosphère d’une crise permanente, “Rezilientia” se veut optimiste. Elle nous offre un regard positif et lucide. Le sculpteur s’est par ailleurs exprimé à ce sujet pour la revue Point Contemporain : “Il est très important de garder espoir, tout en étant conscient des efforts que l’humanité devra fournir au cours des prochaines décennies pour conserver à notre planète son équilibre et sa beauté“.

Une sensibilité environnementale

La conceptualisation de “Rezilientia” est née il y a treize ans. Sensible en sachant que la végétation du Victoria — état Australien — s’embrasait, Ghyslain Bertholon avait esquissé un tronc calciné. En 2019, la brousse Australienne est à nouveau à feu. Sans s’en rendre compte, l’artiste fait une ébauche de ce même tronc dessiné en 2009, alors qu’il l’avait oublié. Ce sont ses proches qui le lui rappellent. Cet épisode illustre sans doute la sensibilité environnementale de Ghyslain Bertholon.

En effet, depuis sa première exposition personnelle en 2005, ce sont les rapports entre l’homme et son environnement qui constituent le fil rouge de ses œuvres. À coups de contrepèteries sculptées, Ghyslain Bertholon, diplômé de l’école des beaux-arts de Saint-Étienne, dénonce certaines conduites de l’Homme. Ainsi, “Les trochés de face– série de sculptures représentant des animaux dont on ne voit plus que le derrière, a pour fonction la critique du trophée de chasse. Ghyslain Bertolon a notamment mis à disposition son œuvre pour l’exposition “Il est encore temps” à Bruxelles en 2021. Une exposition ayant pour thème les problématiques environnementales.

L’artiste se veut donc réaliste, et passionné par la relation Homme-Nature, il donne à réfléchir avec son art. Il en a la conviction, la nouvelle génération saura faire preuve d’écoresponsabilité. Elle saura — c’est-à-dire — refuser ce qui est délétère pour l’environnement.

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