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Une quête de mémoire au cœur de la capitale dans Revoir Paris

Une quête de mémoire au cœur de la capitale dans Revoir Paris

Mia dans Revoir Paris

Le 7 septembre dernier sortait sur le grand écran le film Revoir Paris, réalisé par Alice Winocour. Entre redécouverte de la capitale et plongée dans le processus de reconstruction et de résilience de Mia, le spectateur découvre la quête de mémoire de cette victime d’un attentat.

Si le titre n’évoque rien de tout cela, Revoir Paris est l’histoire des victimes d’un attentat dans la brasserie L’Etoile d’Or (attentat fictif). Le film suit plus particulièrement Mia, traductrice russe incarnée avec justesse par Virginie Efira, qui cherche à reconstituer les événements. Elle s’était arrêtée au hasard dans l’établissement en attendant la fin de l’orage, mais ce jour-là sa vie a basculé. La scène, filmée du point de vue de Mia, ne montre que ce qu’elle voit : les corps étendus, ceux qui essayent de se cacher. Puis plus rien. Un arrêt brutal de l’image symbolise la perte de mémoire de la traductrice, qui ne se souvient de rien après les premiers coups de feu.

Reconstituer le puzzle des souvenirs

Après avoir passé trois mois loin de la capitale, Mia revient et redécouvre Paris. Elle a besoin de passer à autre chose mais surtout besoin de se souvenir. Le spectateur est alors invité à suivre sa quête. Celle-ci passe par des rencontres qui vont l’aider dans ses recherches, comme celle de Thomas, lui aussi présent le soir de l’attentat. Sous les traits de Benoît Magimel, le personnage affirme : “il faut être au moins deux pour se souvenir”. Lui se souvient de tout même s’il aurait préféré le contraire. Mais la reconstruction de la mémoire se fait à travers des bribes de souvenirs dont il faut reconstituer le puzzle.

Film Revoir Paris
Mia et Thomas se rapprochent, liés par ce qu’ils ont vécu pendant l’attentat © Pathé Distribution

Le récit se construit étape par étape, par les discussions de Mia avec les autres victimes. Si l’on découvre leurs souvenirs de ce soir-là, le film est tout de même centré sur le personnage incarné par Virginie Efira. La construction du récit est fragmentée, entre images de Paris, quête de l’héroïne et scènes des personnages le soir de l’attentat. Cela permet de montrer un point essentiel de la reconstruction après un traumatisme : le rapport à soi et aux autres. On aperçoit comment les vies des victimes se sont entremêlées, comment un lien s’est créé entre eux alors que Mia et Thomas s’éloignent tous deux de leurs proches. Délivrant un message d’espoir, la traductrice laisse peu de place aux larmes et a pour volonté de trouver quelque chose de bien au cœur du malheur.

Un écho aux souvenirs de la réalisatrice

Il y a dans le film une véritable attention accordée par la réalisatrice aux plans sonores, à travers silence, musique et bruits de la ville. Paris a ainsi une place et un rôle fondamental. La capitale est présentée sous un nouvel angle, avec des plans des toits, des rues, des passants et des routes de jour comme de nuit. C’est un nouveau Paris dans lequel Mia doit réapprendre à vivre, donnant tout son sens au titre.

Alice Winocour signe avec Revoir Paris son quatrième long-métrage. À l’origine de ce film il y a un souvenir, celui de son frère qui était au Bataclan le soir du 13 novembre 2015. La réalisatrice s’est donc fondée sur son témoignage et celui d’autres victimes, sur son propre vécu de cette nuit et sur ses rencontres avec des psychiatres pour étoffer son sujet.

Loin d’un film sur les actions des terroristes ce soir tragique, Alice Winocour se plonge dans la mémoire des victimes à travers Revoir Paris. Elle a justifié le choix de cet angle lors d’une interview pour Télérama : “Mon travail dans ce film a consisté à recréer tout ce que les terroristes veulent détruire”. Le procès des attentats du 13 novembre 2015 s’est terminé il y a quelques mois, mais ce sujet est toujours dans l’actualité. Plusieurs autres films à l’affiche en cette fin d’année évoquent ces événements, pour la mémoire des victimes et de leurs proches sans montrer directement les événements. C’est le cas de Novembre, réalisé par Cédric Jimenez, qui illustre l’enquête policière des jours suivants les attentats ou de Vous n’aurez pas ma haine, en salle le 2 novembre prochain, qui aborde les proches des victimes des attentats, qui doivent continuer à vivre malgré leurs pertes.

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