Paris-Roubaix : l’enfer du Nord porte bien son nom

Ce dimanche 4 octobre, avait lieu la 118e épreuve de Paris-Roubaix, annulée l’année précédente en raison de l’épidémie de Covid-19. Dans des conditions dantesques et épouvantables, 175 cyclistes concouraient dans l’étape reine des pavés. C’est finalement l’italien Sonny Colbrelli qui remporte cette course de 257 kilomètres, marquée par de nombreuses chutes.

Les visages recouverts de boue, les muscles pétrifiés, les vélos déraillés, les cerveaux fatigués, ce Paris-Roubaix 2021 a un goût de légende. Presque dangereux, la “Reine des Classiques” a vu s’imposer le coureur italien Sonny Colbrelli à 17h16 sur le vélodrome André Pétrieux de Roubaix.

C’est dans le secteur pavé numéro 4, le Carrefour de l’Arbre, que s’est fait la jonction entre le leader échappé Gianni Moscon et les trois poursuivants : Mathieu Van Der Poel, Florian Vermeesch et Sonny Colbrelli. Le coureur de la Bahrain Victorious, Sonny Colbrelli, remporte la course au sprint devant le belge Vermeesch et le néerlandais Van Der Poel. Au terme d’une course haletante et palpitante, Colbrelli savoure, ce qui sera inévitablement, la plus belle victoire de sa carrière de cycliste.

Une course riche en rebondissements

Alors que ce samedi 2 octobre se tenait la course féminine, sacrant la Britannique Elizabeth Deignan, la course masculine a de son côté été ivre d’émotions. Dès le départ, une échappée de quatre coureurs, notamment autour de l’anglais Luke Rowe, se forme. Mais, sous une pluie encore présente, la course s’est dynamitée à 70 kilomètres de l’arrivée. Alors, trois hommes sont en tête : Moscon aux côtés de Vermeesch et de Van Asbroeck. Derrière, le Néerlandais Van Der Poel distance le favori belge Wout Van Aert. Il revient sur le groupe de tête, où Moscon a attaqué. Avec plus d’une minute d’avance, on le croit remporter cette classique, mais c’est sans compter sur une crevaison et une chute à trente kilomètres du dénouement.

C’est dans le secteur pavé le plus difficile, notifié 5 étoiles par les organisateurs, le Carrefour de l’Arbre, que les trois poursuivants rattrapent Gianni Moscon. Éreinté, il lâche dès la jonction avant que Vermeesch, Colbrelli et Van Der Poel s’envolent. Le podium déjà composé, les trois coureurs abordent le dernier kilomètre du Vélodrome de Roubaix. Plus que deux tours dans ce vélodrome mythique, qui a connu le sacre d’Eddy Merckx, Bernard Hinault ou encore celui de Fabian Cancellara.

C’est finalement le sprinter italien, Colbrelli, qui remporte l’Enfer Du Nord année 2021, devant Vermeesch. Déception pour Van Der Poel. Au micro des médias, l’italien ne cachait pas sa joie : “C’est mon premier Paris-Roubaix et je gagne. C’était un Roubaix de légende aujourd’hui, avec la pluie dès le départ. C’est la course de mes rêves.” Le premier Français, Christophe Laporte, termine sixième à 1m15 du vainqueur.

Une météo dramatique et pluvieuse

Dantesque, affreuse, effroyable… Ce sont les mots que les spectateurs vont retenir du Paris Roubaix édition 2021. Les conditions climatiques, où la pluie et le vent frappaient d’une force sanglante étaient apocalyptiques pour les cyclistes. Les chutes se sont multipliées, entraînant de très nombreux abandons. Auprès des personnes interrogées, on nous dit : “C’est spectaculaire !”, “ C’est typique !”,  “Ça ajoute du piment !”, “C’est des guerriers !”.

Témoignage de Tom Paquot cycliste de Paris-Roubaix @GaetanScherrer via Tweeter

À leur passage au Carrefour de l’Arbre, les visages des cyclistes sont figés et tétanisés dans une boue sèche. Seuls les yeux ressortent de leurs visages. Distinguer un coureur d’un autre tient du miracle. Ce qui vient immédiatement à l’esprit : ces cyclistes sortent des tranchées, comme des soldats durant la Première Guerre Mondiale. L’apocalypse. Pourtant, ils ont réussi à pédaler pendant plus de six heures, allant même à un rythme effréné sur des pavés glissants et extrêmement boueux.

Les spectateurs étaient venus en très grand nombre sur la « Reine des Classiques ». Une ferveur populaire se dégageait, et encore plus avec ces conditions météorologiques. Avant l’arrivée des premiers coureurs, les milliers de curieux présents au Carrefour de l’Arbre suivaient attentivement les évolutions de la course sur leur téléphone. Des Belges, des Espagnols, des Néerlandais, des Italiens et même un couple d’Américains s’étaient déplacés dans le Nord pour encourager leurs cyclistes favoris.

Clément Davy, jeune coureur français de la Groupama FDJ, figé d’une boue sèche sur l’ensemble de son corps au Carrefour de l’Arbre. ©Paul Telion

Le Paris-Roubaix n’est pas une course comme les autres, et on l’a bien vu aujourd’hui. Ce monument du cyclisme international aura fait éveiller les pupilles des plus jeunes et fait ressurgir les souvenirs des plus âgés, tant cette course marque l’histoire de Paris-Roubaix. Plus qu’à attendre 195 jours, le 17 Avril prochain, pour retrouver l’Enfer du Nord.

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