Le cortège du 1er Mai, la journée des travailleurs au parfum d’élections

jean-luc mélanchon, cortège de la gauche, journée internationale des travailleurs

Sous le soleil lillois ce samedi premier mai, nous assistons à une pluie de drapeaux. Les politiques accompagnent les citoyens : du rouge communiste au vert écolo jusqu’au bicolore insoumis, toutes ces couleurs sont, sur le papier, prêtes à s’unir. Depuis Porte des Postes jusqu’au théâtre Sébastopol, la métropole lilloise manifeste pour la Journée Internationale des Travailleurs. 

Mais cette marche cache un enjeu : les élections. Qu’elles soient régionales, départementales, présidentielles, elles approchent et les candidats sont dans les rues. Un véritable cortège de la gauche a défilé aux côtés des syndicats et habitants de la capitale des Flandres. “8 heures par jour, 35 heures par semaine et 60 ans dans la vie, pas un jour de plus”, s’exclame Jean-Luc Mélenchon. Entre applaudissements et chants, les candidats et les salariés se passent le micro pour manifester leur mécontentement. C’est la tradition : le premier mai rime avec manifestation. Cependant, ce jour prend une tonalité politique… Les élections se préparent et les candidats aussi.

Une journée dédiée aux revendications des travailleurs

L’ambiance est festive, mais les revendications urgentes. Les travailleurs, surtout les fonctionnaires, prennent la parole. Les soignants sont à l’honneur et protestent car “la santé est une question d’intérêt général”. Les hôpitaux publics manquent de moyens. “Les brevets doivent être rendus publics, les vaccins ne peuvent pas être la seule solution, il nous faut de la recherche pour tous les traitements”. Le syndicat du CHU de Lille, aux côtés des interluttants et des interpo solidaires, “lutte contre la réforme du chômage qui va faire basculer des milliers de personnes dans la précarité”.

“8 heures par jour, 35 heures par semaines et 60 ans dans la vie, pas un jour de plus”Jean-Luc Mélenchon, député de la France Insoumise

Cette échéance du 1er juillet 2021 enrage également le syndicat de la CGT qui déplore la mauvaise gestion de la crise sanitaire. “Aujourd’hui on est là pour manifester contre des salaires indécents, des conditions de travail indécentes, pour vivre dans un monde décent”. Cette manifestation est un moyen d’exprimer la colère de certains contre le régime en place. Les manifestants ne sont pas les seuls à déplorer le gouvernement En Marche puisque les candidats de gauche attaquent la politique d’Emmanuel Macron. Est-ce les prémices des élections présidentielles?

Aujourd’hui on est là pour manifester contre des salaires indécents, des conditions de travail indécentes, pour vivre dans un monde décent” – Un syndicaliste de la CGT

Une campagne camouflée pour les prochaines élections

Le Rassemblement National, “qu’il nous faut à tout prix combattre” selon une interluttante, la République En Marche et l’Europe, sont les cibles principales des orateurs. “Monsieur Macron vient d’accepter les aides que l’Europe, paraît-il, veut nous donner. Mais ce n’est que notre propre argent. En échange, il rétablit de nouveau la réforme des retraites qui a été arrêtée à l’Assemblée nationale car nous avons résisté”. Syndicat de la CGT, Jean-Luc Mélenchon, Adrien Quatennens, le syndicat du CHU de Lille, les interluttants se rejoignent sur un sentiment d’insatisfaction du quinquennat d’Emmanuel Macron. Le dénouement demeure flou. La solution selon eux, est-elle l’union, ou s’appelle-t-elle Jean-Luc Mélenchon ?

Le discours du leader de la France Insoumise, accompagné du député Adrien Quatennens, après un rappel historique et la proclamation des revendications, en vient rapidement aux futures élections. “Je souhaite que le premier mai 2022, je puisse revenir vous voir comme président de la République !” affirme Jean-Luc Mélenchon sous les acclamations de ses partisans. Le candidat aux élections présidentielles évoque insidieusement un programme qui dessine ses ambitions. Encerclé de photographes et de ses partisans, muguet à la main, il s’exprime à la première personne du singulier. Cependant, le cap n’est-il pas à une union de la gauche ?

Karima Delli et Eric Piolle réunis lors de la marche du 1er mai. © Quentin Saison
Karima Delli, tête de la liste de l’Union de la gauche aux régionales, et Eric Piolle, maire EELV de Grenoble réunis lors de la marche du 1er mai. © Quentin Saison

La parade de la gauche ou des gauches ?

La perspective d’une union de la gauche lancée par Yanick Jadot s’incarne dans cette manifestation. Karima Delli, figure de l’union de la gauche dans la région Hauts-de-France, est présente. Benoit Hamon, Jean-Luc Mélenchon, Martine Aubry, Eric Piolle, Adrien Quatennens, Sandrine Rousseau marchent dans la même direction dans le cortège. Mais prennent-ils un croisement dans la politique ? Le cortège de ce premier mai est symbolique. Jean-Luc Mélenchon trône autour de ses partisans, Karima Delli avance discrètement entourée d’une multitude de drapeaux verts. Martine Aubry est sur le côté avec ses quelques proches. Benoît Hamon est au fond du cortège, dans le calme, loin des médias. On peut se demander si cette disposition des candidats et l’agencement du cortège n’est pas le reflet d’une union de la gauche friable et inégale, qui ne s’est pas mise d’accord.

théâtre sebastopol, 1 mai 2021, journée internationale des travailleurs
Le cortège a terminé sa marche devant le théâtre Sébastopol. © Sarah Coudert / Pépère News

Des sourires derrière les masques et des mains qui saluent entre les représentants des partis sont le seul spectacle d’unité politique auquel nous avons assisté. A l’inverse, les interluttants, très présents pendant cette manifestation, proclament leur force et leur solidarité. Chomeurs, intermittents du spectacle, salariés précaires et étudiants se sont exprimés sur les marches du théâtre Sébastopol pour “s’unir et se battre”.

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