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À Lille, les féministes répondent à l’appel chilien

À Lille, les féministes répondent à l’appel chilien

Ce vendredi 29 novembre à 19 heures s’est tenue une manifestation particulière à Lille. Sur la Grand’Place, les escaliers du Théâtre du Nord étaient occupés par une vingtaine de féministes. Elles répondaient à l’appel lancé par le collectif féministe chilien Las Tesis.

Un appel chilien et un message clair

Le 25 novembre dernier, journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, le collectif Las Tesis s’est réuni à Santiago, capitale du Chili. Celui-ci a donné une performance artistique féministe pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, particulièrement fortes dans ce pays. Des centaines de femmes se sont rassemblées et ont crié contre les violences commises, notamment par l’État. Elles ont ensuite appelé les autres pays à reproduire cette performance.

Les “colleuses” de Lille ont donc répondu à cet appel et en ont elles-mêmes lancé un. Résultat : une vingtaine de femmes réunie sur la Pace du Général de Gaulle. Les yeux bandés, une croix rouge sur la bouche, elles pointent du doigt le public : “L’agresseur c’est toi, le violeur c’est toi, l’assassin c’est toi.“. Elles parlent au nom de celles qui ne peuvent pas. Un moment bien choisi, du fait de la présence du marché de Noël et de la grande roue. Du public et un message clair : “le patriarcat est un juge, qui nous fait taire pour mieux régner. Et notre punition, c’est la violence réitérée. C’est un féminicide, l’impunité pour l’assassin. C’est le viol, c’est les coups au quotidien. La coupable ce n’est pas moi, ni mes fringues ni l’endroit.“. Elles accusent ensuite la police, la justice et l’État.

Un Grenelle peu convaincant

Alors que se termine le Grenelle contre les violences conjugales, nombreuses sont les féministes à ne plus y croire. Comme énoncé dans le texte lors de la performance : “Le grenelle on n’y croit plus. Macron, Philippe on n’en peut plus. Un milliard c’est tout. À nos sœurs assassinées, leur sang vous en êtes imprégnés. À nos sœurs assassinées, on n’vous oubliera jamais.“. Elles réclament un milliard d’euros afin de financer les associations d’aide aux victimes de violences conjugales, pour un meilleur suivi et pour plus de femmes. Sur France Inter le 26 novembre dernier, Marlène Schiappa annonçait : “le budget est de 1.116 milliard d’euros pour 2020 ; ça n’est pas moi qui le dis, mais la direction du budget de l’État.” Propos remis en question dès le lendemain dans un rapport du Sénat. Selon les sénateurs Eric Bocquet (PCF) et Arnaud Bazin (LR), le milliard est loin.

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Une mobilisation plus forte

En plus des marches Nous toutes, parfois perçues comme insuffisamment intersectionnelles, se créent ces comités de colleuses féministes. Des affiches fleurissent ainsi dans beaucoup de villes telles que Marseille, Bruxelles, mais aussi Lille. Une façon de se réapproprier l’espace, la rue, lieu de méfiance pour beaucoup de femmes. À Lille, on peut lire sur les murs des messages de soutien à la mime chilienne Daniela Carrasco, assassinée en octobre. Mais aussi d’autres messages contre la transphobie, le racisme, les violences faites aux travailleuses du sexe, etc. Des affiches critiquant donc les violences faites aux femmes, peu importe leur origine sociale ou ethnique, leur métier, leur âge.

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