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Les “Marcheurs Libres”, une contestation qui se veut constructive

Les “Marcheurs Libres”, une contestation qui se veut constructive

Ce samedi 16 novembre, les “Marcheurs Libres” se sont réunis à Lille. Durant l’après-midi, l’objectif était de se regrouper afin de définir la ligne du mouvement, mais aussi d’organiser la première assemblée générale. Intéressons-nous à ce think-tank, dont l’existence est significative mais l’avenir incertain.

“On peut faire différemment”

Salutations et poignées de main cordiales, ainsi débute le rassemblement à l’étage du Berliner dans le Vieux-Lille. Une cinquantaine de marcheurs libres s’installe, tandis que les derniers posters d’Emmanuel Macron sont affichés. L’association des Marcheurs Libres, créée il y a trois mois, compte environ 450 membres dont plus de cent dans le Nord. Pour son président, Didier Montier, elle est le fruit de l’action de marcheurs qui, partout en France, ont porté un regard critique sur le fonctionnement de La République En Marche (LREM). Il déplore alors “de plus en plus de verticalité et de moins en moins d’écoute”. Les investitures aux élections municipales en sont un exemple et un des facteurs ayant déclenché cette mouvance.

Maxence Delehaye, coordinateur du Nord, affirme, dans un discours, qu’ils sont tous macronistes, mais qu’ils sont là “pour essayer de montrer qu’on peut faire différemment”. Faire différemment, c’est ici faire plus transparent. Les marcheurs libres ne veulent plus d’investitures incomprises et imposées par une Commission Nationale d’Investiture déconnectée des réalités locales. Faire différemment, c’est également favoriser les collectifs de réflexion locaux, qui doivent aiguiller les élus. “S’ils ne le font pas, on les dégage”, ironise un marcheur libre. Par ailleurs, la liberté s’impose comme mot d’ordre de la réunion. Après les discours d’ouverture viennent les débats. Différents marcheurs libres n’hésitent alors pas à s’opposer, principalement sur la direction à adopter. Le mouvement apparaît finalement peu unifié, si ce n’est par cette volonté partagée d’être libre. Mais est-ce suffisant pour aboutir à des avancées concrètes ? “Si on est tous réunis aujourd’hui c’est qu’on y croit encore”, pense l’un d’entre eux. Ce qui est certain, c’est qu’actuellement personne n’est en mesure de définir l’avenir de l’association des Marcheurs Libres, pas même ses membres.

À Lille, l’ombre d’une dissidence plane

C’est la nomination par LREM de Delphine Garnier en tant que référent de la région qui a mis le feu aux poudres dans le Nord. Les marcheurs libres soutenaient en effet majoritairement la candidature de Sébastien Verschueren, aujourd’hui membre du groupe. De même, beaucoup d’entre eux privilégiaient l’investiture de Valérie Petit à celle de Violette Spillebout pour les municipales à Lille. C’est d’ailleurs ce qu’avaient préconisé les animateurs de LREM du Nord, mais la Commission Nationale d’Investiture en a décidé autrement. Loin d’être anodin, cet épisode reflète un mal-être exacerbé par la course aux élections municipales. Violette Spillebout ne peut donc pas compter sur l’entier soutien des Marcheurs du Nord. C’est effectivement dans un élan d’émancipation que des marcheurs pourraient voter pour des listes adverses, ou s’abstenir, lors des élections municipales de mars 2020.

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Partout en France, les Marcheurs Libres admettent envisager de soutenir certains candidats aux municipales, voire d’en présenter. Pour cela il y a deux conditions, selon le président de l’association Didier Montier. Le candidat doit respecter la charte des Marcheurs Libres et adhérer au mouvement. À partir de cela, tout est possible. “Tu peux même critiquer et être investi”, déclare un membre fondateur. L’essentiel, c’est la volonté commune d’un retour aux valeurs originelles d’En Marche. Néanmoins, le collectif prônant une égalité entre les membres et l’absence de hiérarchie, il est difficile d’obtenir une réponse sur comment les Marcheurs Libres trancheraient si plusieurs candidats souhaitent l’investiture au sein d’une même commune.

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