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Zak Eazy, ce graphiste qui métamorphose la capitale des Flandres

Zak Eazy, ce graphiste qui métamorphose la capitale des Flandres

Lotus

Depuis quelques jours, la nature semble reprendre ses droits grâce au confinement. Vous avez certainement pu observer des canards se pavaner dans les rues parisiennes ou des dauphins se prélasser au bord des côtes méditerranéennes. Mais ce n’est pas tout. À Lille, les animaux envahissent également les rues. Un ours brun au métro Rihour. Une girafe sur la Grand Place. Non, vous ne rêvez pas, les animaux s’invitent bien dans les créations de Zak Eazy.

C’est l’histoire d’un autodidacte lillois de 24 ans que l’on surnomme Zak Eazy. Graphiste de profession, il a souhaité exprimer sa passion pour Photoshop à travers ses propres créations, pour vous faire découvrir Lille autrement. Le Pépère News est allé à sa rencontre.

Une passion pour l’art qui ne date pas d’hier

Avec un père artiste, Zak baigne dans l’art depuis son plus jeune âge. “Mon père a fait une école d’art et il ramenait souvent une feuille et de la peinture à la maison. Je le regardais souvent faire. Avant, je faisais beaucoup de calquage et au fur et à mesure je me suis lancé.” Et s’il prétendait devenir architecte, c’est finalement le graphisme qui l’a emporté. “Je suis passionné de photomontage, d’architecture et d’art. Je me suis donc dirigé en STI2D [Bac technologique centré sur l’architecture et le développement durable, ndlr], mais j’étais plus habitué à faire de l’art. Puis au lycée, j’ai découvert Photoshop et j’ai développé une passion pour le graphisme.” Après l’obtention de son bac, il part en fac d’art, à défaut d’une école de graphisme. Reprochant les valeurs trop “traditionnelles” de l’université, il décide finalement de se former tout seul par le biais de vidéos Youtube. Et ça paye.

Travaillant à Paris en tant que chef de projet graphiste depuis 3 ans, il enchaîne les allers-retours en train chaque jour. Un mal pour un bien puisque c’est durant ces 456 kilomètres séparant Lille de Paris, que Zak décide de se lancer dans ses propres créations. “Je m’ennuyais, alors je bidouillais des petites choses pour occuper mes trajets.” C’est à la suite de cela qu’il redécouvre Instagram. “Je suivais une petite communauté d’artistes de design, et je trouvais ça très intéressant. Alors en avril dernier, j’ai décidé de poster à mon tour, et il y a eu pas mal de réactions, les gens en redemandaient.” Il confie être surpris d’un tel succès. “Je m’y attendais vraiment pas, je faisais ça juste pour le kiffe, pour m’occuper.” S’il n’avait pas beaucoup de temps pour se consacrer à ses projets personnels lorsqu’il travaillait à Paris, il a désormais plus de temps pour lui, étant auto-entrepreneur à Lille depuis un mois.

« Des créas » insolites

Ses créations ? Un mélange d’architecture de nature, d’animaux et de fantastique, qui nous transporte dans un univers onirique. Du beffroi de Lille plongé dans une jungle luxuriante, en passant par la Chambre du commerce attaquée par un poulpe géant, sans oublier l’Opéra de Lille submergée par l’eau, Zak ne manque pas d’imagination. S’il choisit ses thèmes par hasard, il garde toujours en tête de faire voyager les gens, en y ajoutant une pincée de nature. Selon lui, la nature reste “un thème inépuisable puisqu’il existe une multitude d’univers différents”. Il explique aimer associer des éléments qui n’ont pas forcément de rapport pour “interpeller et susciter le questionnement“. Son idée : que les gens “puissent voir sous un autre angle et de manière fantastique les monuments et endroits qu’ils voient chaque jour”.

Le Beffroi de la Chambre de Commerce de Lille
Le Beffroi de la Chambre de Commerce de Lille , 03/06/2019.  Crédits : Zak Eazy
Girafe à la Vieille Bourse de Lille
Girafe à la Vieille Bourse de Lille, 12/06/2019. Crédits : Zak Eazy

Avant de nous faire voyager, Zak doit d’abord trouver une photo qui lui plaît pour ensuite faire place à la magie de Photoshop. Souvent, il utilise des clichés issus de banques d’images, pris par ses amis photographes. Toutefois, il lui arrive de prendre ses propres photos. “Pendant la grève SNCF [en décembre dernier], je ne pouvais me déplacer et j’étais contraint au télétravail, c’est donc moi qui aie pris la photo du métro avec mon Iphone.” Et ensuite place au talent et à la magie. À l’aide de Photoshop, Zak libère sa créativité sous toutes ses formes. Selon son inspiration, cela peut aller de “7 à 8 heures quand j’ai de l’inspiration, et jusqu’à 15 heures pour les plus gros projets, le temps que je trouve le bon angle et les bonnes lumières”.

Et si la plupart de ses projets sortent de son imagination, il y a tout de même certains messages cachés, comme c’est le cas pour la Vieille Bourse portée par des colombes. “La Bourse au-dessus de l’eau [voir ci-dessous], c’était exactement moi. Ça représentait ma décision de démissionner à Paris pour m’installer à mon compte à Lille. La Bourse illustrait la prise de risque. Le trésor, lui, me représentait moi et ma décision.” Cet autodidacte se rattache aussi à l’actualité, comme il a pu le faire “lors de la grève SNCF avec l’ours dans le métro ou encore avec la création de l’Arc de Triomphe vide.”

Le retour à Lille
Le retour à Lille, 09/02/2020. Crédits : Zak Eazy
Métro Rihour
Métro Rihour photoshopé, 05/06/2019. Crédits : Zak Eazy

Confiné mais créatif

Si cette période de confinement pèse pour beaucoup d’entre nous, pour Zak, ça a été l’occasion de se lancer dans un nouveau projet sur Instagram. Ainsi régulièrement, il demande à ses followers de lui donner des idées pour “pimper” la statue de Lille avec sa fameuse phrase “À Lille on a une statue spéciale car…” qui est à compléter. “Je fais ça en live, je me confine vraiment dans ma chambre pour ça.” Alliant rapidité et adrénaline, ce nouveau défi est un véritable succès. “On m’a demandé de faire ça avec d’autre chose, cela va sûrement arriver.”

Pimp me
“Pimp me” before, 13/003/2020. Crédits : Zak Eazy
Pimp me
“Pimp me” after , 14/03/2020. Crédits : Zak Eazy

Cette idée, il la doit au graphiste Julien Tabet. “Il faisait la même chose avec Jimmy, son écureuil, il fallait le pimper. Je lui ai alors envoyé un message pour savoir si je pouvais prendre son idée à mon tour.”

Si ce jeune passionné a déjà pu exposer à la braderie de Lille ou encore à “Lille aux artistes”, où il a vendu ses créations, il a encore plein de projets à vous faire partager. Rejoignez-le sur Instagram et Facebook pour plonger dans cet univers onirique.

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  • Entre l’Académie ESJ, et la licence AES, j'écris pour le Pépère News à mes heures perdues. De la politique, aux dernières tendances, j'aime porter la plume dans la plaie.

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