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Clear Fashion : l’application qui fait trembler les pollueurs

Clear Fashion : l’application qui fait trembler les pollueurs

Entre scandales sociaux et dégâts environnementaux, l’industrie du textile se place en deuxième position sur le podium des industries polluantes, derrière le pétrole. Exploitation des travailleurs, pression sur les ressources naturelles, émission de gaz à effet de serre, maltraitance animale ou encore risques sanitaires alimentent le quotidien de la fast fashion. Nous, consommateurs, avons le pouvoir de faire évoluer le secteur, mais comment ? Une application a trouvé la réponse.

Une application qui révèle ce qu’il se cache derrière nos vêtements

Après la nourriture et les produits cosmétiques, les vêtements ont à leur tour droit au scan. C’est en septembre 2017 que débute l’histoire. Une idée qui fleurit dans les têtes de Marguerite Dorangeaon et Rym Trabelsi, alors étudiantes en école d’ingénieurs en agronomie. Soucieuses des injustices sociales et environnementales, elles estiment que les vêtements font partie intégrante de notre quotidien, au même titre que les aliments et le cosmétique. Un premier prototype, une application web permettant d’obtenir des informations sur les marques, voit le jour en juillet 2018. Les retours des utilisateurs leur permettent d’améliorer le prototype et de cibler les principales préoccupations des consommateurs. L’application officielle est alors lancée en septembre 2019. Gratuite, elle décrypte les engagements des marques et évalue celles-ci.

co-fondatrices de Clear Fashion                                        Clear Fashion

Un mot d’ordre : consommer de manière engagée. C’est en signalant aux acteurs de la mode ce que les consommateurs ne veulent plus et en soutenant des marques éthiques et responsables que le secteur pourra évoluer vers des modes de production plus durables. Mais le manque d’information est un frein. Clear Fashion a alors décidé de mettre à disposition de tous les outils nécessaires à une transparence dans le secteur de la mode.

Comment ça marche ?

L’application permet de scanner un vêtement ou de rechercher manuellement une marque. Les notes correspondant à chacun des quatre critères- environnement, humain, santé, animaux- vous seront alors disponibles. Plus de 70 marques sont scrutées, notées de 0 à 100 pour chaque critère, assorties d’un code couleur tricolore. Grâce aux réponses des enquêtes des consommateurs et en s’appuyant sur un comité d’experts, Clear Fashion a pu construire sa méthode d’évaluation. Ainsi, l’objectif est d’informer les consommateurs sur les enjeux humains, environnementaux, de santé et d’impact sur les animaux des marques et des vêtements.

Les marques n’ont aucune influence sur la note rendue publique aux utilisateurs. Par contre, lorsque les recherches ne permettent d’obtenir aucune information, l’application considère qu’il s’agit d’un risque potentiel et n’attribue donc pas les points sur le critère en question. Le travail de recherche est constant et les évolutions des marques actualisées. Le nombre d’utilisateurs est d’une importance capitale. Plus il y aura d’utilisateurs, plus les marques assimileront l’importance de la démocratisation de ces informations. Par ailleurs, si une marque non référencée est recherchée à de multiples reprises, la demande est transmise à la marque concernée pour obtenir ses données.

Clear Fashion

On sait alors qu’une marque est mal notée, mais où donc s’habiller ? Clear Fashion met à disposition des alternatives. L’application référence le Top des marques par catégorie de vêtements. Vous savez alors exactement où acheter le vêtement de vos rêves dont le mode de production est responsable. Ce sont des marques utilisant des matières premières écologiques, choisissant des fournisseurs qui respectent les droits du travail, ainsi que des procédés à faible impact sur la santé et sur l’environnement. SKFK fait partie de ces marques. Jon Curutchet, le responsable du développement durable, répond à nos questions.

“Tout le monde prétend faire de la mode durable mais il faut voir ce qu’il se cache derrière”

Il y a vingt ans, la marque voit le jour au Pays Basque. Spécialisée dans la mode éthique et le développement durable, SKFK est présente dans une centaine de pays, notamment européens. Avec deux collections dans l’année, elle affiche comme priorité de réduire les impacts causés pas la chaîne d’approvisionnement, “longue, complexe et opaque”. Le déclic : un voyage en Chine en 2003, quand les fondateurs de la marque ont remarqué que 99% du coton était produit en Asie. Ils y ont vu “des rivières de la couleur des productions et des milieux de travail toxiques”. Ils ont alors décidé de relever un défi. Le pourcentage de matières premières à faible impact, autrement dit “le coton biologique, les matières bio naturelles, les fibres recyclées” est passé de 8 à 92%.

Cette année, le problème s’est concentré sur la surconsommation. Le changement de comportement des consommateurs est aussi important que celui des modes de production des marques. “Aujourd’hui, on a réellement plus de pouvoir avec nos achats et notre argent qu’avec nos votes”. SKFK a une particularité, elle promeut d’autres marques éthiques qui “semblent intéressantes sur d’autres catégories de produits”. Le domaine du développement durable est très compétitif, les marques ont intérêt à collaborer afin de partager les bonnes solutions.

Selon Jon, la mode éthique n’est pas sous représentée mais “se pose le problème du greenwashing” (méthode de marketing trompeuse qui vise à se donner une image écoresponsable). “La mode durable est elle-même à la mode, tout le monde prétend faire de la mode durable mais il faut voir ce qu’il se cache derrière”. Jon prend l’exemple de Zara. Bien qu’elle ait une ligne Greenlife qui ne représente qu’1% de sa collection, elle passe quand même pour une marque durable. La décision prise par le gouvernement d’établir un affichage environnemental, une note de A à E sur les vêtements, paraît être une solution. Cela permettra aux consommateurs de faire des choix éclairés. Néanmoins, Jon reste vigilant sur la définition des critères. “Les grands groupes ont un fort lobby grâce auquel ils pourraient imposer leur propre critère de notation”.

A vous de jouer !

Jon a un avis très positif sur Clear Fashion. “Beaucoup d’applis voient le jour mais Clear Fashion est la plus pertinente pour comprendre l’impact des vêtements”. Même si toutes les marques ne sont pas représentées, vous pourrez bénéficier d’une transparence sur la production de vos vêtements. Clear Fashion vous propose aussi de découvrir de nouvelles marques éthiques. Alors n’attendez-plus, vous avez désormais le pouvoir de consommer durablement. L’application est à télécharger gratuitement sur l’App Store et Google Play

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