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Départementales et régionales, un avant-goût de présidentielle

Départementales et régionales, un avant-goût de présidentielle

Panneaux des élections régionales 2015 à Tourcoing

Les électeurs nommeront en mars prochain, si la situation sanitaire le permet, leurs conseillers départementaux et régionaux. À un an de la présidentielle, ces élections permettront également aux forces politiques d’affirmer leur stratégie. 

Après les élections municipales, les électeurs vont être une nouvelle fois appelés aux urnes, au mois de mars, pour élire leurs conseillers départementaux et régionaux. Ces élections vont permettre aux différentes formations politiques de jauger leurs forces avant le grand rendez-vous national de 2022. Volonté de poursuivre dans la lignée des municipales, de garder les sièges actuels ou de se placer dans la course à l’Élysée, les ambitions sont diverses. En ce mois de rentrée politique, la campagne se met timidement en place. Union ou candidature en solitaire – les stratégies commencent à s’éclaircir. La course au Conseil départemental du Nord et régional des Hauts-de-France s’annonce particulièrement agitée.

Le centre-droit cherche un nouveau chef de file

Jean-René Lecerf, président du Nord depuis 2015, ne briguera pas un nouveau mandat départemental
Jean-René Lecerf, président du Nord depuis 2015, ne briguera pas un nouveau mandat départemental. © Max59116 (Wikimedia Commons)

Après des élections municipales mitigées dans le Nord et notamment à Lille où le candidat de la liste “Tous pour les Lillois”, Marc-Philippe Daubresse, n’a pas passé le premier tour, la droite va tenter de conserver sa majorité au côté du centre (UDI) au Conseil départemental. Alors que Jean-René Lecerf, l’actuel président, a annoncé sa retraite, le groupe majoritaire lui cherche un potentiel successeur. Quatre candidats de sensibilités politiques diverses se sont déclarés : le député de la quatorzième circonscription du Nord, Paul Christophe, le premier adjoint au maire de Roubaix, Max-André Pick, l’actuelle vice-présidente, Geneviève Mannarino ainsi que le maire de Lauwin-Planque, Christian Poiret. Un vote aura lieu au sein du groupe après l’analyse des professions de foi. Le résultat devrait être connu d’ici un mois.

Un horizon encore flou pour les autres formations politiques

Les oppositions à la majorité actuelle ne se sont pas encore pleinement lancées dans la campagne. Si toutefois quelques candidatures sont annoncées, de grands points restent à éclaircir notamment en matière d’alliances. Le Parti socialiste, qui avait perdu aux dernières élections départementales la majorité qu’il possédait depuis près de vingt ans, compte bien récupérer la majeure partie des 82 sièges qui seront normalement attribués en mars. Pour cela, l’ancien président du Conseil départemental, Patrick Kanner, a appelé à une union de la gauche pour toutes les prochaines élections en vue de préparer la présidentielle. D’autre part, le Rassemblement National (RN) veut davantage s’implanter dans le paysage politique du département bien que le mode de scrutin ne soit pas à l’avantage du parti de Marine Le Pen. Europe Écologie Les Verts (EELV) souhaite surfer sur la vague des municipales pour s’imposer dans le Nord. Quelques cadres du parti ont indiqué leur volonté qu’une union avec le PS et les autres partis de gauche se mette en place. Toutefois, leur stratégie n’est pas encore claire.

Xavier Bertrand : objectif présidentiel

Xavier Bertrand, tête de liste de la droite aux élections régionales
Xavier Bertrand, tête de liste de la droite aux élections régionales. © European People’s Party

L’ancien ministre et actuel président du Conseil régional, Xavier Bertrand, veut faire de l’élection du mois de mars sa rampe de lancement vers l’Élysée. Le chevronné politique de droite a en effet clairement indiqué son intention d’être candidat à la future élection présidentielle. Mais avant cela, le politique ex-Les Républicains (parti qu’il a quitté en décembre 2017 après l’élection de Laurent Wauquiez) doit mener à nouveau son groupe vers la victoire de cette élection régionale, la deuxième depuis la réforme territoriale créant la région Hauts-de-France. La droite joue ici une grosse carte et appelle ses sympathisants à vivement soutenir celui qui se présente, pour l’instant, comme le plus probable candidat au scrutin national. En cas de défaite, Xavier Bertrand, qui a depuis quelque temps retrouvé une certaine proximité avec son ancien parti, a annoncé qu’il reconsidérerait sa candidature à l’élection de 2022.

Une volonté partagée de barrer la route à Bertrand et de placer ses pions

Les autres formations politiques souhaitent battre celui qui, selon elles, utilise cette élection pour assouvir son ambition présidentielle. Parmi elles, La République en marche (LREM) qui a du mal à s’implanter à l’échelle locale veut profiter de ces élections régionales pour se relever des municipales et ainsi mettre à mal les ambitions de l’ancien maire de Saint-Quentin. Toutefois, trouver un leader pour ce scrutin à haut risque n’est pas chose aisée pour le parti du président. Alors que la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili était annoncée comme éventuelle meneuse de la liste de marcheurs, cela ne sera vraisemblablement pas le cas. Une autre partie des membres de LREM souhaite une union avec le candidat de la droite craignant la victoire du RN, mais le parti présidentiel ne semble pas encore avoir une feuille de route bien définie.

Le parti d’extrême droite a placé d’importantes ambitions sur le scrutin de la région. Sébastien Chenu, le porte-parole du RN, a fait part sur le plateau de CNews mardi 22 septembre de sa détermination pour prendre les commandes de la région. Après avoir critiqué le mandat régional de Xavier Bertrand, il a déclaré : “Si mon mouvement politique me fait confiance, j’espère pouvoir l’être [candidat] pour pouvoir incarner ce changement et cette rupture.”

À gauche, la volonté générale est d’éviter la division. Dans une tribune publiée dans Libération le 9 septembre, un collectif d’élus de la région Hauts-de-France appelle à un front commun contre la droite et l’extrême droite. Parmi les signataires : Karima Delli (EELV), Patrick Kanner (PS), Fabien Roussel (PCF) mais aussi des membres de Génération.s et de la France insoumise. L’ambition de la gauche pour la région est clairement affichée : “Nous appelons à l’unité de projet et d’action pour changer son avenir qui s’assombrit.”

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