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AFF : C’est terminé !

AFF : C’est terminé !

L’Arras Film Festival proposait à ses spectateurs plusieurs rétrospectives en plus de la compétition officielle. Et, cette année, c’est Nicole Garcia qui était mise à l’honneur. Les quatre autres sélections portaient sur le cinéma de l’Est, le cinéma italien sous Mussolini, les Cinémas du Monde et enfin “Peur sur les Sixties”. Le Pépère News est allé voir tout ça de plus près ! 

C’est une tradition dans tous les festivals de cinéma, d’autres sélections entourent les films en compétition. Tout d’abord, les festivaliers ont eu la chance d’assister à plusieurs avant-premières. À l’affiche : J’Accuse, Les Misérables, Chanson Douce, Jojo Rabbit ou encore La Reine des Neiges 2 que le Pépère News vous raconte. La sélection de “Vision de l’Est” mettait en avant 12 films dont 8 classiques restaurés datant des années 60. Dans la section des “films d’horreur”, de grands classiques étaient projetés comme Psychose du grandissime Alfred Hitchcock, mais aussi le fameux Dracula, prince des ténèbres de Terence Fisher.  De plus, pour les 20 ans de l’Arras Film Festival, l’organisation a décidé de mettre en avant une grande dame du cinéma français : Nicole Garcia. La douzaine de films, dans lesquels elle apparaît en tant qu’actrice mais aussi des films qu’elle a réalisés, étaient projetés tout au long de la semaine. La réalisatrice a même tenu une leçon de cinéma à l’Université d’Artois pour le plus grand bonheur des étudiants présents.

Bravo, Madame Nicole Garcia !

L’Adversaire : bien réalisé et bien interprété, prenant base sur l’histoire triste mais passionnante de Jean-Marc Faure et de son mensonge, le film avait tout pour réussir. Point négatif : un cruel manque de rythme plombant tout le récit. Là où le livre d’Emmanuel Carrère réussissait un savant mélange de flash forward, de témoignages et d’éléments de thriller, le film de Nicole Garcia s’empêtre dans les événements et moue son grain sans filtre.

Un balcon sur la mer : on reconnait encore la patte Nicole Garcia. Des personnages en quête d’identité à demi perdus dans leur vie sentimentale, et plus large encore. Seulement, malgré des acteurs.rices au top et une belle histoire, le manque d’enjeu, de perspectives et de rebondissements plombe l’ensemble. Sur ces deux films de Nicole Garcia présentés, j’en retire que son cinéma n’est pas fait pour moi.

On a frissonné…

Les yeux sans visage : de l’horreur française sortie en 1960 et adaptée du roman de Jean Redon, le film de Georges Franju met en scène un Pierre Brasseur, tout en retenue dans le rôle d’un triste savant fou. C’est une œuvre subtile, touchante et rythmée, aux acteurs impeccables, jouant sur un rapport au corps et aux sensations charnelles dérangeantes. Seul bémol, des effets et une réalisation assez datés (même dans le contexte de l’époque).

Que tirer de ce regard intense aux traits inexpressifs ? Credits photo : Sleepnolonger

6 femmes pour l’assassin : giallo réalisé par Mario Bava, sorti en 1964, il représente une certaine forme de cinéma qui me laisse en dehors, car beau mais superficiel, autant dans ses effets que dans ses thématiques. Une volupté sucrée chez les femmes et du virilisme chez les hommes, le tout dans un climat d’une richesse artificielle. Outre Eva Bartok, les acteurs s’enlisent dans un sur-jeu constant. Agaçant ou amusant, c’est en tout cas une bonne représentation du genre ayant tant marqué nos films d’horreurs contemporains.

Dracula prince des ténèbres : sorti en 1966, le film de Terence Fisher ne plaira pas à tous, c’est certain. On pourrait facilement se moquer de ses effets, pour la plupart dépassés et risibles, ratés par moments ou même outranciers à d’autres. Cependant, on en retire une sympathie et une bienveillance certaines. Après tout, pour pouvoir révolutionner les codes aujourd’hui, encore faut-il les installer. Ce film (et d’autres de l’époque) les ont créés. On leur doit bien ça. Et Christopher Lee, si tu nous entends : on t’aime !

Le voyeur : film sorti en 1960, il nous présente les errements d’un maniaque de la caméra en pleine quête de l’expression ultime de la frayeur. Beau et dérangeant, il n’en reste pas moins que le tout fonctionne sous les rouages d’un rythme inégal. Cependant, on ne peut bouder son plaisir devant des qualités de mise en scène théâtrales mais plutôt jouissives. Les acteurs sont très bons, jouant leur rôle dans le récit sans prendre plus de place qu’il n’en faut.

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Et on a bien voyagé

Les amours d’une blonde : film tchécoslovaque réalisé par Milos Forman sorti en 1965, tout est dans le titre. Témoin d’un moment dans la vie d’Andula (la blonde de l’histoire) qui vole entre plusieurs histoires amoureuses. Des amours que l’on pourrait préjuger désuètes de nos jours, et pourtant… Pourtant qui résonnent encore dans nos cœurs et dans notre sensibilité grâce à une sincérité indélébile. Cela nous prouve, une fois de plus, que les sentiments sincères sont inaltérables.

L’amour n’a pas d’âge. Credits photo : quinlan

Un palmarès dominé

Cette année, la compétition a été survolée par une œuvre en particulier : The Father. Le film de Florian Zeller a en effet récolté le prix jeune, le prix de la critique et le grand prix Atlas. Une triple récompense qui est un événement très rare pour le Festival. Seul autre gagnant de la compétition, le film Daphne repart avec le prix du public.

L’Arras Film Festival, c’est fini pour cette année. On a bien rigolé et pleuré, mais c’est terminé. On a découvert des films et redécouvert certains. Alors, merci au Festival, à tout le personnel et aux artistes pour cette édition. On voit l’événement grossir d’année en année et c’est heureux pour le cinéma.

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