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Présidentielle. La rose au poing, Anne Hidalgo lance sa campagne à Lille

Présidentielle. La rose au poing, Anne Hidalgo lance sa campagne à Lille

À Lille, se tenait ce samedi la convention d’investiture du Parti socialiste. L’occasion pour le parti de renouer avec ses militants et de présenter sa nouvelle candidate. Aux côtés de notoires de la classe politique de gauche, Anne Hidalgo, préférée à Stéphane Le Foll pour la présidentielle 2022, a présenté ses ambitions pour ce futur quinquennat.

C’est au fief de Martine Aubry, et dans une salle comble, que la maire de Paris a appelé à la reconquête nationale, déclarant que “l’union ferait la France”. Ce samedi 23 octobre dans la salle du Grand Palais de Lille, la convention peine à démarrer. Une heure après ce qui était initialement prévu, les militants socialistes, rose au poing et drapeau en main, sont enfin installés. Une organisation à l’image du début de campagne d’Anne Hidalgo ? 

La famille socialiste réunie sur fond de social-démocratie

“Ma chère Anne” sont les mots qui introduisent le discours de la maire de Lille, Martine Aubry. Bernard Cazeneuve témoigne quant à lui son affection envers la candidate socialiste. De son côté, Johanna Rolland, chargée de campagne et maire de Nantes, revient sur la force du message et de l’histoire personnelle d’Anne Hidalgo, cette fille d’immigrés espagnols, qu’Olivier Faure qualifie de “fille du peuple”.  

Dans cette ambiance familiale, les personnalités politiques défilent toutes devant le pupitre avec quelques mots pour leur camarade socialiste, qui représentera leurs convictions lors de l’élection présidentielle de 2022. Si l’humeur est aux souvenirs et à l’émotion, le pathos est rapidement remplacé par l’énumération des valeurs fondatrices du socialisme. En terre de corons et de Pierre Mauroy, impossible de ne pas revenir sur l’histoire et les combats du Parti socialiste (PS) dans le Nord. On évoque brièvement les salariés de Bridgestone, on parle aussi de la politique migratoire menée autour de Lille, avec l’ouverture de centres dédiés, et plus récemment de l’accueil des femmes afghanes.  Pour l’ancien Premier ministre et ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, il est temps, ici, comme partout ailleurs en France, d’accepter cet héritage et de “se comporter en héritier”. Commencer à Lille est un symbole socialiste, mais aussi le moyen de se défaire d’une image de parisienne déconnectée des réalités hexagonales qui colle à la peau de la candidate.

Alors qu’Anne Hidalgo a annoncé des mesures qu’elle estime chargées de progrès social, comme la mise en place d’une assurance chômage, ou plus succinctement, la mise en valeur du syndicalisme, la “social-démocratie” semble être chère à son coeur. Le projet politique européen est une fois de plus mis à l’honneur par les socialistes. Celle qui, dans sa fonction de maire, a établi des relations avec les villes européennes se voit aujourd’hui recevoir le soutien de nombreuses personnalités européennes. Le bourgmestre de Bruxelles estime ainsi qu’il faut une leader comme Anne Hidalgo en Europe.

Anne Hidalgo pendant sa convention de lancement de campagne à Lille Grand Palais © Hélène Decaestecker / Hans Lucas
Anne Hidalgo pendant sa convention de lancement de campagne à Lille Grand Palais © Hélène Decaestecker / Hans Lucas

À Paris, comme dans tout l’hexagone, le projet climatique reste “au centre”

Anne Hidalgo veut être là où les autres échouent. Elle dénonce ainsi froidement l’incompétence du gouvernement en place face à la crise écologique et démocratique. Celle qui se veut la présidente de la transition écologique estime avoir déjà porté un fragment de ce grand projet climatique lors de son mandat parisien. Le paléoclimatologue Jean Jouzel renforce cette affirmation en apportant son soutien à la candidate, convaincu de la force de ses valeurs face à une transition écologique qu’il juge inéluctable.

Devant une des ambitions phares de sa campagne présidentielle, Anne Hidalgo se montre confiante. L’objectif est de taille : la neutralité carbone d’ici 2050. Sur une des  thématiques qui fragmente le plus la gauche et qui affaiblit sa potentielle percée à la présidentielle, la candidate appelle à la non division et au consensus national. Dans cette dynamique, elle entend intégrer la notion de protection des biens communs dans la Constitution, en définissant un crime d’écocide, ou encore en nommant un défenseur de l’environnement. Si la socialiste souhaite ériger une écologie du partage, la seule mesure concrète évoquée ce samedi reste la création d’un ISF climatique. Pour le reste, les militants écolos devront attendre avant d’en savoir plus.

Education et jeunesse, un vent de fraicheur annoncé sur le PS

Dans les rangs des socialistes présents sur place ce samedi, quelques jeunes visages pouvaient être aperçus. Ils sont synonyme de renouveau et de bon augure pour le parti, dont on annonçait la mort quelques années auparavant. Mais la candidate du PS sait qu’elle doit fournir des solutions concrètes pour davantage réunir la jeunesse sous le drapeau socialiste. L’abstention monte, notamment chez les jeunes, et a battu des records aux dernières élections régionales. Une des mesures clés de la candidate est d’abaisser l’âge du vote à 16 ans. L’objectif est d’intégrer à la prise décision démocratique ceux qui en connaîtront les conséquences à l’avenir. Celle qui veut abroger Parcoursup et augmenter à 60% le nombre d’individus d’une même classe d’âge diplômés du supérieur espère remettre l’éducation au centre des priorités et faire de la France une “république de l’école”.

Si les valeurs liées à l’école qu’exprime Anne Hidalgo ce samedi sont loin d’être nouvelles et encore moins révolutionnaires, elles permettront sans doute d’apaiser quelque peu les troubles entre étudiants et gouvernement, après une année de Covid sous haute tension. Doubler le traitement accordé aux enseignants, donner davantage de moyens aux universités. Selon la candidate socialiste, ce sont des solutions envisageables face à ces problèmes de société. Si tout cela paraît encore flou pour les concernés, Anne Hidalgo a six mois pour convaincre.

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